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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 05:41
Yves  POURCHER

Le radio-traître, Jean Hérold-Paquis, la voix de la collaboration : Jean Hérold est né le 4 février 1912 à Arches dans les Vosges, sa famille y a toujours vécu, dans le quartier du Paquis. Il a été fusillé le 11 octobre 1945 au lendemain de la Libération. 

Septembre 1933, Paris, premier salon de la T. S. F. "Un pays, c'est une radio. Plus de nation, d'Etat, de région sans radio. La radio marque les identités et définit les appartenances". 

Printemps 1937, Paquis a déjà raté sa vie. Dettes, malversations, journaliste médiocre aux mauvaises fréquentations, il tourne le dos à l'Action française et fuit vers L'Espagne franquiste et le fascisme. Ce ne sont pas des faits d'arme dans une bandera française de légion étrangère franquiste qui le feront connaître car il est malade d'une pleurésie. Le directeur de Radio Saragosse a absolument besoin d'un speaker français. Parler un quart d'heure chaque jour ! Tout débute au mois d'avril 1938 dans les sous-sols de la faculté de médecine, plus précisément dans l'ancienne morgue. Paquis devient un agent de propagande fasciste. Au micro, Paquis excelle. Sa voix est reconnue. Il entre dans la cour des grands, rencontre l'ambassadeur de France en Espagne, le maréchal Pétain. En même temps les nazis préparent la guerre, avec des postes de radio.

Le début du récit d'Yves Pourcher est déroutant, avec des faits et témoignages sans liens évidents entre eux. Nous sommes alors en 1945, Paquis est emprisonné, les interrogatoires se succèdent puis son procès et son exécution. J'étais un peu frustré un peu comme si j'avais survolé une époque. Pourquoi, comment Paquis en était-il arrivé là ?

Et puis tout commence vers la page 100, le récit s'ordonne et trouve sa logique. L'enfance de Paquis, sa vie ratée à 25 ans. Puis l'Espagne et son retour en France en décembre 1939. Il fréquente l'Action française et La Phalange. Il écrit des billets pour la presse écrite. L'aide de ses connaissances est déterminante. En septembre 1940, il est appelé à Vichy où il est rapidement nommé délégué à la propagande par Pierre Laval. Ce n'est pas facile pour lui car il déforme un discours officiel qu'il juge trop mou. Ce n'est pas à Vichy qu'il faut être mais dans le Paris occupé qu'il rejoint en décembre 1941. Toujours grâce à des connaissances, les portes de Radio Paris s'ouvrent. Le 4 janvier 1942, il commence son travail comme simple rédacteur. Il sera bientôt l'Obersturmmilitaerischespeaker Paquis comme l'appelait Pierre Dac sur les ondes de la BBC. La guerre des mots a commencé entre "Radio Paris est allemand" et "L'Angleterre, comme Carthage sera détruite".

Ce qu'il y a d'exceptionnel dans cette biographie, c'est la place laissée au contexte historique qui permet de comprendre ce qu'a été la communication à cette époque et de découvrir l'habileté dont à fait preuve Paquis pour se hisser au sommet de la propagande d'abord collaborationniste et puis ouvertement nazie. Les personnages qu'il a côtoyé sont également mis en avant et j'ai beaucoup appris sur le fonctionnement non seulement de la propagande mais aussi de tous les rouages français qui ont profité de l'occupation. Des noms sont surprenants, d'autres sont à leur place. 

Merci à Alma Editeur  

 

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