Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Découvrir l'Histoire en lisant
  • : Bibliographies , histoire , fiches de lecture , romans historiques , polar et romans noirs : mille et un auteurs , mille et une feuilles à lire , mille et une ... histoire !
  • Contact

Recherche

20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 06:13
François - Guillaume  LORRAIN

Louis XIV ,  l'enfant roi : ce récit est consacré à l'enfance du Roi-Soleil, principalement de sa cinquième année jusqu'à ses treize ans, âge à laquelle sa minorité a pris fin. Louis Dieudonné naquit le 5 septembre 1638 et ne sera Dauphin que cinq ans puisque son père le roi Louis XIII mourut en 1643. Dès les premières pages, j'ai été rassuré, l'auteur offre au lecteur une histoire agréable, vivante, pleine d'humour, d'émotion, de surprise et qui fourmille d'anecdotes. Le protocole qui conduit au choix de la nourrice, résultat du travail de sept savants docteurs, fait rire. Louis Dieudonné ne gardera que peu de souvenirs de son père mais ce dernier avait été prévoyant en confiant la protection de son jeune héritier à ... d'Artagnan. Décidément un règne ne pouvait pas mieux débuter et la lecture s'annonce prometteuse, c'est un roman d'aventures historiques qui commence et non pas une biographie magistrale  !

Une multitude de chapitres, très courts, la plupart deux pages seulement, structurent le récit, autant de saynètes où l'enfant-roi joue à la guerre avec des amis fidèles, se chamaille avec son petit frère avant de le consoler. Il est parfois capricieux et commet des imprudences au grand dam de son valet de chambre La Porte. Comme tout enfant, Louis aime les animaux, il est très attaché à son cheval baptisé "Rocroi". L'évocation de la "petite cour" à qui sont rapportés les moindres faits et gestes du jeune roi jusqu'à son intimité, laisse deviner que les récits de son enfance ont traversé les siècles et qu'ils ont constitué une inépuisable source de renseignements pour l'auteur, comme sans doute les mémoires de Mme de Motteville, la confidente de la reine et dont la présence jalonne ce roman. Elle partage ainsi avec la famille royale un moment de janvier "où le roi tire les rois". Tous les chapitres ont un titre habilement choisi qui commence par "" et cela ne manque pas d'intriguer et d'attiser la curiosité du lecteur.

Pour son éducation, Louis eut un précepteur, l'abbé de Péréfixe et plusieurs professeurs ( impossible de parler de maîtres d'école lorsqu'il s'agit d'enseigner au Roi ! ). La danse, enseignée par Henri Prévost, fut sans doute sa matière favorite. Mais Louis fut un élève attentif et curieux face à des professeurs exigeants. Lorsque Louis accède officiellement au trône le 7 septembre 1651 ( il est majeur à treize ans ! ) il est expérimenté en matière de diplomatie à force d'observer son parrain et premier ministre Mazarin ainsi que sa mère et régente Anne d'Autriche ( qui était espagnole ), habitué à la révolte après avoir vécu la Fronde et rompu aux incertitudes du pouvoir en observant l'imprévisible prince de Condé ou défié par Gondi son ennemi à jamais. Tous ces personnages défilent et permettent de mieux comprendre la personnalité du Roi-Soleil dont on devine l'esprit visionnaire et toute la prestance à la fin du récit lorsqu'il découvre en compagnie de d'Artagnan ( il y a toujours un mousquetaire auprès du roi dans les moments importants ... ) un modeste mais charmant petit château ayant appartenu à son père et abandonné depuis. Louis XIV en fit par la suite Versailles.

J'attendais beaucoup de ce livre, je n'ai pas été déçu, rarement une lecture ne m'a autant appris et procuré autant de plaisir.

Merci aux Editions XO

 

Partager cet article
Repost0
6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 19:35
Jean - Christophe  PORTES ( suite )

La trahison des Jacobins : c'est le cinquième titre d'une série de plus en plus attachante grâce à des personnages superbement campés et parce que l'auteur réussit une savante alchimie consistant à mêler habilement la grande Histoire et une fiction distrayante. Les paysages urbains de l'époque prennent vie, la reconstitution de Paris est convaincante et permet de mieux apprécier le grand tableau historique de la Révolution. Cette nouvelle enquête de Victor Dauterive se passe entre juillet et fin août 1792, c'est la suite immédiate de "L'espion des Tuileries" : voir ICI

Victor Dauterive n'a pas toujours été tendre avec le jeune Joseph mais les recherches qu'il entreprend suite à l'enlèvement de l'enfant montrent si besoin était toute la sensibilité, la fidélité et la ténacité  qui caractérisent Victor. Olympe de Gouges lui apporte une aide efficace. Mais Jean-Christophe Portes est un auteur rusé qui réussit habilement à partager le fruit de ses recherches historiques. J'ai été  surpris et passionné par la reconstitution de l'Hôpital général de Paris et de Bicêtre un de ses établissements à l'époque lieu de détention impitoyable pour des adultes et des enfants parfois destinés à pourvoir des réseaux de prostitution ( la face ignoble du Palais-Royal où le lecteur est entraîné par Restif de La Bretonne écrivain mais aussi agent de police louche ). Suspense garanti !

Le gendarme Dauterive change de maître ! Il a coupé le lien avec La Fayette et sert désormais le Comité de surveillance de l'Assemblée nationale et le commissaire de police élu Charpier. Les arcanes de la Révolution française ont bien besoin de son expérience en matière criminelle surtout lorsqu'un meurtre cache des malversations financières et de la corruption.

La cinquième partie de ce roman est la plus historique avec le récit de la prise des Tuileries détaillée par l'auteur. Victor est le témoin d'affrontements sanglants entre royalistes et sans-culottes armés de piques et au son de la Marseillais et du Ça ira. Chaque mot et chaque phrase sont choisis avec soin, le lecteur croit entendre le fracas des combats. L'Assemblée vote la suspension du Roi Louis XVI mais c'est la Commune de Paris qui sort vainqueur.

Sous la plume de Jean-Christophe Portes une scène de vie banale devient passionnante et l'Histoire facile à comprendre. C'est un modèle de roman policier historique.  Vivement la suite !

Bibliographie de Jean-Christophe Portes

 

Partager cet article
Repost0
11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 05:31
Paul  SAUNIERE

Paul Saunière  ( 1827 - 1894 ) a été secrétaire d'Alexandre Dumas. Sous sa direction il apprit les techniques d'écriture des romans d'aventure. Il devint ensuite un auteur à succès, aujourd'hui oublié. Seulement deux de ses titres ont fait l'objet d'une réédition récente, "Un amiral d'aventure" et "Le capitaine Belle-Humeur".

 

Le capitaine Belle - Humeur : publié en 1878. A la mort de son père en mai 1711, depuis son modeste domaine au Pouliguen près de l'embouchure de la Loire, Raoul de Penhoël rêve de prendre la mer. Il n'a plus de famille, seule la jeune et belle Marthe de Cordouën, que son père a adoptée, reste avec lui. Pour relever la splendeur passée de sa famille, Raoul se rend à Paris pour rencontrer le maréchal de Villeroi qu'autrefois son père a sauvé d'une mort certaine. Il est accompagné par le jeune et dévoué Yvon. Marthe s'établit dans une modeste ferme où elle doit faire face au créanciers de sa vraie famille et aux avances de son cousin Arthur de Leradec.

A Paris, le hasard mène Raoul à la cour de Louis XIV. Il est nommé lieutenant aux gardes du corps de Sa Majesté. Cette fonction lui vaut de s'opposer au maréchal de Villeroi et à un de ses parents le baron de Saligny. Ils deviennent les ennemis jurés de Raoul. Mais la protection dont bénéficie le jeune héros cesse en février 1712 lorsque meurt la Dauphine, épouse du duc de Bourgogne, petit-fils du Roi.

 

Octobre 1715, Louis XIV est mort, c'est la Régence de Philippe d'Orléans. Entre Lorient et Saint Nazaire, la contrebande est active. Les douaniers ont fort à faire avec le brick "L'Audacieux" dont le commandant a pour surnom capitaine Belle-Humeur. Le Régent envoie sur place le baron de Saligny et un vaisseau royal, la corvette "La Redoutable" pour mettre fin aux agissements de Belle-Humeur qui travaille pour le compte d'un riche armateur anglais qui fait entrer en France des cargaisons sans payer de droits de douane. Habile navigateur, fin connaisseur des côtes près desquelles il croise, l'opposition entre les deux ennemis est tout d'abord à l'avantage de Belle-Humeur. Trahison, vengeance, manoeuvres navales, grottes secrètes dans les falaises, bordées de boulets et de mitraille, le capitaine Belle-Humeur est fait prisonnier.

 

L'épilogue se joue en 1717, avec comme lieu central la rue de l'Arbre Sec. Située au coeur de Paris, c'est un site souvent évoqué dans les romans de cape et d'épée. De Saligny et de Laredec sont alliés contre Raoul. Marthe est détenue par de Laredec. Avec l'aide efficace d'Yvon, Raoul triomphera et verra son honneur rétabli par le Régent avant d'épouser Marthe

 

Cet ouvrage rassemble tous les éléments caractéristiques du roman de cape et d'épée : Raoul, un héros intraitable victime de trahisons et de déboires multiples qui sont autant de rebondissements dans le scénario, et Marthe, héroïne perpétuelle victime d'un méchant particulièrement odieux. L'honneur, le courage sont les sentiments mis en avant à travers les comportements de Raoul et du jeune Yvon qui sert son maître avant tout. L'action est très présente, avec des duels et les aventures maritimes de la deuxième partie. Et puis il y a les complots qui sont fomentés dans des tavernes sombres où les nobles personnages font appel à de louches hommes de main pour accomplir de basses besognes.

 

Paul Saunière a été à bonne école et Alexandre Dumas a été un maître émérite !

 

Publié en

Publié en

Partager cet article
Repost0
10 janvier 2019 4 10 /01 /janvier /2019 06:15
Jean - Christophe  PORTES  ( suite )

L'espion des Tuileries : entre fin avril et début juillet 1792, récit de cinq semaines durant lesquelles la Révolution a été fragilisée et la Royauté ébranlée. Ces évènements méritaient d'être racontés d'heure en heure, Jean-Christophe Portes le fait avec brio dans ce roman mélange d'enquêtes policières et d'aventures historiques où Victor Dauterive tient une place prépondérante.

Le jeune lieutenant de Gendarmerie accompagné de son fidèle Joseph ont suivi La Fayette à Metz où il commande une des armées levées contre l'Autriche. L'entrée en guerre est une catastrophe pour la France, troupes mal préparées et indisciplinées expliquent une spirale de défaites.  Pire, cinq cent mille livres, un véritable trésor indispensable à l'armée de La Fayette ont été volés, le lieutenant Dauterive en assurait le convoyage. Il entame alors une folle course poursuite qui restera vaine mais qui permet au lecteur de découvrir l'état désastreux des troupes françaises sur le front du nord. C'est le récit d'une page d'Histoire tragique agrémenté d'aventures pleines de suspense durant lesquelles le voleur également tueur psychopathe reste insaisissable et le trésor introuvable.

Désormais la survie politique de La Fayette se joue à Paris. Désormais l'avenir de la Liberté, le respect des pouvoirs du Roi garant de la Constitution se jouent à Paris où Victor est envoyé. La Fayette lui demande d'entrer en contact avec Louis XVI  pour l'alerter et lui proposer son aide face aux menaces représentées par les Jacobins. Victor Dauterive abandonne son uniforme pour accomplir une mission clandestine. Il n'y a plus de combat direct, l'ennemi est invisible et partout à la fois. Une guerre souterraine se déroule autour du Roi isolé dans le palais des Tuileries. Messagers clandestins, comploteurs et espions s'activent. Victor doit apprendre à la fois à patienter et à agir promptement, filatures, déguisements et rencontres secrètes deviennent ses armes alors que continue de planer l'ombre du tueur qu'il poursuit.

Ce roman fourmille de portraits et d'anecdotes sur un pan de l'Histoire qui mérite bien un récit à la manière d'Alexandre Dumas. Dans ce qui est une véritable rétrospective parfaitement maîtrisée par l'auteur, Victor Dauterive et ses proche, Joseph, Olympe et Duperrier, apportent force et attrait. Et de l'attrait pour le lecteur, il y en a à foison. Jean-Christophe Portes a semé tellement d'intrigues qu'une suite ne sera pas de trop pour éclairer le lecteur.

C'est le quatrième volet des enquêtes de Victor Dauterive, pour le troisième voir ICI

Bibliographie de l'auteur ICI

 

Partager cet article
Repost0
17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 05:14
Isabelle DUQUESNOY

Isabelle DUQUESNOY exerce dans le domaine de la restauration d'oeuvres d'art. Ses écrits pour le grand public sont rares mais sont le fruit d'un long travail pour un résultat très érudit, délicatement mis en valeur grâce à un style brillant. Il y a eu les longues "Confessions de Constance Mozart". Puis en 2017, c'est au tour de l'embaumeur de raconter ses souvenirs sous la plume toujours aussi alerte de cette auteure que j'invite vivement à lire.

L'embaumeur ou L'odieuse confession de Victor Renard : Victor est né approximativement vers 1776, sa mère Pâqueline est toujours restée évasive sur les années peut-être pour ne pas voir sa grande beauté s'estomper. Victor était laid, le port de sa tête affecté par un torticolis congénital. Torticolis, voilà bien un mot pour représenter la vie de Victor. Sa vie est une suite interminable de "Victor aurait pu .... mais ...."

Victor aurait pu avoir une jeunesse heureuse mais sa mère n'a jamais su s'y prendre avec lui et ne se contentait pas de le surnommer méchamment Victordu. Grâce à des affaires prospères, Victor aurait pu finir sa vie riche et heureux avec Angélique mais il finira condamné et il en est persuadé, la mort l'attend à la fin de son procès. Lors de son audition qui dure onze jours, Victor raconte ...

Durant toute sa courte vie, Victor a côtoyé la mort. Son père mourut trop tôt. Pour son apprentissage, Pâqueline confia Victor au vieux Mariel Joulia pour qu'il lui enseigne l'embaumement et tous les secrets de ces drogues que l'on insère dans toutes les parties d'un cadavre pour le protéger de la pourriture. Ce roman aurait pu être un livre d'Histoire magistral, austère et ... nauséabond. Mais il y a ce grand plus, sous la plume d'Isabelle Duquesnoy le récit de Victor se bonifie : il est tour à tour attachant et parfois triste, instructif et distrayant, il fait sourire, il fait peur. Les dialogues sont alertes et souvent truculents, les descriptions précises, imagées et vivantes. L'utilisation de mots du vocabulaire de l'époque ajoute de la véracité au récit. Au détour de chaque page ou de chaque chapitre ( tous très courts ), le lecteur ressent tous ces sentiments qui le ravissent et qui l'incitent à relire certains passages tellement ils plaisent alors qu'il est impatient d'en savoir plus.

Se servir de la mort pour s'enrichir. Comment vaincre la mort ? La plongée dans la pensée, dans les pratiques et les interrogations de la fin du 18ème siècle est surprenante. Comment ne pas être stupéfait par l'utilisation de pigments d'origine humaine par les peintres de l'époque ! Les nuances de brun du peintre Martin Drölling restent  fameuses et proviendraient de coeurs embaumés des rois de France. Mais ce n'est qu'un épisode du roman hors norme d'Isabelle Duquesnoy.

 

 

Première parution en août 2017, éditions de La Martinière

Première parution en août 2017, éditions de La Martinière

Isabelle DUQUESNOY
Partager cet article
Repost0
19 août 2018 7 19 /08 /août /2018 14:01
Jean -Christophe  PORTES  ( suite )

La disparue de Saint-Maur : c'est pour moi le récit qui manquait dans la carrière du jeune lieutenant de Gendarmerie Victor Dauterive. Après avoir été emporté dans le tourbillon collectif de l'année 1791, pour la première fois il enquête en solitaire. C'est l'occasion idéale de mieux connaître sa personnalité, Jean-Christophe Portes réussit parfaitement à mettre en avant son héros dans des situations très variées pour mieux en dresser un portrait approfondi.

Ce sont en fait deux enquêtes que Victor va mener en décembre 1791. La première est une enquête criminelle, la fille cadette d'une famille noble de Saint-Maur a disparu. L'énigme est particulièrement complexe car l'isolement dans lequel vit cette famille ruinée ne facilite pas la découverte du moindre indice, aucune piste ne se profile. Victor a recours à une expédition nocturne clandestine et doit s'affirmer comme un expert en portrait-robot. Quel secret sordide peut bien dissimuler cette disparition ? Les recherches de Victor Dauterive sont l'occasion pour le lecteur de visiter cette boucle de la Seine qui accueille de nos jours un des plus grands salons du livre.

L'Histoire rattrape bien vite Victor Dauterive en le personne de La Fayette. Ce dernier a été écarté du pouvoir suite aux tragiques évènements du Champ-de-Mars relatés dans "L'affaire de l'homme à l'escarpin" ( voir ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2018/05/jean-christophe-portes-suite.html ) mais il souhaite revenir sur le devant de la scène politique en se présentant à l'élection du maire de Paris. La Fayette charge Victor de se renseigner sur le candidat Jérôme Pétion qui pourrait l'emporter. Pourquoi s'est-il déplacé récemment à Londres ? Est-ce en lien avec ceux qui rassemblent des troupes sur la frontière Est de la France pour faire la guerre à la Révolution ? Dans le fog de Londres Victor fait ses premiers pas dans le monde de l'espionnage où domine la trahison, le secret et la violence ( Dauterive va connaître la torture ). Il va devoir apprendre à composer avec le sinistre Charpier, député et membre du Comité de surveillance de l'Assemblée nationale. Victor va aussi prendre conscience de ceux pour lesquels il compte, Olympe de Gouges qu'il ignore souvent mais qui lui apporte une aide déterminante dans l'affaire de la disparue de Saint-Maur, le vieux Duperrier, ancien greffier du Châtelet, intarissable source de renseignements et enfin Joseph sympathique et fidèle gamin que Victor a rabroué de nombreuses fois.

Victor Dauterive, gendarme d'à peine vingt ans, est devenu avec ce tome 3, le grand héros d'une série qui compte dans le monde du polar historique. C'est un héros qui s'affirme dans l'action avec de réelles qualités de détective ou d'espion. Il a appris à louvoyer devant l'adversité, pris de d'expérience ce qui va sans doute le contraindre à agir avec plus de raison que de coeur, cela lui sera utile car de nouvelles missions lui sont promises en 1792, année que Jean - Christophe Portes annonce terrible. Farcy, un redoutable ennemi personnel l'y attend, prêt à assouvir sa vengeance personnelle.

 

Partager cet article
Repost0
26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 11:58
Jean - Christophe  PORTES  ( suite )

L'affaire de l'homme à l'escarpin : avant d'ouvrir ce deuxième tome des enquêtes de Victor Dauterive, je conseille de relire les dernières pages de "L'affaire des corps sans tête" ( voir ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2017/12/jean-christophe-portes.html ), Louis XIV a été arrêté à Varennes-en-Argonne le 21 juin 1791, Jean-Christophe Portes raconte : "Au club des Cordeliers ou aux Jacobins, Robespierre et Marat demandaient que l'on juge le premier fonctionnaire de l'Etat. Danton accusait La Fayette de trahison, réclamant à hauts cris une régence du duc d'Orléans". Il est temps d'ouvrir le deuxième tome, dans ce contexte tourmenté le commissaire Piedeboeuf est appelé pour le meurtre d'un jeune homme, la nuque brisée. Près de son cadavre un escarpin est découvert. Nous sommes en juillet 1791, Paris étouffe sous de fortes chaleurs.

Que s'est-il passé au lendemain de Varennes ? Jean-Christophe Portes a choisi d'approfondir ces quelques jours pendant lesquels Paris a failli s'enflammer. Que va décider l'Assemblée Constituante, déchéance ou inviolabilité du Roi ? L'auteur emmène le lecteur dans les pas de Victor d'Hauterive, dégradé et chassé de la Gendarmerie pour mieux s'insinuer dans le parti d'Orléans qui veut prendre le pouvoir. La Fayette est convaincu que Louis-Philippe, duc d'Orléans, premier prince de sang et cousin du roi va être imposé comme régent par un coup de force. Choderlos de Laclos ( dont j'ignorais le rôle politique ) secrétaire particulier du duc agit en secret en manipulant une bande de mercenaires de la pire espèce.

Ce récit est d'une incroyable richesse historique : portraits sans concession ( Choderlos de Laclos "un homme lisse comme la surface d'un lac"), visites approfondies ( comme le Palais-Royal, luxueux édifice où sont données des réceptions fastueuses ) , joutes verbales entre les Jacobins de Robespierre et les Cordeliers de Danton, les femmes s'expriment, donnent leur avis, proposent  ( Olympe de Gouges rédige une déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ). Il y a également l'ambiance bruyante et malodorante du Paris de l'époque où les citoyens s'affairent, le lecteur est invité dans l'intimité d'une échoppe, dans l'atmosphère feutrée d'un salon particulier, dans des tavernes sombres où se trament des complots.

Victor Dauterive est désormais aidé par Joseph, un jeune orphelin livré à lui même, rusé et débrouillard. Infiltrer une conspiration, c'est entamer une dangereuse partie de poker menteur avec les grands du royaume, ou de la république, à l'époque on ne sait pas trop. C'est aussi se faire accepter par des brigands sans foi ni loi. Un complot est-il en préparation ? Une machination s'apprête-t-elle à mettre fin à la Révolution ? Des ambitions personnelles ne vont-elles pas naître parmi les conjurés ? Que vient faire l'homme à l'escarpin dans cette intrigue complexe à souhait ? Les évènements se précipitent, Victor Dauterive ne dispose que de quelques jours. Comme dans son premier roman, l'auteur termine cette nouvelle enquête sur un fait historique, la tragique fusillade du Champ-de-Mars du dimanche 17 juillet 1791. Il ne s'est passé que quelques jours depuis la découverte du cadavre de l'homme à l'escarpin.

Mais où Jean-Christophe Portes va-t-il chercher cela ? Dans l'Histoire de France tout simplement et c'est passionnant !

Bibliographie de l'auteur ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2017/11/jean-christophe-portes.html

 

Jean - Christophe  PORTES  ( suite )
Partager cet article
Repost0
7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 08:08
Jean - Christophe  PORTES

L'affaire des corps sans tête : nouvel auteur de roman policier historique, nouveau héros. Nous sommes à Paris en février 1791, la Révolution donne peu-à-peu un nouveau visage à la France. Une constitution est attendue, l'Assemblée Constituante s'emploie à la rédiger. Le député Robespierre en est une figure montante. La presse est libre et active. Les réunions politiques à travers les sociétés patriotiques, également appelées clubs, sont nombreuses et Danton s'y distingue. La Bastille est un gigantesque chantier de démolition. Le château de Versailles est déserté, le roi et sa famille vivent aux Tuileries. Louis XVI jouit d'une liberté et d'une influence limitées. Il sera emprisonné après une tentative de fuite et son arrestation à Varennes-en-Argonne le 21 juin 1791.

La Révolution a tout chamboulé, finis les commissaires au Châtelet et les lieutenants civils, place aux Gardes nationaux avec à leur tête le commandant général La Fayette , place à la Gendarmerie nationale que la loi a créée le 16 février 1791 à partir de la Maréchaussée.

La Révolution a tout chamboulé, le citoyen Victor Dauteville a remplacé Victor Brunel de Saulon, chevalier d'Hauteville. A peine dix neuf ans, sous-lieutenant de la Gendarmerie nationale et déjà chargé par La Fayette d'une mission de confiance : arrêter Marat qui appelle à l'anarchie et au meurtre des aristocrates. C'est une mission délicate et dangereuse, mais arrêter Marat c'est sauver la Révolution !

Au même moment, le brigadier de Gendarmerie Picot et son ami fidèle, le chirurgien-barbier Bouvreuil, enquêtent suite à la découverte de cadavres décapités repêchés dans la Seine. Une affaire bien trop difficile pour eux !

Jean-Christophe Portes offre au lecteur une découverte instructive, au jour le jour, des évènements historiques et politiques de la première moitié de l'année 1791. Quel plaisir de croiser des personnages historiques dans les pas d'un jeune gendarme attachant, rusé mais perfectible. Victor Dauterive est intégré de manière crédible dans l'Histoire ! Quel plaisir de marcher avec lui dans Paris, au contact des plus pauvres ou de l'accompagner dans les Salons les plus riches !

La Révolution voit se mêler intérêts personnels, complots d'état, malversations financières. Bien vite confronté à l'affaire des corps sans tête, Victor Dauterive mène une enquête moderne, utilisant par exemple des portraits robots dessinés de sa main habile. L'action est présente au détours des pages qui se lisent rapidement, le lecteur est entraîné dans des filatures, des fausses pistes, des enlèvements et de folles poursuites ( à cheval bien sûr ). Il y a également des interrogatoires, des duels, des agressions, des arrestations et des évasions.

Les enquêtes et les aventures de Victor Dauterive n'ont pas fini de me passionner. La fresque historique choisie par Jean-Christophe Portes ne fait que commencer, il reste tant à apprendre sur la Révolution, il reste tant à découvrir sur le passé mystérieux de son jeune héros et tant d'aventures à vivre avec lui.

Bibliographie de l'auteur ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2017/11/jean-christophe-portes.html 

 

Jean - Christophe  PORTES
Partager cet article
Repost0
22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 05:56
Olivier BARDE - CABUÇON

Casanova et la femme sans visage : printemps 1759, le cadavre mutilé d'une jeune femme est retrouvé dans une rue sombre de Paris. Toute la peau de son visage lui a été arrachée. Le corps a été découvert par le chevalier de Seingalt, Giacomo Girolamo Casanova, Casanova le séducteur ! Rapidement un personnage singulier a rejoint la scène de crime. Il s'agit du chevalier de Volnay. Sa réputation n'est plus à faire. Il est commissaire aux morts étranges. Il n'a de comptes à rendre qu'au roi Louis XV qui a créé spécialement cette charge pour le remercier de l'avoir sauvé lors de l'attentat de Damiens en 1757. Solitaire, Volnay a peu d'amis. Il vit seul avec une pie apprivoisée dans une modeste demeure remplie de livres. Son intelligence s'épanouit dans la résolution d'intrigues. Il a un assistant, un moine excommunié car soupçonné d'avoir travaillé à la transformation de l'acier en or et à l'interprétation des rêves. Ce moine rédige des fiches sur les meurtres des années passées.

A la suite de Volnay, le lecteur découvre le milieu du 18ème siècle et le règne de Louis XV. Le portrait du Roi n'est pas flatteur, incapable sur le plan politique et économique, terrorisé par la mort et le diable, attiré par la chair des plus jeunes filles. Tout son entourage semble comploter à l'image de l'ambitieux Sartine qui vient d'être nommé Lieutenant général de police. L'opposition au Roi ourdit de sombres cabales, le parti dévot est prêt à tout pour un retour à un catholicisme strict garant des bonnes moeurs. La Confrérie du Serpent aux idéaux républicains est hostile à la monarchie. Jeanne-Antoinnette Poisson, marquise de Pompadour, alliée des artistes et des philosophes, est haïe par la noblesse et les dévots. D'étranges idées circulent, des idées aussi étranges que le comte de saint-Germain est riche si bien qu'il est soupçonné de fabriquer des pierres précieuses.

Un trio d'enquêteur s'est formé. Volnay, Casanova et la belle et énigmatique Chiara d'Ancilla. Un groupe où les deux hommes entreprennent une concurrence féroce pour conquérir le coeur de la belle italienne. Si Volnay recherche la vérité, quels intérêts motivent ses deux compères dans l'enquête ?

Que reste-t-il de la lecture du récit de la première enquête du chevalier de Volnay ? Un bon moment de lecture sans contestation possible, un scénario habilement inséré dans un contexte historique bien décrit et de l'action à la fin du roman. Que manque-t-il ? Une enquête solide avec des rebondissements, des fausses pistes, de minuscules indices intelligemment exploités. J'ai vraiment hâte de voir Volnay à l'oeuvre, de le voir mériter son titre de commissaire aux morts étranges. Ce titre est le premier d'une série qui promet, donc patience ...

Bibliographie d'Olivier BARDE-CABUÇON ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2016/08/olivier-barde-cabucon.html

 

Olivier BARDE - CABUÇON
Partager cet article
Repost0
7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 17:36
Frédéric  LENORMAND

La baronne meurt à cinq heures : série "Voltaire mène l'enquête", tome 1.

Dans la première moitié du 18ème siècle le mot "mécènat" n'avait pas tout à fait la même signification que de nos jours. François-Marie Arouet de Voltaire n'échappe pas à l'obligation d'avoir un mécène qui lui permette d'écrire à l'abri du besoin.

A la fin de l'été 1731, Voltaire alors âgé de trente sept ans emménage rue des Bons-Enfants à Paris chez la baronne de Fontaine-Martel une dame âgée qui lui a promis un gîte confortable et un couvert copieux ( le philosophe sera souvent déçu ), ce qui lui permet de tenir salon en recevant amateurs de belles lettres et de bons vins.

La cohabitation aurait pu perdurer. Elle cesse brutalement en janvier 1733 à la mort de la baronne. L'autopsie ( à l'époque on disait "ouverture du corps" ) révéla que cette mort naturelle résultait d'un assassinat. Le sournois et rusé lieutenant général de police René Hérault préférant mener une enquête discrète, décide de cacher le meurtre. Une fois le coupable démasqué, il lui sera facile de le faire disparaître ... Cela ne manque pas d'inquiéter Voltaire, d'autant plus que la censure s'intéresse au libre-penseur et que bientôt les cadavres vont se multiplier dans son entourage comme s'il en pleuvait.

Voltaire mène alors l'enquête, secondé par Michel Linant un abbé au bon coup de fourchette et par la marquise Emilie du Châtelet, jeune et pimpante femme de sciences. Il leur faut retrouver le testament de la baronne et bien sûr démasquer l'assassin. L'enquête est particulièrement délicate, comme pour la philosophie, la découverte d'une certitude amène cent nouvelles interrogations.

Le lecteur ne s'ennuie pas une seconde à la suite de Voltaire. Cela permet d'apprendre à le connaître sous un jour moins austère que ses écrits. On apprend beaucoup sur cette époque un peu comme à la lecture d'une gazette de Hollande car ce roman policier est aussi un roman historique très instructif.

Et puis il y a la narration faîte par Frédéric Lenormand. Quel style ! des mots choisis avec soin pour des phrases limpides et un texte enchanteur un brin désuet pour faire d'époque. Et puis il y a l'humour, tendre ou grinçant, subtil, ironique ou moqueur qui n'altère en rien la véracité du récit.

 

Frédéric  LENORMAND
Frédéric  LENORMAND
Frédéric  LENORMAND
Partager cet article
Repost0