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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 18:55
André  PAYAN - PASSERON

André Payan-Passeron est licencié d'histoire et géographie. Avec le professionnalisme de l'historien, il a voulu retracer le parcours de son grand-oncle Joseph et de son grand-père Césaire durant la guerre de 1914-1918. Pour ce faire il a utilisé les archives du ministère de la défense mais il a aussi disposé des correspondances de l'époque échangées entre ses deux ancêtres et leur famille, autant de témoignages émouvants qui apportent parfois un regard nouveau sur les combats et rétablissent quelques vérités que les états-majors de l'époque ont occultées. Le résultat de ce travail de mémoire est à la hauteur des tragédies relatées.

Quelques vérités sur la guerre de 1914 - 18

Deux frères, Joseph et Césaire, "Morts pour la France"

Les frères Joseph et Césaire Payan sont originaires d'un village montagnard de la haute vallée du Var. A la mobilisation d'août 1914, Césaire est artisan et maire de son village d'Entraunes et Joseph ouvrier à la poudrerie de Saint-Chamas près de Marseille. Joseph est mobilisé au 141ème Régiment d'Infanterie de Marseille, dés la nuit du 8 au 9 août 1914 son régiment est sur le front de Lorraine. Son Histoire constitue la première partie de ce livre.

L'auteur situe avec précision le régiment de Joseph dans les cinq armées qui constituent l'Armée française et regroupent quelques 3 580 000 hommes. Les passionnés de généalogie militaire apprécieront cette revue d'effectifs et les organigrammes précis. Mais il n'y a pas que cela, l'auteur sait habilement doser ce qui pourrait être appelé de la recherche fondamentale et le récit quotidien, bivouacs et combats violents, qui passionne comme un roman. Plus parlant que les mots, de nombreuses cartes situent les champs de bataille, les positions et les mouvements des unités françaises et allemandes. Joseph connait le baptême du feu le 14 août dans la région de Lunéville-Dieuze-Sarrebourg. Pour la France, c'est l'époque des défaites, le 3 septembre 1914, les forces allemandes sont à seulement 30 kilomètres de Paris. Les témoignages de Joseph et les extraits de JMO ( journal des marches et opérations ) des unités concernées permettent de rétablir une part de la vérité, de dénoncer des ordres très critiquables du GQG et des rivalités entre généraux dont les conséquences seront catastrophiques. Joffre cherche à minimiser, auprès de l'opinion publique, son rôle dans ce désastre, il parle de défaillances individuelles et collectives d'unités comme celles composées de Méridionaux du Sud-Est. Joffre "fait fonctionner ferme les conseils de guerre", des soldats sont condamnés, certains seront fusillés. L'abnégation d'unités entières décimées occultée par le GQG est mise en avant par l'auteur pour une réhabilitation méritée.

Joseph participe ensuite à la grande bataille de la Marne en septembre 1914 puis dans le secteur de Verdun pendant dix huit mois, jusqu'en mars 1916, succession de périodes d'un calme précaire, de rares et courtes permissions avant l'enfer. Cartes des opérations pour comprendre, photos et extraits de correspondances pour témoigner permettent de reconstituer et de rappeler ce que fut Verdun : " Quelques troncs d'arbres vont subsister, les tranchées disparaissent, les boyaux sont pulvérisés, les abris écrasés et le terrain ne sera plus que trous d'obus encore visibles de nos jours. Forêts et champs vont se transformer en paysages lunaires" ( page 112 ). De nouveau des défaillances sont montrées du doigt. Mais peut-on parler de défaillance ? Peut-on menacer du Conseil de Guerre un militaire qui aurait été fait prisonnier sans avoir été blessé ?

Joseph est mort en héros le 22 mars 1916, il n'a pas de sépulture. Son bataillon du 141ème Régiment d'Infanterie a été exterminé, son cadavre est enseveli, suite aux bombardements, à Haucourt dans la terre de Lorraine.

L'Histoire de Césaire Payan constitue la deuxième partie de ce livre. Césaire est mobilisé au 6ème Bataillon de Chasseurs Alpins de Nice. Agé de 35 ans, marié et père de deux jeunes enfants, il ne rejoint le front que fin mars 1915. Il combat jusqu'en novembre 1915 dans le sud des Vosges, à l'est de Gérardmer. L'auteur fait partager la vie de combattant de Césaire. Mais ce dernier est marié, son épouse est institutrice ( elle sait écrire ), le lecteur a donc aussi connaissance des lettres qu'elle adresse à son mari et à sa famille, ce qui constitue le récit de la vie d'une famille "de l'arrière".

Le 21 novembre 1915, Césaire est muté au 65ème Bataillon de Chasseurs à pied qu'il ne quittera pas. Son unité va être affectée successivement sur les plus grands champs de bataille du nord et de l'est. Césaire va connaître l'enfer de Verdun, non loin de son frère Joseph. Son périple est instructif pour le lecteur qui découvre d'autres terribles batailles offensives ou défensives : la Marne, la Somme en 1916 et en 1918, le Chemin des Dames en 1917, la Lorraine, l'Alsace. Dans les récits se succèdent l'atrocité des combats, la peur et la détresse des familles, l'espoir des retrouvailles lors des permissions.

Il y a eu durant ce premier conflit mondial des exploits héroïques ignorés et même parfois contestés. D'autres sont reconnus au plus haut niveau. Le bataillon de Césaire est félicité par le généralissime Joffre en octobre 1916, pour "son entrain et son allant dans la victoire".

Alors que les dernières offensives alliées sont lancées et que la victoire se profile, le 4 septembre 1918, Honorine, l'épouse de Césaire écrit : "Sa dernière carte ... est datée du 20 août : depuis lors je ne reçois plus rien". Les mots "angoisse", "espoir", "frayeur" suivent. 

Césaire a été tué par éclats d'obus le 20 août 1918 à Villers-lès-Roye ( Somme ). Il sera décoré à titre posthume de la Croix de guerre et de la Médaille militaire. Son petit-fils écrira son histoire et celle de son grand-oncle Joseph, des histoires instructives et émouvantes.

André Payan-Passeron est publié chez l'Harmattan, voir ici http://www.editions-harmattan.fr/index.asp 

 

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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 17:02
Sylvain  LARUE  ( suite )

Au bal des muscadins : une fois brillamment résolue l'affaire Saint-Maur ( voir ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2017/09/sylvain-larue-5.html ), tout juste deux mois ont passé. Léandre Lafforgue a retrouvé son père, Alessandro Prazzoli, un républicain italien. Le prince Louis Napoléon Bonaparte a été élu président de la République française le 10 décembre 1848. Le travail ne manque pas pour son agent spécial surnommé le goupil. La protection du prince-président l'emmène à sa suite au bal des muscadins. Nous sommes fin janvier 1849 et le riche Jacques Lazare a convié tous les notables et gens d'importance que compte Paris à un bal pour commémorer la fête qu'avait donné son père après avoir survécu à la Terreur, cinquante ans auparavant. Tous les convives sont costumés à la mode du Directoire. Il faut être vu au bal des muscadins, que l'on soit fervent républicain ou royaliste nostalgique. Léandre n'a d'yeux que pour les soeurs Maureen et Elinor Sandford, deux anglaises aussi belles que mystérieuses.

Mais le bal des muscadins est tragiquement interrompu lorsqu'un cadavre décapité est découvert. L'inspecteur principal Issy-Volny et son adjoint l'inspecteur Charles Leterrier vont devoir enquêter avec le goupil ! La cohabitation s'annonce houleuse et cocasse.  Et ce n'est que le début, d'autres cadavres décapités sont découverts à Paris dans des lieux symboliques de la Révolution française et Jean, le frère de Jacques Lazare, s'est fait volé un manuscrit exceptionnel, écrit de la main même de Robespierre. Egalement passionné par les livres, Léandre et Jean se lient d'amitié.

L'enquête est plutôt lente à démarrer. Mais l'auteur met en place de manière rigoureuse les personnages avec des portraits approfondis et le contexte historique, depuis la Terreur jusqu'à la deuxième République, est méticuleusement détaillé. Et puis une rencontre de Dumas, Gautier, Baudelaire et De Nerval vaut bien plusieurs pages ... Le fait de placer cette deuxième aventure immédiatement après la première, permet de bien s'imprégner des personnages en les voyant évoluer par petites touches et de vivre au jour-le-jour dans une époque reculée.

Mais une enquête du goupil est aussi synonyme d'action, d'interrogatoires, de fausses pistes et de guet-apens. Il y a aussi des scènes sanglantes comme pour faire écho à celles qui ont marqué la Révolution française. Léandre est entraîné dans une folle aventure où se mêlent bibliophiles sans scrupules, spiritisme et peut-être complot politique. Sous l'oeil protecteur du furet, désormais associé à Leterrier qui se révèle un détective efficace, sympathique et attachant, le goupil devra se rendre à Arras la ville natale de Robespierre pour résoudre une énigme à rebondissements.

Sylvain Larue est publiée par les Editions De Borée.

 

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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 18:36
Sylvain  LARUE

L'oeil du goupil : Léandre Philippe Lafforgue arrive à Paris le 7 septembre 1848 après un voyage en malle-poste depuis Auch dans le Gers. Il est porteur d'une lettre de recommandation pour un député des Landes susceptible de l'aider à retrouver son père qu'il n'a pas connu.  Léandre n'a que 21 ans, il est d'origine italienne, passionné par les livres et la littérature, épris de justice avec une forte personnalité et chanteur à ses heures. Sur les indications de son grand père René, il s'installe chez son grand oncle Constant propriétaire de l'hôtellerie du "Vieil Armagnac".

Le roman historique nous a peu habitué à explorer le milieu du 19ème siècle, une époque charnière et complexe pendant laquelle la France hésite entre révolution, monarchie et république. Le contexte politique constitue un fil conducteur solide de ce roman avec des explications claires. En 1848, Paris n'a pas encore connue les profondes transformations dirigées par le baron Haussmann et dans les pas de Léandre, le lecteur découvre une ville souvent grise et morne et croisera Georges Sand et Victor Hugo.

Le Palais-Bourbon ne va pas seulement permettre à Léandre de trouver la trace de son père. Dans ses couloirs, le héros va faire des rencontres qui constituent par la suite autant de personnages secondaires dont les portraits approfondis me laissent penser que le lecteur les retrouvera dans les suites de ce roman. Il y a des personnages fictifs, Eustache, un gamin espiègle et rusé qui va devenir avec ses copains, une sorte d'Irrégulier, non pas de Baker Street, mais des carrières de Belleville ( le site est connu de nos jours sous le nom des Buttes Chaumont ). Et puis il y a deux policiers maladroits, l'inspecteur principal Rodolphe Issy-Volny de la Sûreté générale ( créée par Vidocq ) et son adjoint l'inspecteur Leterrier. A cette époque, Eugène Cavaignac, Jules Grévy ou Lamartine sont des hommes politiques de premier plan.

Mais il ne fait pas bon déambuler dans les couloirs du Palais-Bourbon où les cadavres pleuvent. Il est dangereux d'être député de la Deuxième République. Les morts suspectes se multiplient sous l'oeil discret et soupçonneux du prince Charles Louis Napoléon Bonaparte, le neveu de feu l'Empereur. Il est député et craint pour sa sécurité. Léandre Laffargue va accepter de le protéger et devient un agent très spécial chargé de la défense du prince et des investigations que ce dernier lui commandera. Léandre suit un entraînement efficace, devient un as de l'escrime à la canne et de la boxe française avec sa variante la fameuse savate.

Le Goupil est né !

Place à l'aventure,à l'observation, à la déduction ! Place au polar ! Place à de nouveaux mystères de Paris.

Sylvain Larue et Léandre Lafforgue sont publiés par les Editions De Borée.

Bibliographie de l'auteur ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2017/09/sylvain-larue.html

 

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 12:10
Jean - Luc  BIZIEN  ( suite )

La main de gloire : à lire après le tome 1 ( voir ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2017/03/jean-luc-bizien.html ) afin de profiter des admirables portraits des protagonistes que l'on retrouve dans ce deuxième opus de la "Cour des miracles". Dés le prologue, le lecteur devine que cette fois-ci il va y avoir de l'action, ce sera sanglant.

L'Exposition universelle de 1889 bat son plein avec ses grands spectacles ( le cirque de Buffalo Bill ) et des attractions qui nous semblent aujourd'hui plus scandaleuses que distrayantes ( des indigènes sont présentés comme de vulgaires bêtes sauvages ). Et puis il y a l'audacieuse construction métallique qui part à l'assaut du ciel : la Tour Eiffel. L'Exposition est un fil conducteur, le lecteur y est transporté pour une visite colorée, festive, bruyante et vivante. Les découvertes ne manquent pas

Justement, parmi les découvertes, il y a une main momifiée, peut-être le talisman d'un voleur, "la main de gloire" est supposé protéger cette communauté. Puis les cadavres se multiplient, des corps mutilés avec à chaque fois une main tranchée. Un tueur en série sévit.

Les fameux limiers de la Sûreté, Léonce Desnoyers et son adjoint Raoul Ménard, sont tenus en échec. Ils n'ont plus qu'un recours, Simon Blomberg qui a bien besoin de cette énigme mystérieuse et sanglante pour redonner un sens à sa vie. Motivé par la perspicace et dynamique Sarah Englewood, l'aliéniste ne se contente pas de dresser le portrait psychologique de l'assassin, il se lance aussi dans la traque d'un tueur insaisissable. C'est le début d'une folle course-poursuite pleine de suspense, d'action et de rebondissements à chaque fois que le lecteur pense être sur la bonne piste.

Quelle fougue ! Quelle imagination ! Jean-Luc Bizien choisit soigneusement chaque mot pour construire des phrases qui accrochent et entraînent le lecteur dans un excellent moment de lecture.

 

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 12:46
Fabrice BOURLAND ( suite )

Suite des enquêtes des détectives de l'étrange :  http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2016/12/fabrice-bourland-suite.html

Le serpent de feu :  mai 1937, une enquête attend Andrew Singleton ( le narrateur ) et James Trelawney à Swindon dans le Wiltshire à l'ouest de Londres sur la route de Bristol, pour une énigme comme je les adore ! Ils ont été mandés par les jumeaux Nathaniel et Archibald Patterson, spécialistes de l'embaumement des dépouilles. Ils prétendent avoir trouvé la formule pour une momification moderne et parfaite. Un corps embaumé, celui de Stephen Flaxman décédé en 1926, parfaitement conservé, a été dérobé dans leur chambre forte. Le voleur est sans doute un concurrent désireux de déterminer les composants secrets utilisés par les frères Patterson. Mais lorsque les deux détectives découvrent que le portrait robot d'un meurtrier ressemble trait pour trait à Flaxman. Il faut se rendre à l'évidence, ce dernier a quitté la chambre forte par ses propres moyens après plus de douze années passées dans un sarcophage !

Grâce à une documentation sans faille et un style agréable , Fabrice Bourland nous fait monter dans la Midget de James Trelawney pour parcourir Londres paré de ses plus beaux atours pour le couronnement de Georges VI ( Édouard VIII avait abdiqué pour vivre avec Wallis Simpson ). En route pour les studios cinématographiques d'Islington où Alfred Hitchcock a commencé sa carrière, pour le cimetière de Kensal Green bâti sur le modèle du Père-Lachaise à la recherche d'une tombe par une nuit sans lune, pour une leçon de médecine au London Hospital, pour une fumerie d'opium du Chinatown de l'époque et pour les affreux quartiers de l'île aux Chiens.

Les pistes qui s'offrent aux détectives de l'étrange sont multiples, dangereuses et mystérieuses. La solution est-elle à trouver auprès des groupes fascistes anglais qui menacent l'ordre et la démocratie ou le coupable est-il un esprit capable de s'approprier des corps embaumés et de leur redonner vie ? Les connaissances d'Andrew en spiritisme et les pouvoirs du serpent de feu sont fondamentales pour résoudre ces énigmes. Pendant ce temps, le lecteur est transporté aux frontières du surnaturel !

 

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 16:23
Lee JACKSON

Lee M. JACKSON est anglais et travaille à la British Library of Political and Economic Science de Londres. Mais c'est surtout un spécialiste reconnu de l'Histoire sociale de Londres durant l'époque victorienne ( Victoria fut reine de 1837 à 1901 )  , créateur du site http://www.victorianlondon.org/ qui est une référence en la matière. Il écrit également des ouvrages historiques sur cette époque.

Lee JACKSON est aussi un auteur de romans policiers historiques très bien documentés dont le décor est bien évidemment l'immense cité londonienne dans la deuxième moitié du XIXème siècle où se côtoient les quartiers de la riche bourgeoisie traditionnelle et les bas-fonds d'un misérable prolétariat naissant. Ces ouvrages sont traduits en français et publiés chez 10/18 dans la réputée collection "Grands détectives".

Série inspecteur Decimus Webb :

- Le cadavre du Metropolitain ( Angleterre 2004 - France 2007 )

- Le jardin des derniers plaisirs ( 2005 - 2008 )

- Les bienfaits de la mort ( 2006 - 2007 )

Série Sarah Tanner :

- Une femme sans peur ( Angleterre 2007 - France 2009 )

- L'ange de Leather Lane ( 2008 - 2009 )

Autres romans :

- Les secrets de Londres ( Angleterre 2003 - France 2008 )

- Il était une fois un crime ( Angleterre 2011 - France 2011 )

 

 

 

Lee JACKSON
Lee JACKSON
Il est possible de suivre trois enquêtes de l'inspecteur Decimus Webb

Il est possible de suivre trois enquêtes de l'inspecteur Decimus Webb

La série "Sarah Tanner" compte deux titres

La série "Sarah Tanner" compte deux titres

Lee JACKSON
Après une tentative de suicide, Nathalie Meadows enquête sur la mort d'une chanteuse de music-all

Après une tentative de suicide, Nathalie Meadows enquête sur la mort d'une chanteuse de music-all

Qui a tué Dora ? Le lecteur suit l'enquête de la police et découvre le journal intime du principal suspect

Qui a tué Dora ? Le lecteur suit l'enquête de la police et découvre le journal intime du principal suspect

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 17:56
Jean - Luc BIZIEN

La chambre mortuaire : bienvenue dans le quartier Saint-Michel à Paris, rue Mazarine ! C'est ce qu'il faut souhaiter à Miss Sarah Englewood lorsqu'elle entre au service du professeur Simon Bloomberg, un personnage énigmatique vivant dans une maison mystérieuse dont les chambres d'un étage lui sont interdites. Les domestiques sont inquiétants et un couple de singes ne manquent pas d'effrayer la jeune anglaise. J'oubliais la femme de Simon Bloomberg, Elzbiéta, une archéologue, dont l'esprit plane en permanence sur la maisonnée alors qu'elle reste invisible. Nous sommes en juillet 1888, le lecteur découvre les débuts de l'étude des maladies du système nerveux et des moyens de les soigner. Simon Bloomberg, un psychiatre ? Pour l'époque, il est aliéniste. Il soigne et effectue des recherches, reçoit une clientèle hétéroclite dans ce qui ressemble fort à la Cour des miracles.

Comme dans un puzzle, des portraits plus vrais que nature se succèdent dans de courts chapitres dont la lecture est passionnante. Petit-à-petit une atmosphère mystérieuse et aussi sombre que le Paris de l'époque se crée. Des portraits, il y en a, au détour de chaque page, des personnages attachants ou repoussants, des situations caricaturales, instructives, comiques ou tragiques. Ce mélange hétéroclite attise la curiosité du lecteur, d'autant plus que la Sûreté entre en scène : l'inspecteur Léonce Desnoyers et Raoul Mesnard son adjoint, deux fins limiers.

La police est confrontée à la disparition d'un cadavre qui s'est comme volatilisé de la Morgue de l'île de la Cité. Augustin Piedvache qui doit veiller sur les macchabées a failli à sa mission. Encore un portrait d'anthologie ! Un suicide louche complète le tableau. L'enquête est lancée, le comportement de l'aliéniste intrigue jusqu'à le rendre suspect. L'enquête constitue un fil ténu mais il mène efficacement le lecteur vers un final où les surprises ne manquent pas.

Ce premier opus de la "Cour des miracles" est un modèle de roman policier historique ( présentation de l'auteur et de la série ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2017/01/jean-luc-bizien.html ).

 

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 17:54
Caleb  CARR

Le 8 janvier 1919, jour des obsèques de Theodore Roosevelt, 26ème président des Etats Unis, un de ses amis, John Schuyler Moore se souvient et raconte ...

L'aliéniste : mars 1896 à New York. Giorgio un jeune immigré qui se prostituait a été assassiné, son corps atrocement mutilé. Un crime de plus dans la violence de New York, la police n'est pas convaincue de l'intérêt d'ouvrir une enquête. Un crime de plus dans Lower East Side où la violence gronde, où les émeutes couvent, où règne la prostitution enfantine homosexuelle.

Mais cette fois le préfet de police Theodore Roosevelt veut que ce crime soit résolu coute que coute. Alors il contacte deux amis avec qui il a étudié à Harvard : John Moore qui est devenu journaliste chargé de la rubrique criminelle au New York Times, et Laszlo Kreizler. Ce dernier, fils d'immigrés de père allemand et de mère hongroise, a étudié la médecine avant de suivre des cours de psychologie à Harvard. Il dirige maintenant un Institut et y soigne de jeunes malades mentaux. On parlait alors d'aliénés. Laszlo Kreizler est devenu un aliéniste réputé.

Kreizler et Moore vont alors monter une équipe pour mener une enquête parallèle. Ils sont rejoints par Sara Howard qui fera office d'agent de liaison avec la police. Elle est habituellement secrétaire au QG de la police new-yorkaise où Roosevelt est préfet. Sara est une femme, elle ambitionne de devenir la première femme officier de police à New York. Ce trio est complété par les frères Marcus et Lucius Isaacson, juifs, sergents dans la police et adeptes décriés des techniques modernes d'investigation comme l'anthropométrie, la dactyloscopie ( études des empreintes digitales ) ou la graphologie. Le groupe installe ses quartiers au 808 Broadway.

Les particularités des mutilations relevées sur le cadavre de Giorgio permettent d'imputer d'autres meurtres à l'assassin. Les victimes sont toujours de jeunes immigrés. Sous l'impulsion de Laszlo Kreisler, les enquêteurs cherchent à cerner la psychologie du tueur, ils mènent pour ainsi dire une investigation à rebours en interprétant les indices et en vérifiant des hypothèses pour découvrir la personnalité et le passé du tueur avant de l'identifier. Cela donne lieu à d'épiques joutes verbales entre Laszlo et Sara qui se révèle une détective d'une habileté inattendue. John Moore le narrateur tient un rôle plus effacé dans l'enquête.

Plusieurs fois ils sont proches de l'arrestation. Ils doivent faire face aux entraves de l'Eglise épiscopale. Ils consultent un anthropologue. Fin mai 1896, ils sont au bureau des Affaires indiennes du Ministère de l'Intérieur à Washington. Ils tâtonnent, persévèrent. Et lorsque Laszlo Kreizler juge qu'ils connaissent le meurtrier aussi bien qu'il se connait lui même, ils sont au bon endroit et au bon moment pour un face-à-face avec l'assassin.

Ce long roman ne lasse jamais tellement les thèmes abordés par l'auteur sont nombreux, variés et approfondis. L'immersion dans le New York de la fin du 19ème siècle est criant de vérité et fait froid dans le dos. Le portrait de Theodore Roosevelt le rend très sympathique lorsqu'on le voit avec sa famille. Il se lancera en politique fin 1896.

 

 

Caleb  CARR
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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 17:53
Philippe MAYNIAL

L'Histoire compte de nombreux personnages sortis des mémoires malgré un destin hors du commun. C'est le cas de ...

Madeleine PAULIAC, l'insoumise :  le mérite de sa réhabilitation en revient à Philippe MAYNIAL qui dresse dans ce récit, inspiré du journal de Madeleine Pauliac et de témoignages de celles et ceux qui lui ont survécu, un portrait émouvant et vivant de sa tante que rien ne prédestinait à devenir une héroïne à la fin de la deuxième Guerre mondiale, si ce n'est cette volonté de sauver des vies qui déjà l'avait poussée à devenir médecin.

En 1939 Madeleine Pauliac, âgée de 27 ans, exerce à l'hôpital des Enfants-Malades après une thèse de médecine. Au printemps 1945 alors que la Paix se profile, Madeleine a participé à la Résistance, soigné et ravitaillé, elle a contribué à la libération de Paris. Mais il reste tant à faire. Dans le prolongement des accords de Yalta, la France a la possibilité de rapatrier près d'un demi-million de ses ressortissants dispersés sur les territoires polonais et soviétiques ( une carte au début du récit situe cette vaste zone ). Il faut agir au plus vite.

La Mission française de rapatriement en Pologne est créée le 1er mai 1945. Depuis Varsovie, à la tête d'un équipage d'une dizaine de jeunes conductrices ambulancières et d'infirmières, Madeleine Pauliac sillonne sur des routes mal entretenues une vaste zone pour récupérer, regrouper, soigner les français qui sont ensuite évacués vers la France par avion. Bientôt ce groupe de femmes est surnommé "l'Escadron bleu", c'est la couleur des uniformes donnés par les américains.  Il faut agir au plus vite, les jours de la mission sont comptés. L'Escadron bleu est présent lors de la libération des camps de concentration, il répare aussi l'horreur répandue par l'armée soviétique triomphante. Et puis un jour, un monastère au milieu d'une forêt. Toutes les soeurs qui y vivent ont été violées et il faut aider celles qui vont accoucher et s'occuper des nourrissons. Cet épisode dramatique a été porté récemment à l'écran. Le film "Les Innocentes" réalisé par Anne fontaine est sorti en février 2016, l'actrice Lou de Laâge y tient le rôle de Madeleine Pauliac.

Noël 1945, Madeleine est de retour en France. Avant qu'un Rideau de fer ne soit totalement refermé sur l'Europe de l'Est, elle veut repartir, sa mission n'est pas terminée. Elle reporte son mariage. Le 13 février 1946, Madeleine Pauliac trouvera la mort près de Varsovie sur une route polonaise verglacée. Son auto s'est écrasée contre un arbre, un décès à la fois tragique, banal et injuste.

J'ai été emporté par ce récit très bien documenté. Sa lecture est facile et rapide, un peu comme un roman d'aventures mais qui se termine tragiquement. Des planches illustrées permettent de donner un visage à des inconnues enfin réhabilitées. Les dates constituent des références précieuses, le temps défile tout comme la campagne polonaise à travers les vitres d'une ambulance de l'Escadron bleu. Les dialogues ajoutent de la véracité à ce récit qui permet aussi de croiser des personnages célèbres mais c'est bien Madeleine Pauliac qui marque enfin les mémoires.

Philippe Maynial, homme de cinéma, est publié par les Editions XO, voir ici http://www.xoeditions.com/ .

 

 

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 08:58
Philip  KERR  ( suite )

Une douce flamme : après quatre semaines de traversée depuis Gênes ( voir ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2016/07/philip-kerr-suite.html ), Bernhard Gunther débarque à Buenos Aires en juillet 1950 dans l'hiver froid et humide de l'hémisphère sud. Bernie est devenu le docteur Carlos Hausner.

Le lecteur comprend vite pourquoi l'Argentine a été terre d'asile pour d'anciens nazis en fuite. Ce pays a toujours accueilli de nombreux réfugiés, espagnols, italiens, juifs russes. L'admiration que voue le président Juan Perón et son épouse à l'Allemagne a fait le reste après la seconde Guerre mondiale. Juan Perón parle allemand, c'est un militaire formé par des instructeurs allemands. Le couple présidentiel, Juan et Evita Perón,  est très populaire mais son pouvoir repose aussi sur une dictature policière sournoise et efficace. Le directeur de la sécurité et du renseignement, le colonel Montalbàn, a étudié à Berlin vingt années avant.

Philip Kerr nous offre un second roman ... 1932, à cette époque Bernie était Inspecteur principal au Département 4 de la Police de L'Alexanderplatz à Berlin sous les ordres de Ernst Gennat un enquêteur particulièrement doué. En 1932, Hindenburg est président d'une faible et impuissante République de Weimar prête à être livrée à un nouveau chancelier qui pourrait être Adolf Hitler. Le pays est gangréné par les violences politiques, la traque des communistes, le racisme. Bernie est esseulé, favorable au SPD et au Front de Fer. Il déteste les nazis. Il enquête sur le crime d'une adolescente dont le corps a été atrocement mutilé. Elle était infirme, le contexte serait plutôt d'abandonner l'affaire, il fait l'objet de pressions. L'Allemagne ne devrait-elle pas plutôt se protéger et se purifier des handicapés comme le pense son adjoint Heinrich Grund ? Le temps est compté, l'instabilité politique ne présage rien de bon, la fin de la démocratie allemande est proche. Hitler devient chancelier le 30 janvier 1933, le Reichtag est incendié le 27 février 1933. Bernie est muté aux archives, son enquête n'aboutit pas. Il avait pourtant acquis la certitude que le meurtre était lié à des recherches sur la syphilis impliquant des dignitaires nazis. Il avait un suspect.

1950, Buenos Aires. Le colonel Montalbàn, lors de son séjour à Berlin vingt ans avant, avait connu de réputation l'Inspecteur Gunther. Il n'hésite pas à le solliciter pour élucider le meurtre de deux jeunes filles mutilées comme celle de Berlin en 1932. Le tueur de Berlin a-t-il émigré en Argentine ? Est-il mêlé à ces psychopathes SS devenus des gens ordinaires : Adolf Heichmann, Otto Skorzeng, Joseph Mengege alias docteur Mengele, Hans Kammer ... ?

Le docteur Carlos Hausner redevient le détective Bernie Gunther pour nous dévoiler un visage peu reluisant de l'Argentine à cette époque, depuis la personnalité de Juan Perón et de son épouse, jusqu'à la disparition de jeunes juives en passant par les fortunes des juifs spoliés que certains nazis voudraient bien récupérer pour financer la renaissance de leur idéologie.

Le suspense et les rebondissements de l'enquête de Bernie sont au détour de chaque page tout comme les révélations historiques de deux époques clés, la montée du nazisme et son déclin en Argentine.

Bernie Gunther, en 1932 et en 1950, "Une douce flamme", un excellentissime roman. "Tous les allemands portent en eux l'image d'Adolf Hitler, dis-je. Même ceux qui comme moi, le haïssent, lui et tout ce qu'il représentait. Ce visage, avec ses cheveux ébouriffés et sa moustache en timbre-poste, continue de nous hanter, aujourd'hui encore et à jamais, et, telle une douce flamme impossible à éteindre, brûle dans nos âmes. Les nazis parlaient d'un Reiche de mille ans. Mais, parfois je me dis qu'à cause de ce que nous avons fait, le nom de l'Allemagne et les allemands sont couverts d'infamie pour mille ans. Qu'il faudra au reste du monde mille ans pour oublier. Vivrais-je un millier d'années que jamais je n'oublierais certaines choses que j'ai vues. Et certaines de celles que j'ai commises."

 

 

Philip  KERR  ( suite )
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Published by mille et une histoires - dans histoire des 19 et 20èmes siècles
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