Ian MORSON ( suite )
Un psaume pour Falconer : janvier 1268 . L'année 1268 n'est pas citée par l'auteur , je l'ai déduite des faits évoqués ( décès de l'évêque Grosseteste en 1253 et reprise des recherches scientifiques par Roger Bacon après son isolement forcé à partir de 1257 auprès des franciscains de Paris ) . Dommage pour un roman policier historique de ne pas pouvoir dater avec précision le contexte historique . Un soucis de chronologie était également présent dans le titre "Le jugement de Falconer" .
Le regent master William Falconer a quitté Oxford pour le prieuré de Conishead situé à 12 jours de selle vers le nord , près de Lancaster , au bord de la Mer D'Irlande dont les courants sont particulièrement dangereux et au fond d'une baie aux rivages bordés de bancs de sables mouvants. A son arrivée à Conishead , Falconer est confronté à deux mystères . Tout d'abord la découverte d'un squelette enfoui dans les sables de la baie ; c'est le cadavre d'un homme manifestement poignardé. Venu pour consulter des ouvrages scientifiques à la bibliothèque du prieuré , Falconer doit se rendre à l'évidence , les plus rares ont disparus et plus grave , il acquiert bien vite la certitude que quelqu'un cherche à dissimuler ces disparitions .
Un témoin qui n'a plus toute sa tête , les dangers de la mer , un nouveau meurtre , un prieur très ambitieux , l'enquête menée par Falconer est riche en suspense et c'est une bonne surprise après la déception des deux premiers titres . Cependant le fil du récit est régulièrement interrompu par d'autres recherches criminelles menées à Oxford par Peter Bullock ( ami de Falconer ) et sans aucun rapport avec les mystères de Conishead . Cela enlève de la cohérence au roman , embrouille l'esprit du lecteur et finalement gâche son plaisir . Dommage car on sent que cette série se bonifie .
A noter que l'on apprend quelques éléments du passé de Falconer ce qui le rend un peu plus attachant . Il a "passé le plus clair de sa jeunesse à sillonner des parties du monde où peu d'hommes s'étaient aventurés . Marchand et mercenaire , rien ne semblait le destiner à embrasser la carrière de regent master pour enseigner les humanités à l'université d'Oxford . Du moins jusqu'à sa rencontre avec frère Roger Bacon : dés lors , l'attrait de la science et de la logique avait littéralement bouleversé le cours de son existence".
Peter TREMAYNE ( suite )
Les mystères de la lune : le titre précédent ( "Le châtiment de l'au-delà" ) nous avait appris que Fidelma et Eadulf entamaient une période d'union à l'essai ( ben charrtbach) qui dans la tradition celte précède le mariage . Alchù , leur fils , est né à Cashel.
Octobre 667 , le seigneur du clan Cinél na Aeda sollicite l'aide de Colgù , roi de Muman qui envoie Fidelma afin de résoudre une série de meurtres commis sur de jeunes femmes lors de la pleine lune . Le clan des Cinél na Aeda a désigné sans hésitation les coupables : trois religieux venus du royaume d'Aksoum , situé au nord de l'actuel Ethiopie et qui séjournent en Irlande après avoir fait naufrage . Ces étrangers , non seulement de race noire , mais également érudits , étudiant le soleil , les étoiles , la lune , la course des astres dans le ciel et leur influence sur les marées , font des coupables évidents pour des crimes commis les soirs de pleine de lune .
Fidelma n'est convaincue que par des preuves . Aidée par Eadulf , elle interroge , émet des hypothèses , procède à des confrontations , explore les lieux. Peu à peu des secrets sont dévoilés , le comportement de certains proches des victimes se révèle suspect. Soeur Fidelma , avocate , doit alors juger d'autres affaires mises à jour lors de son enquête . Les passages où l'auteur insiste sur le droit d'Irlande très ancien et particulièrement complexe , sont difficiles à lire et affaiblissent le rythme du récit . Heureusement Peter Tremayne sait habilement distiller les révélations pour relancer le suspense et l'intérêt liés à l'énigme principale . On apprend ainsi que les religieux Aksoumites avant d'étudier les astres , ont travaillé dans les mines d'or autrefois exploitées par le roi Salomon . L'or que l'on exploitait encore il y a peu , près du lieu où ont été retrouvés les corps des morts de la pleine lune ...
Déjà la 12ème partie des mystères de soeur Fidelma . La lecture est toujours aussi agréable et je reste toujours curieux et attiré par l'atmosphère de l'époque et des lieux . La suite est prometteuse , les dernières phrases nous amènent déjà dans le 13ème titre "La cloche du lépreux" .
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