Kate SEDLEY ( suite )
La rose du solstice : Juin 1479. Alors qu'il regagne Bristol , Roger Chapman est victime d'une bien curieuse aventure : agressé , il faillit mourir noyé dans la rivière Avon. Il est dans l'impossibilité d'identifier ses agresseurs et de retour à Bristol difficile pour lui de contredire les plaisantins qui voient plutôt dans cette affaire une ivrognerie. Notre colporteur/détective décide donc de reconstituer cette fameuse journée où non seulement il a été agressé par deux dames qui ont aussi poignardé un inconnu dans une maison où un demi-siècle plus tôt un crime odieux a été commis.
Comme souvent dans cette série et c'est ce qui entre-autre la rend attachante, Roger va retrouver des connaissances que le lecteur a aussi côtoyées dans des titres précédents et tout particulièrement "La fortune de l'échevin" ( voir ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/article-kate-sedley-suite-69574792.html ). Parmi ces connaissances apparaît bien vite Timothy Plummer maître espion de la famille royale d'Angleterre car cette énigme dépasse largement le cadre d'une simple agression et pourrait être en rapport avec l'exil d'Henri Tudor un prétendant éloigné à la couronne et issu de la descendance bâtarde de Jean de Gand , un Lancastre alors que le roi au pouvoir , Edouard IV , est issu de la maison d'York ... à moins que cette affaire ne trouve ses origines en Ecosse où le roi Jacques III vient de pousser à l'exil son frère le duc d'Albany ?
Ce livre est aussi l'occcasion de découvrir une tradition populaire liée aux célébrations du solstice : " chaque mari ou amoureux présentait à son aimée la rose acquise ou cueillie à son attention puis il attendait , le coeur battant , qu'elle en ôte les pétales un à un " - Il m'aime ... Il ne m'aime pas ... Il m'aime ...
J'ai beaucoup apprécié ce roman et son scénario mêlant grande Histoire et petite histoire comme les cocasses recherches de Roger pour touver ... un préservatif .
Au tout début du roman ( page 11 des éditions 10 / 18 ) Roger imagine un pont franchissant la rivière Avon à Rownham Passage entre Leigh et Clifton. Qu'il se rassure , il n'a pas perdu l'esprit , ce pont verra le jour ...
Philippe BOUIN ( suite )
La peste blonde : j'a été déçu lors de la lecture de ce roman alors que j'avais été enchanté par le premier tome de la série ( voir ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2014/08/philippe-bouin.html ). Le point de départ est prometteur alors que se déroulent à Aix-la-Chapelle les négociations qui mettront fin à la guerre entre la France et l'Espagne. Nous sommes en avril 1668 , la France de Louis XIV a vaincu l'Espagne. Les frontières du Nord des Flandres jusqu'en Franche-Comté vont être redessinées. A la diplomatie officielle se mèlent les alliances secrètes alimentées par l'espionnage et les complots. L'Espagne est bien sûr inquiète sur son avenir mais aussi l'Angleterre et les Provinces Unies indécises face à leur puissant voisin français.
Dans le même temps , la peste se répend à Soissons et Rouen . Une lettre anonyme informe Nicolas de la Reynie , lieutenant général de police de Paris , que cette épidémie est causée par un trafic de perruques pestiférées et que la capitale sera la prochaine cible de ce qui est un complot destiné à affaiblir la France. Il faut dans les plus brefs délais stopper ce fléau . C'est une enquête à la mesure du talent de Dieudonné Danglet qui peut dans le plus grand secret la mener à bien avec l'aide des gueux de Paris ( en fait seule la belle Fleur , le nain Atlas et son compère Charonne lui apportent leur soutien efficace ).
L'enquête est décevante , prétexte à des rencontres improbables de personnages célèbres ou non qui finissent pas lasser car elles n'apportent aucun rebondissement. Même la logique cartésienne de Danglet ne peut empêcher la petite équipe d'enquêteurs ( au demeurant très sympatique ) de se retrouver dans des impasses. Pendant ce temps la peste continue de se répendre dans Paris et le contexte diplomatique d'Aix-la-Chapelle a été perdu de vue bien que le traité de Paix soit signé le 2 mai 1668. Seuls les indices d'un mystérieux informateur qui signe ses billets d'un "A" anonyme , permettent comme par miracle à l'enquête de progresser. L'action , la dynamique , le panache du genre cape et d'épée , ne sont pas au rendez-vous. Le style de l'auteur inspiré de celui de l'époque tombe à plat , tout comme l'épilogue qui renvoie à une autre énigme , celle du masque de fer.
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