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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 16:37
Bartlomiej  RYCHTER

Le dernier jour de juillet : il s'agit du 31 juillet 1944. Ce jour là à Varsovie, la fin de six années d'occupation allemande est espérée. L'approche de l'offensive soviétique promet une libération imminente, déjà les lignes tenues par la Wehrmacht sont bombardées par les lance-roquettes Katioucha de l'ogre soviétique en position de l'autre côté de la Vistule. La rumeur parle d'un grand soulèvement à l'initiative de la résistance polonaise. L'occupant allemand sent sa fin proche et la Gestapo multiplie les rafles et les exécutions sommaires. Qui pourrait bien se soucier de deux morts dans ce contexte ?

Le tirailleur-chef Herman Frink de la Wehrmacht est retrouvé pendu, il a craqué nerveusement et s'est suicidé. Du côté de la résistance polonaise, un cruel accident s'est produit. La jeune télégraphiste Zosia a fait une chute mortelle, transmettre clandestinement est d'une importance stratégique pour la résistance et cela s'avère extrêmement dangereux pour ne pas être repéré par les stations d'écoute mobile de l'armée allemande.

Deux morts, une victime dans chaque camp ... Le contexte est bien mis en place, le lecteur va alternativement suivre le soulèvement de la résistance polonaise et la défaite allemande, Bartlomiej Rychter propose au lecteur un récit de guerre, très bien documenté ( la capitale polonaise pendant la Seconde Guerre mondiale est rare dans le polar ), facile à suivre ( l'auteur emploie assez peu de noms propres polonais et leur complexité n'est donc pas une entrave à la fluidité du récit ). Les offensives et contre-offensives se succèdent, Varsovie est un champ de ruines où stagne un brouillard de poussière et de suie. Chaque pan de mur est défendu âprement  par les deux camps alors que les non-combattants se terrent.

Mais deux personnes doutent des causes de la mort d'Herman Frink et de Zosia. Le tirailleur-chef Klaus Enkel était l'ami d'Herman, ils se connaissaient très bien et Herman n'avait pas du tout l'esprit à se donner la mort alors qu'il voyait la fin de la guerre se profiler. Antoni Chlebowski était là lorsque Zosia a rendu son dernier soupir. Antoine a les réflexes de l'avocat qu'il était avant guerre. Comment expliquer la chute, y-a-t-il des témoins ? 

Dans les deux camps, il ne fait pas bon poser des questions, l'ombre de traîtres et d'espions de l'URSS plane. Dans la résistance tout est cloisonné, dans la Wehrmacht pas de place au doute au risque de passer pour un partisan de la défaite. Antoni fouille dans la vie personnelle de Zosia. Il est fragile, hanté par le souvenir de sa femme Anna qu'il a perdue. Sa mauvaise vue qui l'oblige à porter des lunettes aux verres épais comme un cul-de-bouteille, ne le prédisposait pas à combattre, on lui demandait seulement d'écrire dans les journaux clandestins.  Klaus Enkel parle polonais depuis l'enfance et cela lui permet d'être réquisitionné par le capitaine Rudolf Reiner de la Gestapo pour une mission clandestine.

Le lecteur suit les déplacements d'Antoni accompagné de la jeune et belle Irena et du commando formé par Reiner et constitué d'une poignée de soldats sans foi ni loi dont un membre détient un objet personnel ayant appartenu au malheureux Herman Frink. Ces déplacements près du centre historique de Varsovie, font vivre au lecteur de multiples scènes de guerre tragiques où se mêlent snipers, bombardements de l'aviation allemande, découverte de charniers, chars Tigre et lance flamme face à l'armement dérisoire des résistants. Les codes du polar refont périodiquement surface et le lecteur attend bien sûr la rencontre des deux groupes dans un final qui tient toutes ses promesses en matière de suspense, d'action et de rebondissements.

 

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commentaires

T
J'aime bien, merci. Vous étes bienvenu sur mon jeu.
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