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28 mars 2024 4 28 /03 /mars /2024 09:15
Jérémy BOUQUIN - Sherlock Holmes et les mystères de Lorraine

Sherlock Holmes est de retour ! Le célèbre détective reprend du service en Lorraine durant l’été 1909. Jérémy Bouquin le fait sortir de sa retraite consacrée à l’apiculture pour enquêter à Nancy dans un contexte très crédible.

Sherlock Holmes à Nancy en 1909. C’est possible, cette année-là s’y tient L’Exposition internationale de L’Est de la France et une importante délégation britannique y séjourne. Sherlock Holmes se passionnant pour une affaire criminelle qui à l’époque défraie la chronique ? C’est possible, à l’époque la criminelle Jeanne Weber est internée à l’asile d’aliénés de Maréville.

La jeune journaliste Suzanne Edrige s’intéresse à Jeanne Weber. Ce n’est pas facile pour une jeune femme de se faire une place dans le monde de la presse au début du XXème siècle. Elle ambitionne de traiter les grandes affaires criminelles de l’époque, ce qui n’est pas du gout du rédacteur en chef du Lorrain. Mais Suzette est forte tête et refuse d’être reléguées à des tâches subalternes. Suzette est observatrice et elle n’a pas manqué de repérer cet anglais âgé mais encore alerte qui s’intéresse également à la tueuse Jeanne Weber. 

Suzette tient un scoop : le célèbre détective Sherlock Holmes est à Nancy ! Il n’est pas facile d’approcher Sherlock Holmes mais Suzette est opiniâtre. Il n’est pas facile de gagner la confiance de Sherlock Holmes lorsqu’on est une jeune femme un peu garçon manqué. Suzette réussit à se faire remarquer par l’illustre détective et va l’accompagner pour reconstituer le parcourt criminel de Jeanne Weber dont la police de l’époque n’a pas réussi à reconstituer toute l’horreur. Sherlock Holmes travaille sur les logiques suivies par les prédateurs en série et ses observations et ses déductions sont mises à rude épreuve lorsqu’il faut démêler le réel des superstitions et traquer les gangsters de l’époque, sans l’aide de Watson et sous la menace de Lestrade.

Arthur Conan Doyle est un maître du roman à énigme. Jérémy Bouquin fait plus que mettre en scène Sherlock Holmes. Son récit est aussi un roman policier historique avec tout ce que cela suppose comme recherches pour réussir à reconstituer avec véracité un début de XXème siècle gagné par la course à la guerre, avec ses inégalités sociales et ses luttes syndicales, une grande pauvreté et des femmes reléguées à un second rôle.  

Jérémy BOUQUIN – Sherlock Holmes et les mystères de Lorraine . Parution aout 2023 , Geste Éditions . ISBN 979-10353-2081-2 . Exemplaire lu dédicacé par l’auteur, salon Jours de polar, Darvoy (45) ,  octobre 2023.

Présentation éditeur

1909, le climat social et politique est tendu. L’Alsace et une partie de la Lorraine sont annexées. L’heure n’est pas complètement à la fête. On parle de revanche, d’une course à l’armement… 

Présent dans la délégation anglaise à l’exposition internationale de l’est de la France, le fameux détective privé rend visite à Jeanne Weber. Elle est internée à l’asile. Cette nourrice aurait étouffé plusieurs enfants. Loin d’être à la retraite, il semble bien être là pour y tester une nouvelle méthode d’enquête. Il serait même tombé sur une nouvelle piste. L’Ogresse de la goutte d’or aurait vu le Craqueuhhe ! Accrochée à ses basques, la pugnace Suzanne va donc l’aider. Cette journaliste compte bien démontrer qu’elle a beau être une femme, elle a toute sa place pour écrire de grands récits criminels.

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14 mars 2024 4 14 /03 /mars /2024 16:13
Claude VERMOT - Sur la piste du troisième homme

Claude Vermot construit son récit sur une page sombre de l’Histoire de France. En septembre 1933 un parti fasciste est créé. Il s’agit du Parti franciste de Marcel Bucard. Marcel Bucard n’est pas antisémite et se revendique de Mussolini qui finance ce nouveau parti politique français. Puis l’auteur imagine une habile fiction.

Un adjoint de Bucard est assassiné, des documents attestant les liens du Francisme avec le fascisme italien lui ont été volés. Bucard et le capitaine Dehan le responsable du service d’ordre et de renseignement du Parti franciste demandent à un détective privé de retrouver ces documents compromettants. Maxime Pradier est un privé perspicace, un ancien flic qui n’était pas comme les autres. Pradier est un privé avec une belle secrétaire qui va lui apporter une aide efficace surtout lorsque les cadavres commencent à s’accumuler. Pradier n’a qu’un indice à sa disposition, une photo où figure deux assassinés et un troisième homme. Pradier se lance sur la piste de ce troisième homme.

Dans les années trente, le fascisme s’implante partout, sur les ruines de la Grande Guerre et parmi une population traumatisée physiquement et psychologiquement. Toute une génération masculine a connu les effroyables combats et côtoyée la mort. Ces traumatismes, la fraternité liée aux souvenirs des combats victorieux, l’admiration de l’ordre et de la hiérarchie, le besoin d’épancher sa haine sur le nouvel ennemi communiste, tous ces sentiments alimentent et enrichissent le portrait des personnages dans un tableau très noir de cette époque et pas seulement lorsque Pradier pour les besoins de son enquête rejoint l’Aisne et les champs de batailles encore visibles.

Claude Vermot construit son récit avec les codes du roman noir : le détective privé et ses entrées utiles dans la police et auprès des journalistes, un indic à tout faire sympathique, des passages à tabac et une justice expéditive. Le détective privé Pradier est le narrateur désabusé avec une subtile pointe d’humour de ses aventures solidement ancrées dans l’Histoire avec des personnages énigmatiques et dans lesquelles les surprises ne manquent pas.

Claude VERMOT – Sur la piste du troisième homme . Parution le 17 janvier 2024, Éditions Ex Aequo . ISBN 979-10-388-0803-4 .

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27 février 2024 2 27 /02 /février /2024 10:30
Pierre OLIVIER  -  Lorsque tous trahiront

Début février 1945, les derniers représentants de la collaboration avec le nazisme se sont regroupés sur un bout de terre dans le sud de l’Allemagne près du lac de Constance devenu enclave française. A Sigmaringen se terrent Laval et Pétain . Les villages alentour hébergent tout ce qui reste de la France collabo, lambeaux de partis politiques fascisants, paramilitaires de la Milice, survivants de la LVF ayant combattu jusqu’aux portes de Moscou. Pierre Olivier réussit très bien à restituer l’ambiance surréaliste qui règne dans ce qui n’est qu’une étape d’une débâcle générale et inéluctable et signe d’une défaite évidente. Sigmaringen c’est un gouvernement provisoire qui ne dirige rien, un journal que personne ne lit, une radio pour la propagande que plus personne n’écoute et des intellectuels insouciants. Plus étonnant encore il y a ceux qui préparent un nouveau combat, clandestin pour résister au nouvel occupant de la France.

Le chef est mort. Le 22 février 1945 Jacques Doriot chef du PPF a été tué lors d’une attaque aérienne alors qu’il se rendait en voiture à une réunion avec Marcel Déat. A Sigmaringen, il y a un flic qui se pose des questions, un flic qui trouve plein de choses bizarres dans ce qui a précédé la mort du chef. Ce flic, c’est un ancien des RG, Brigade Spéciale n°2, spécialisée dans la traque des communistes. Un lieutenant de la LVF, uniforme boche sur le dos, l’accompagne. C’est le narrateur. Pierre Olivier dresse des portraits sans concession, le plus souvent de gens ordinaires qui auraient pu rester dans l’anonymat et qui ont fait le choix de trahir pour gagner de l’importance. Le lieutenant a combattu contre l’Allemagne en 14-18, il a revêtu l’uniforme de l’ancien ennemi pour combattre le bolchevisme, à aucun moment il n’a pensé qu'il reniait son pays.

Le lecteur suit ce lieutenant dans deux enquêtes. La première concerne ce qu’il pense être l’assassinat de Doriot. Le lieutenant agit par conviction, par respect pour le chef. Son autre mission lui a été confiée par le Hauptsturmführer SS Nosek qui souhaite identifier des agents français travaillant pour les américains. A l’origine ces agents travaillaient pour les nazis en fournissant de fausses informations aux alliés. Cela s’appelle de l’intoxication. Mais ces agents ont été retournés par les américains qui veulent avoir accès à des renseignements fournis par les traîtres allemands. La trahison règne au quotidien au sein de la communauté française de Sigmaringen. Poursuivre le combat contre les alliés n’est qu’une façade pour les exaltés, tous les collabos n’ont qu’une idée en tête, trouver un échappatoire au jugement et aux peines qui se profilent. Certains s’emploient à se forger un passé de résistant, même tardif. D’autres veulent fuir, la Suisse, l’Italie ou l’Autriche sont proches de Sigmaringen. Les militaires allemands aussi trahissent ou fuient, pour sauver leur peau.

Le lieutenant est le dernier à vouloir mener à bien ses missions. Un salaud jusqu’au bout. Pierre Olivier n’a pas choisi un héros facile mais il réussit très bien à restituer une ambiance où personne ne veut plus tenir son rôle. « Lorsque tous trahiront » est un titre qui convient parfaitement aux situations décrites et à la psychologie de personnages voulant à tout prix échapper à la justice des hommes alors que les véhicules des militaires alliés se profilent à l’horizon. Ces militaires alliés ne sont pas totalement opposés à revoir leur attitude face à l’ennemi d’aujourd’hui qui ne sera pas forcément celui de demain. Une ambiance surréaliste et machiavélique.

Cet excellent roman ( mélange de polar et d’espionnage, avec un lien fort avec l’Histoire, c’est également un roman noir ) m’a fait repenser au récit d’Émile Brami intitulé «En collaboration » ( voir ICI ) et qui explore avec autant de véracité la communauté française de Sigmaringen.

Pierre OLIVIER  -  Lorsque tous trahiront . Parution le 12 octobre 2023, Éditions La manufacture de livres en coédition avec les Éditions Konfident . ISBN 978-2-3855-3024-2 .

Pour ce roman, Pierre Olivier a été le premier lauréat du Prix du roman d’Espionnage décerné par l’Amicale des anciens des services spéciaux .

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12 février 2024 1 12 /02 /février /2024 12:30
Cay RADEMACHER : "Le faussaire de Hambourg"

C’est le dernier volet de la trilogie hambourgeoise. Voir ma chronique sur le deuxième tome ICI .

Franck Stave quitte la Criminelle de Hambourg. Trop dangereux !

Juin 1948, l’Oberinspektor Stave a choisi l’Office de lutte contre le marché noir, le Chefamt S. Un poste qui devrait être plus calme d’autant plus qu’une nouvelle monnaie va entrer en vigueur en Allemangne, le Deutschemark remplace le Reichsmark avec la promesse de voir se remplir les magasins. L’âge d’or du marché noir touche sans doute à sa fin.

Sa première affaire ressemble fort à un cold case. Une rafale de vent a abattu un pan de mur découvrant un squelette humain avec à ses côtés une statue. Le cadavre ce n’est plus l’affaire de Stave ( il laisse l’affaire au sinistre Dönnecke et sa réputation d’ancien nazi ) mais l’œuvre d’art est désormais de son ressort. Le bombardement du quartier remonte à juillet 1943 et a détruit d’autres statues. Que faisaient-elles dans un immeuble de bureaux ?

Une autre mission attend l’Oberinspektor Franck Stave, elle lui est confiée par son ami écossais le lieutenant James C. MacDonald. Alors que la mise en service du Deutschemark n’est toujours pas effective, la nouvelle monnaie fait déjà le bonheur des faussaires. Des billets totalement fantaisistes circulent. Et s’ils avaient l’aspect des futurs Deutschemark ? Dans tout ce mélange de billets, comment les citoyens allemands vont-ils reconnaître les vrais ? L’enquête de Stave sur ce trafic est une habile trouvaille de Cay Rademacher pour coller à l’Histoire de l’après Seconde guerre mondiale. C’est un tournant dans le quotidien des hambourgeois pour qui l’espoir n’est plus seulement un rêve. L’espoir devient enfin confiance en l’avenir et confiance en leur pays.

L’enquête de Franck Stave dans le monde de l’art se présente mal, il n’y connait rien. Profitant de l’inaction de Dönnecke, il va progresser en s’intéressant au cadavre. Le squelette va donner une piste grâce aux compétences du légiste Czrisini. Il bénéficie aussi de l’aide efficace d’un jeune Schupo qui rêve de travailler à la Crim’. Grâce à son ami Anna von Veckinhausen, Franck va mettre à jour un trafic d’œuvres d’art censurées remontant au Reich nazi et qualifiées « d’art dégénéré ».

La trilogie hambourgeoise est un polar historique de grande qualité avec des fictions criminelles passionnantes qui servent à explorer un contexte historique qui avec l’après-guerre à Hambourg en zone d’occupation britannique, sort des sentiers battus berlinois beaucoup plus largement explorés par la littérature policière.

 Cay RADEMACHER  -  Le faussaire de Hambourg , titre original «Der Fälscher » , Allemagne 2013. Traduit de l’allemand par Georges Sturm pour les Éditions du Masque en janvier 2019, ISBN 9782702445655. Réédition au format poche en janvier 2020, Éditions du Masque, ISBN 9782702449431 .

La trilogie hambourgeoise est reprise en un seul volume en novembre 2019, Éditions du Masque, ISBN 9782702450918.

Cay RADEMACHER : "Le faussaire de Hambourg"
Cay RADEMACHER : "Le faussaire de Hambourg"
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9 février 2024 5 09 /02 /février /2024 17:20
Melvina MESTRE  -  Crépuscule à Casablanca

J’aime les romans policiers historiques car c’est un moyen efficace de découvrir l’Histoire. Melvina Mestre réussit habilement à mêler une enquête crédible et à nous faire découvrir le Protectorat français du Maroc mis en place en 1912. Pour faire simple, ce protectorat était censé garantir des prérogatives de politique intérieure au sultan du Maroc, la France restant décideuse en matière diplomatique et assurant protection au territoire marocain.

Casablanca, 1951. Gabrielle Kaplan est détective privée et se voit confier une mission aussi simple que louche. Un riche homme d’affaires, Henri Delmas, lui demande de dérober  une enveloppe dans une maison vide, cela l’aidera dans la procédure de séparation d’avec sa femme. Tout se passe bien, l’enveloppe est placée dans une serviette en cuir qui reste à échanger discrètement avec une autre serviette identique. Et  les problèmes commencent et les cadavres s’amoncellent.

Melvina Mestre est fidèle aux codes du roman noir. L’enquête d’une privée qui tourne mal, une privée avec une secrétaire qui l’appelle « boss » et qu’elle a du mal à payer, une privée avec des indics bons à tout faire. Une privée qui a ses entrée dans la police auprès d’un commissaire Renaud complaisant et attentionné face à cette détective belle et charmante.

Gabrielle Kaplan ne fait pas dans le hard-boiled. C’est une femme sensible, attentive à sa tenue, elle ne fume pas et son l’odorat délicat lui permet d’identifier les parfums les plus luxueux. Mais la détective est perspicace et tenace. Et c’est tant mieux car son affaire de sacoche en cuir est complexe et dangereuse, Delmas a disparu et elle doit affronter des truands corses et des suiveurs aux allures de barbouzes. La sacoche en cuir attise toutes les convoitises et le divorce de Delmas se transforme en affaire politique très plausible et jalonnée de personnages bien réels.

L’enquête de Gabrielle Kaplan est une véritable course-poursuite. Pas un instant de répit, le suspense est au rendez-vous. Mais plus que tout j’ai été conquis par le regard de Gabrielle sur Casablanca. La ville blanche est un personnage à part entière où les quartiers populaires côtoient des villas luxueuses. Casablanca c’est aussi la tolérance religieuse, un dynamisme économique certain et une architecture moderne pour l’époque. Mais Casablanca a aussi une face sombre avec un luxe ostentatoire et une présence française qui tourne au despotisme avec une administration raciste et corrompue. L’indépendance n'est aucunement une question, le général Juin, Résident général implacable, y veille quitte à employer la force. Cette page d’Histoire, détaillée depuis la Seconde Guerre mondiale, se devait d’être approfondie et Melvina Mestre réussit habilement à l’insérer dans une fiction distrayante et crédible. Il va y avoir une suite en mars prochain et c’est tant mieux.

Melvina MESTRE – Crépuscule à Casablanca. Parution mars 2023, Éditions Points. ISBN 978-2-7578-9991-5 . Exemplaire lu dédicacé le 18 novembre 2023, Salon Noir sur Ormesson.

Melvina MESTRE  -  Crépuscule à Casablanca
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29 janvier 2024 1 29 /01 /janvier /2024 16:29
Alexandre COURBAN  - Passage de l'Avenir, 1934

Pour bien rentrer dans l’histoire, j’ai effectué quelques recherches sur l’époque et les lieux choisis par l’auteur comme cadre de son premier roman.  En 1934 le Front populaire n’est pas encore élu mais l’union est en marche et tout particulièrement lors des manifestations dans le sud-est du 13ème arrondissement de Paris dont l’Histoire se confond avec la ville d’Ivry. La plus grande pauvreté règne dans la Cité Jeanne d’Arc et ses immeubles insalubres où des familles vivent dans le plus grand dénuement. Le secteur est un bastion communiste. Sur une vieille carte j’ai situé le passage de l’Avenir, non loin d’une immense sucrerie, la raffinerie de la Jamaïque ou raffinerie Say. Dans l’Histoire de cette raffinerie, il y a un directeur dont le prénom est Ernest. Le vrai Ernest a été en poste jusqu’en 1905 et son destin est identique à celui du directeur de 1934 imaginé par Alexandre Courban. J’adore lorsque l’Histoire sociale et humaine est le fil conducteur d’un récit. Avec Passage de l’Avenir, 1934 j’ai été comblé. L’Histoire permet de sublimer le polar et le roman noir.

Février 1934, le corps d’une jeune femme est repêché de la Seine. La thèse de la mort accidentelle ne convainc pas le taciturne commissaire Roger Bornec mais pour progresser dans son enquête il lui faudrait identifier la victime ce qui s’avère quasi impossible, le quartier Jeanne d’Arc accueille une population anonyme venue de France et d’Europe, main d’œuvre exploitée dans les usines du secteur. Bornec a fait passer des articles dans les journaux mais la victime reste inconnue. Un avis de recherche a été publié dans l’Humanité où travaille Gabriel Funel, depuis dix ans journaliste, il est le responsable de la rubrique social du quotidien communiste.

L’enquête sur la noyée de la Seine est dans une impasse. Pendant ce temps les manifestations se multiplient. Les revendications sont multiples que ce soit dans le domaine social ou pour combattre le fascisme attisé par la situation en Allemagne. Gabriel Funel est en première ligne, en temps que militant et comme journaliste. Bornec mène la police lors de perquisitions et procède à des arrestations. Le peuple est dans la rue et chante La Jeune Garde. Cette situation caractérisée par une  violence d’Etat implacable entre février et juin 1934 est très bien mise en valeur par l’auteur.

Bornec est un flic opiniâtre qui n’abandonne pas ses investigations sur la noyée de la Seine. Deux clochards ont vu des choses. Un accident du travail survenu parmi le personnel va l’amener à s’intéresser à la raffinerie de la Jamaïque. Le journaliste Funel a mis le doigt sur une affaire de spéculation et d’enrichissement personnel, un scandale va agiter la raffinerie de la Jamaïque. Les enquêtes de Bornec et Funel se rejoignent. Entre temps le lecteur a croisé un sinistre militant des Croix-de-Feu et la jeune et belle militante Camille que l’on espère revoir dans une suite.

Ce roman est d’une richesse exceptionnelle. Histoire et polar y font bon ménage. C’est aussi un retour sur les luttes sociales annonçant le Front populaire, à ma connaissance une période peu explorée par le roman noir. C’est aussi un hommage à la presse écrite de l’époque, l’Huma en tête mais d’autres titres sont évoqués pour traduire la diversité des opinions. C’est un roman érudit, très bien écrit avec des dialogues teintés de mots d’argot bien choisis. Des personnages fictifs attachants côtoient des personnages historiques pour faire vrai. Ernest le directeur de la raffinerie de la Jamaïque personnalise à lui seul la face noire d’une société capitaliste qui aujourd’hui n’a pas complètement changé.

Alexandre COURBAN – Passage de l’Avenir, 1934 . Parution le 25 janvier 2024, Édition Agullo, collection Agullo Noir. ISBN 978-2-38246-105-1 .

© Plan de Paris par arrondissement ; Bois de Boulogne , Métropolitain, édition L. Guilmain à Paris

© Plan de Paris par arrondissement ; Bois de Boulogne , Métropolitain, édition L. Guilmain à Paris

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8 janvier 2024 1 08 /01 /janvier /2024 13:33
Maxime GILLIO - Rouge armé (Post frontière)

Je rencontre de nombreux auteurs dans des salons littéraires. J’achète beaucoup de livres et je n’ai pas le temps de tous les lire, c’est ce qui s’est passé avec « Rouge armé » acquis en 2019. Rentrée littéraire 2023, un titre attire mon attention. « Post frontière », le quatrième de couverture ne m’est pas inconnu. Quelques recherches, il s’agit de « Rouge armé » la même histoire dont la rédaction a été revue par Maxime Gillio ( ma comparaison se limite au prologue et aux deux premiers chapitres que l’on peut consulter sur le site de Talent Éditions ). J’ai lu « Rouge armé » exemplaire dédicacé par l’auteur.

Ce récit met en scène trois femmes. Avec Anna et Inge, c’est l’Histoire qui défile, celles d’époques pas si lointaines. Anna est allemande des Sudètes en Tchécoslovaquie. Une frontière séparant une origine commune et la frontière a été un des prétextes à la Seconde guerre mondiale. A la fin du conflit, Anna a migré vers l’Allemagne. Réfugiés et migrants ne sont jamais bien accueillis, c’est encore le cas aujourd’hui.

2006. Patricia Sammer est journaliste au Spiegel. Alors qu’un de ses collègue investigue sur un tueur, Patricia a choisi d’enquêter sur la réunification des deux Allemagne qui est dans tous les esprits alors que les révélations des archives de la Stasi interrogent. Patricia est intriguée par le parcours d’Inge qui a fui l’Allemagne de l’Est en 1969 avant d’y revenir en 1977. Patricia rencontre Inge et lui demande de raconter son histoire. Le titre « Post frontière » prend tout son sens.

L’histoire d’Inge se confond avec l’Histoire des Allemagne, de l’Est et de l’Ouest. Un même peuple séparé par un rideau de fer et par un mur à Berlin. Un même peuple qui va pendant quelques décennies s’envier, se détester et s’aimer à la fois. Inge parle de propagande, d’une dictature insidieuse. C’est la RDA.  Il y a des violences à la frontière entre l’Est et l’Ouest, des morts. Passer à l’Ouest, c’est un rêve mais une fois la frontière franchie il y a aussi des déceptions et également des violences. La contestation aboutit à la lutte armée durant les années 1970 et la RFA en paie un lourd tribut. Le titre « Rouge armé » prend tout son sens.

La personnalité de Patricia questionne. Son comportement vis-à-vis d’Inge est changeant, parfois il ressemble à une relation mère-fille, il peut être aussi conflictuel. Le passé de la journaliste se dévoile par bribes, comme celui d’Inge, avec ses zones d’ombre, des pleures et des joies. Maxime Gillio donne au lecteur les pièces d’un puzzle. C’est intrigant, plein de suspense et de surprises. Le tableau final illustre une tragédie, à la fois historique et personnelle. L’auteur maitrise à la perfection ce final.

Maxime GILLIO – Rouge armé. Éditions Ombres noires, parution novembre 2016. ISBN 9-782081-378520. Réédition août 2023 ( avec une rédaction revue ) sous le titre « Post frontière » Talent Éditions . ISBN 978-2-37815-349-6.

Maxime GILLIO - Rouge armé (Post frontière)
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4 janvier 2024 4 04 /01 /janvier /2024 10:07
Éric DECOUTY - L'affaire Martin Kowal

Au début de la fictive affaire Martin Kowal, il y a l’assassinat bien réel à Paris de Joaquín Zentano Anaya ambassadeur de Bolivie en France le 11 mai 1976. Cet ambassadeur « avait été auparavant ministre des Affaires étrangères et général en chef de l’armée bolivienne. Le 10 octobre 1967, il figurait sur la célèbre photo du cadavre du Che Guevara, et aurait été le donneur d’ordre de son exécution ». La revendication de l’assassinat parisien par de mystérieuses et inconnues Brigades internationales Che Guevara est crédible et laisse planer la menace d’un terrorisme d’extrême-gauche jusqu’alors absent de l’hexagone.

Il fallait bien toute l’expérience d’un journaliste d’investigation comme Éric Decouty pour distiller les informations peu connues ou oubliées que cachent cette affaire d’état. L’auteur n’a pas choisi la facilité dans sa fiction. Pour mener l’enquête il aurait justement pu choisir un journaliste, libre de toute institution gouvernementale. Il emprunte une voie plus complexe, celle des enquêteurs officiels et ils ne manquent pas dans son récit.

L’assassinat d’un représentant de l’État bolivien mérite bien une coopération exemplaire entre tous les services français, c’est ce qui est demandée aux RG, à la DST et à la PJ avec la Crim et les Stups sous l’autorité d’un juge d’instruction. Le gouvernement de l’époque demande des résultats rapides, le Ministre de l’Intérieur Michel Poniatowski et le directeur général de la Police nationale Robert Pandraud entrent en scène ainsi qu’un mystérieux conseiller de la présidence au passé trouble et agissant dans l’ombre. Le groupe d’enquête des RG est dirigé par le jeune inspecteur Martin Kowal. Je ne me souviens pas avoir lu un récit d’investigations mené par tant d’intervenants. Pas étonnant qu’une guerre des polices s’installe, elle servira à mieux cacher ce que les politiques souhaitent garder secret. En politique cela s’appelle le secret défense.

Patience et discrétion résument bien le monde des RG. Planques et filatures ne sont pas source de suspenses et rebondissements pour le lecteur. Il n’y a pas de juge pour contrôler les relations avec les indics qui attendent bien sûr une compensation en échange de leurs infos. Il faut infiltrer, ces opérations exigent beaucoup de tact dans des relations humaines où la frontière avec la trahison est floue. Le lecteur n’est pas vraiment dans le polar et ses codes familiers, il est plus proche du monde de l’espionnage avec sa complexité et l’impatience qu’il faut contenir avant d’arriver à un épilogue long à se dessiner. L’auteur est habile et la retranscription de rapports et de notes apportent de la véracité au récit et aident le lecteur à y voir plus clair.

Éric Decouty réussit à installer une ambiance permettant de fluidifier une enquête particulièrement complexe et riche en impasses que le pouvoir politique s’évertue à créer. Cette ambiance est alimentée par l’actualité de l’époque, pas seulement la sécheresse de 1976 mais aussi des évènements bien réels qui constituent autant de grains de sable dans les rouages d’un quotidien politique beaucoup moins lisse que ce qui a été offert à la mémoire collective. L’auteur parle par exemple du casse du siècle de Spaggiari et de l’assassinat du prince Jean de Broglie. Pendant ce temps le lecteur peut être frustré lorsque « l’enquête bolivienne » est hâtivement arrêtée mais considérée comme une réussite par les politiques.

La personnalité du solitaire et mélancolique Kowal est tourmentée et ses nuits folles suscitent de l’étonnement. Les secrets de son passé familial ( son père a été discrédité des RG pour avoir collaboré avec l’OAS ) alimentent la résolution de l’énigme que l’opiniâtre Martin Kowal veut poursuivre coûte-que-coûte même à la limite de la légalité. L’aide de son adjoint Chouchayan, l’ancien des RG expérimenté et perspicace, est déterminante.

La lumière se fait lentement, les recherches de Martin sont devenues officieuses et courent jusqu’en avril 1978. Durant cette période le lecteur a voyagé en Espagne et posé son regard sur l’Amérique du Sud où de violentes dictatures volent le pouvoir démocratique. La vérité est détaillée dans une note historique de l’auteur à la fin du livre. Elle fait froid dans le dos et encore plus lorsque le lecteur choisit d’approfondir le sujet en consultant les vidéos évoquées par l’auteur.

Le lecteur de « L’affaire Martin Kowal » doit être patient face à la complexité du récit d’Éric Decouty mais la récompense est à la hauteur lorsque la lecture s’achève. Le roman noir montre une fois encore toute sa capacité à rétablir la vérité historique

Éric DECOUTY  -  L’affaire Martin Kowal . Parution le 5 octobre 2023, Éditions Liana Levi. ISBN 9-791034-908233 .

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28 décembre 2023 4 28 /12 /décembre /2023 13:48
Christos MARKOGIANNAKIS - Scènes de crimes au Louvre

Les représentations de scènes de crime dans l’art ne manquent pas. Christos Markogiannakis a appliqué ses connaissances en criminologie dans l’étude de scènes de crime figurant sur des œuvres d’art exposées au Louvre . La première œuvre étudiée ( une stèle mésopotamienne datée de la période 1792-1750 Av JC ) sert d’avertissement ( aux assassins ! ) car elle représente un des plus anciens codes règlementaires connu. Tout crime sera puni, à l’époque il est appliqué la loi du talion ( lex talionis ) « œil pour œil , dent pour dent ». Il s’en suit une étude de 26 crimes représentés par des sculptures ( 2 ),  des vases ( 4 ) et des peintures sur toile ou autres supports.

La premier intérêt de cet ouvrage qui sort vraiment de l’ordinaire, incite le lecteur à examiner dans le détail les belles photos sur papier glacé et le plus souvent en couleur de ces œuvres. Néophyte, j’ai adoré être guidé par l’érudition de l’auteur mais aussi par ses commentaires simples. Chaque texte explicatif d’une œuvre est court, en général 3, 4 ou 5 pages. Des caractéristiques bien choisies, quelques mots sur le contexte historique, c’est suffisant pour regarder d’un autre œil ces œuvres d’art.

Le second intérêt est bien sûr criminalistique et l’amateur de roman policier, d’enquêtes  et de procédures retrouve ses marques lorsque l’auteur fait parler les indices, ose un mobile, met en évidence des témoins et identifie un coupable parfois en distinguant le meurtrier et le commanditaire. Il est question de vengeance, de préméditation, de crime politique, de crime de masse,  d’infanticide. Il pose une question inattendue : Thésée était-il un tueur en série ?

L’auteur parle bien sûr de « Marat assassiné » ( 1794 – atelier de Jacques-Louis David ) mais le peintre David n’a pas représenté le coupable dont le nom est cependant bien connu. Charlotte Cordet est représentée sur des toiles plus récentes ( Paul Baudry en 1860 ou Edvard Munch en 1907 ).

J’ai éprouvé un intérêt particulier à l’étude du tableau de Paul Delaroche « Les enfants d’Édouard (1931) représentant Édouard V, roi mineur d’Angleterre et Richard duc d’York, son frère puîné. Ces deux enfants ont disparu, peut-être assassiné par Richard III qui va régner à la place de son neveu Édouard V. De nos jours pour aider à progresser dans la résolution de cette énigme historique, des analyses ADN pourraient être conduites sur des ossements mais aucune autorisation n’a été accordée. A qui profite ce régicide ? C’est une autre histoire, très controversée. Shakespeare en a écrit une version. Une autre est l’oeuvre  de Joséphine Tey et a pour titre « La fille du temps » , un formidable polar dont je parle ICI  .

Les récits de Christos Markogiannakis sont passionnants et instructif dans un domaine artistique peu exploré dans la littérature policière. Une approche inédite. 27 œuvres – 27 chapitres qu’il est facile de lire et intéressant de relire, aujourd’hui ou demain ou dans longtemps. De magnifiques photos à voir et revoir et à graver dans sa mémoire.

Scènes de crimes au Louvre – Christos MARKOGIANNAKIS . Éditions Le Passage ( 2017 – réédité en 2022 ). ISBN 9-782847-424928.

Christos Markogiannakis a récidivé en publiant en 2018 « Scène de crime à Orsay »

Christos MARKOGIANNAKIS - Scènes de crimes au Louvre
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13 décembre 2023 3 13 /12 /décembre /2023 17:32
Harald GILBERS  -  De sang et d'acier

C’est la sixième enquête du commissaire Oppenheimer ex-commissaire de la Kripo de Berlin. Il a survécu à la Seconde Guerre mondiale et depuis le quatrième titre il reprend progressivement du service alors que Berlin, de plus en plus divisé, peine à se reconstruire.

Juin 1948, un enfant découvre une jambe humaine sur les rives de la Sprée. Puis ce sont des viscères humains qui sont jetés depuis un pont. Oppenheimer en est persuadé, un tueur en série sévit à Berlin. A cette époque rien n’est simple dans la capitale allemande. Il y a bien sûr les souffrances et les privations subies par les habitants. Mais pour un commissaire de police, les divisions administratives de Berlin entravent plus son travail d’enquêteur que le manque de moyens. Harald Gilbers réussit parfaitement à dresser le portrait de cette ville au moment où les tensions entre les secteurs Est et Ouest atteignent un point de non-retour.

Les restes humains ont été découverts dans le secteur soviétique où le commissaire a son bureau au commissariat de Schöneberg. Il habite dans le secteur américain et sa femme Lisa travaille dans le secteur britannique. Ce point de départ est un choix habile de l’auteur et toutes les entraves administratives ( et qui vont aller grandissantes tout au long de son enquête ) subies par Oppenheimer constituent un moyen de décrypter l’Histoire berlinoise du second semestre de l’année 1948 qui est véritable tournant dans le XXème siècle. Fiction et Histoire sont mêlés dans un récit clair, facile à lire, plein de suspense et instructif.

Les crimes se multiplient, avec de nouveaux cadavres reconstitués dans d’horribles mises en scène et c’est bien le même criminel qui sévit, Oppenheimer et un médecin légiste très compétant en ont la preuve. Ils n’ont qu’une seule piste, celle d’une silhouette et un vague dessin comme portrait-robot. Alors qu’il faudrait consacrer plus de moyens humains à l’enquête, c’est le contraire qui se produit. Un conseiller antifasciste à la solde de Moscou veille et une épuration politique prive Oppenheimer de son adjoint. Pendant ce temps une réforme monétaire entre en vigueur le lundi 21 juin 1947 dans les secteurs occidentaux, le Deutschemark est la nouvelle monnaie, non utilisable à l’Est où l’Ostmark est en service. Oppenheimer est payé dans une monnaie avec laquelle il ne peut rien acheter dans le secteur où il vit. La tentation de tout abandonner est grande, il pense rejoindre sa sœur réfugiée en Uruguay. L’Ouest de Berlin se retrouve isolé au cœur de la zone d’occupation soviétique, privé de moyens de subsistance, victime d’un blocus avec la famine comme perspective car le marché noir ne peut suffire seul à nourrir la population prise en otage. Le dimanche 27 juin 1948 les alliés occidentaux entament un gigantesque pont aérien. Une succession sans fin d’avions de transport atterrissent aux aéroports de Tempelhof et Gatow ( Tegel en secteur français n’est pas encore opérationnel ), le dispositif est complété par des hydravions amerrissant sur le Grand Wannsee.

Et puis ce qui devait arriver se produit, Oppenheimer est suspendu, autant dire que son enquête est stoppée. Mais à défaut de rebâtir ses ruines, Berlin ouest se réorganise administrativement, une nouvelle police voit le jour le 28 juillet 1948 et Oppenheimer y trouve une place conforme à sa réputation au commissariat de la Friesenstraße. Le tueur en série qu’il poursuit sévit à l’Est mais aussi à l’Ouest et joue avec la police. Pour la nouvelle hiérarchie d’Oppenheimer, il est inenvisageable de collaborer avec la police de l’Est qui exclue aussi tout travail en commun. Le comble, les déplacements entre l’Est et l’Ouest sont devenus impossibles sous peine de finir dans les geôles soviétiques. Les premiers échanges de prisonniers ont lieu, dans un lieu discret, souvent au milieu d'un pont franchissant la frontière entre les deux Berlin.  

Oppenheimer n’abandonne pas la traque du tueur en série. Il fouille inlassablement faisant appel à son sens de la déduction et parfois à la chance. Il entre officieusement en contact avec l’aspirant inspecteur Negele qui a repris l’enquête sur le même tueur à L’Est. Les deux flics dans la plus complète illégalité vont collaborer pour tendre un piège et arrêter un criminel fou et mettre fin à un odieux trafic.

Harald Gilbers réussit un modèle de roman policier historique. L’époque est peu exploitée par le polar et se prête étonnamment bien à une enquête criminelle. L’Histoire et la fiction se complètent et s’enrichissent mutuellement pour donner un moment de lecture d’une rare intensité. C’est peut-être le meilleur Oppenheimer de la série !

Harald GILBERS  -  De sang et d’acier, titre original « LuftBrücke » Allemagne 2021, traduit de l’Allemand par Joël Falcoz, Éditions Calmann-Lévy Noir, 31 mai 2023. ISBN 978-2-7021-8540-7 .

Bibliographie d'Harald GILBERS : voir  ICI 

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