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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 15:48
Michaël  MENTION

La voix secrète : Pierre-François Lacenaire a été guillotiné le 9 janvier 1836 après avoir été condamné pour assassinats. Qui était Lacenaire ? Le nom ne m'était pas inconnu, j'aurais répondu sans être très sûr de moi "c'était un écrivain". Mais c'était avant de lire le roman de Michaël Mention.

Lacenaire n'avait pas le physique d'un assassin. Pourtant il a été condamné à mort et il attend son exécution  dans la prison de la Conciergerie. Il y rédige ses mémoires. Michaël Mention a choisi ce moment de confidences pour lui donner la parole.

Lacenaire vécut à une période tragique pour la France. D'aucuns y ont vu le basculement vers une ère moderne, industrielle et progressiste. Le peuple français devint ouvrier exploité et connu une vie misérable. Sans travail, la vie basculait dans le sordide. Il y avait des révoltés contre la France bien pensante. Il y avait des insoumis qui refusaient l'autorité de Louis Philippe qui affamait son peuple. Des bombes ont explosé. Lacenaire a été un insubordonné, depuis son enfance.

"Lorsque je vis arriver la misère et avec elle la faim, la haine succéda au mépris, haine profonde et rongeuse, dans laquelle je finis par envelopper tout le genre humain. Dés lors, je ne combattis plus pour mon intérêt personnel, mais pour la vengeance. Mais cette vengeance, je la voulais grande comme ma haine. Croyez-vous que c'était le sang de dix, vingt de ses membres qui m'eût suffi ? Non, non, c'était l'édifice social que je voulais attaquer dans ses bases, dans ses riches, ses riches durs et égoïstes."

Et puis l'auteur introduit un brin de fiction dans son récit. Le roman policier pour faire l'état d'une société, il n'y a pas mieux.  Des crimes atroces sont commis à Paris. Tout d'abord deux fillettes, un corps sans tête et une tête sans corps. Puis un garçon de sept ans, tué alors qu'il revenait d'une journée de quinze heures d'un travail harassant. Il faut enquêter, ces crimes atroces qui hantent les nuits du Roi doivent cesser. Pourquoi ne pas libérer Lacenaire ? C'est un assassin, il pourrait enquêter en toute connaissance de cause. Il faudra seulement le surveiller pour qu'il ne disparaisse pas. C'est ce que propose Pierre Allard le chef du Service de sûreté à la préfecture de police de Paris au Préfet de police Gisquet. Allard a confiance en Lacenaire qu'il estime. L'estime est réciproque. Gisquet accepte mais fait surveiller le dispositif par l'inspecteur principal Canler.

Lacenaire fait preuve d'une perspicacité de fin limier. Il s'y connait en crimes, il a dénoncé ceux commis par les ombres de la société. C'est un révolté, aussi visionnaire pour résoudre une énigme criminelle que dans ses espoirs envers la République.

Michaël Mention a-t-il souhaité réhabiliter Lacenaire ? Michaël Mention a-t-il voulu apporter tous les éléments permettant de juger équitablement Lacenaire ? En tout cas l'auteur a réussi à attiser ma curiosité et à renforcer mes interrogations sur l'affaire Lacenaire. La lecture sert à cela, merci à Michaël Mention.

 

Michaël  MENTION
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