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Découvrir l'Histoire en lisant

Xavier BOISSEL - Fonds noirs

24 Mars 2025 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #roman noir, #histoire des 19 et 20èmes siècles

Xavier BOISSEL - Fonds noirs

Ce roman est le troisième titre de ce qui est à ce jour une trilogie de romans noirs politiques commencée en 2017 avec « Avant l’aube » et le bien nommé Philippe Marlin, flic à la Crim’ et narrateur d’une enquête en 1966 et 1967 ( voir ICI ). Débuts de la Cinquième République, son bras policier privé le SAC et déjà des scandales politico-financiers. L’ambiance jazz est superbement reconstituée. Pour le maquis des Aunottes j'en fais mon préféré. Il y a eu en 2022 « Sommeil de cendre », ambiance 1974, la nuit Georges Lang parle rock ( voir ICI ). La narration est impersonnelle, l’inspecteur Eperlan de la Crim’ est confronté aux hommes de main de pourris qu’on pourrait croire sur le déclin mais qui renaissent de leurs cendres avides de nouveaux trafics.

Marlin a travaillé avec l’inspecteur Wouters, trois semaines de planque dans une affaire de drogue, trois semaines à s’apprécier sans se parler. L’inspecteur Eperlan est sous les ordres du commissaire Wouters malade. Eperlan se débrouille seul, il croise à quelques reprises le souvenir qu’a laissé Marlin.

1986, le commissaire Wouters de la Crim’ est en fin de carrière, mis au placard. Obsèques d’Eperlan. Fin de course. Affaires courantes. La broyeuse à papier était notre meilleure amie. C’était à se demander si elle ne finirait pas par nous avaler, elle aussi. Dans les quelques mois qu’il lui reste à tirer, Wouters va se consacrer à une énigme qui n’en est peut-être pas une. La jeune Anabelle est persuadée que son père ne s’est pas suicidé en se jetant par la fenêtre de son appartement au cinquième étage. Wouters raconte ses investigations officieuses. La Police a déjà fait le boulot, Lukasz Kowalski expert-comptable, proche du PS s’est suicidé. Pour démontrer le contraire, Wouters doit trouver des preuves, un mobile, des documents. Et ce ne sera pas facile, voire dangereux car un tueur a été chargé de tout verrouiller. Ce tueur, c’est Craven, Donner la mort. Il n’était bon qu’à ça, c’était la conclusion fatale à laquelle il était parvenu après son internement dans les hôpitaux militaires. La Guerre du Viêt Nam a traumatisé Craven comme la Guerre de Corée avait ébranlé Eperlan. Marlin était fier de ses combats dans la Résistance.

Wouters, Craven, deux personnages au bout du rouleau. Anabelle et son petit ami Éric ont déjà perdu toutes les illusions d’une jeunesse à peine entamée. Le cafard. Le temps perdait son enveloppe, se dénudait pour laisser entrevoir le pire. L’engagement politique d’Éric est devenu un chimérique combat d’arrière-garde. Le PS a déçu . Heureusement il y avait la musique.

Des ventes d’armes illégales, malgré un embargo, des obus vendus à l’ ennemi de l’allié de la France. Le pouvoir socialiste est trempé dans un énorme scandale qu’il a tenté d’étouffer. Il lui faut aussi cacher des rétrocommissions. Un scandale d’État à la française. Craven est là pour faire place nette et faciliter si nécessaire un non-lieu. Dernier recours possible, l’amnistie. Wouters touche au but mais c’est un modeste journaliste de province qui a fait le job.

Trois romans, trois septennats politiques. Combines politico-financières et violences perdurent. Du temps de Marlin et d’Eperlan, il y avait de la révolte. Lorsque la Justice s’effaçait, ces deux flics se faisaient justicier. Wouters se retrouve seul face à une vérité qui le dépasse et isolé dans une époque où la volonté de se battre semble révolue.

Xavier BOISSEL – Fonds noirs . Parution le 17 octobre 2024, Éditions 10 / 18 . ISBN 9782264083456 .

Présentation éditeur : Paris, 1986. Un expert-comptable tombe de la fenêtre de son appartement. Tout laisse à penser à un suicide, l’homme était nerveux et agité, mais sa fille refuse obstinément d’y croire. Une amie lui donne le contact de son oncle, Wouters, un pilier de la PJ, commissaire désabusé proche de la retraite, qui décide de l’aider. Rapidement, il décèle des coïncidences troublantes : une série de cambriolages dans le sillage du mort, un « accident » sur le chantier en face de son immeuble, mais surtout, sa proximité avec certains membres du parti socialiste, mêlés à une sombre histoire de vente illégale d’armes. Derrière ce décès anodin en apparence, Wouters risque bien de déterrer des secrets que certains politique paieraient cher pour laisser enfouis.   

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Karine GIEBEL - Et chaque fois mourir un peu , livre 2 "Trauma(s)"

17 Mars 2025 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #Histoire contemporaine ( 21ème siècle )

Karine GIEBEL - Et chaque fois mourir un peu , livre 2 "Trauma(s)"

C’est la suite immédiate du livre 1 ( voir ICI ), Grégory et Paul sont prisonniers des Taliban depuis octobre 2010. Ils sont entre les mains de geôliers tortionnaires, leur horrible détention est détaillée, pour Gregory elle va durer trois mois : le froid, la faim, perte de la notion de temps, simulacre d’exécution, solitude, peur, inaction. Grégory réussit à s’évader. En France il retrouve la liberté sans pouvoir en profiter pleinement car son ami Paul est encore détenu. Il ressent le besoin de s’enfermer, seul, dans le noir d’une cave.

Le rythme narratif de Karine Giebel va alors s’accélérer. Philippines, 2012. Soudan, 2014. Irak, 2016. Cisjordanie, 2018. Madagascar, 2019. 2020, la Covid, en France. Haut-Karabakh. Ukraine, 2022. Vente d’êtres humains. Boucliers humains. Attentats. Viol-esclavage sexuel comme arme de guerre. « Bienvenu en enfer » . Les chapitres sont de plus en plus courts. Les mêmes phrases reviennent sans cesse. Les missions de Gregory, les séjours en France sont comme des flash. Des flash de souffrance, lors de missions traumatisantes mais dès qu’il est chez lui de nouveaux malheurs s’acharnent incroyablement sur sa famille. La chronologie ne semble plus respectée. Retour en février 2011.

Karine Giebel abandonne l’aspect historique et les missions du CICR qui constituaient le fil conducteur du livre 1 pour consacrer son récit à la psychiatrie. Gregory a été interné dans une Unité pour Malades Difficiles ( UMD ) en novembre 2011. Tout s’écroule pour lui. « Mémoire morcelée. Puzzle » . « Son cerveau baigne dans une eau tiède et sale » . Isolement. Lit avec sangles. Hallucinations. Violence. Contention. Neuroleptiques, antipsychotiques, anxiolytiques. « Mon cœur a continué de battre, mon sang de couler dans mes veines. Mais la mort était en moi. Jour après jour, le blast a poursuivi son travail de destruction. Une bombe est tombée sur ma vie ». Paul reste dans les pensées de Grégory qui se souvient de bribes du passé, il imagine des portions de futur. Son présent est un monde parallèle. Il n’y a plus de vrai, plus de faux. Le lecteur subit également cette confusion.

Karine Giebel consacre 400 pages ( sur un total de 750 ) aux troubles du stress aigu post-traumatique subis par Grégory et dans une moindre mesure aux maux dont souffrent d’autres malades que Gregory côtoie. Le lecteur prend conscience d’une médecine psychiatrique impuissante, sous-équipée malgré l’existence des UMD. Ce roman psychologique est très bien documenté, éprouvant à lire. Le savoir écrire de l’auteure fait le reste pour maintenir le suspense, surprendre et bouleverser le lecteur.

Karine GIEBEL – Et chaque fois, mourir un peu . Livre 2 – Trauma(s) . Parution octobre 2024, Éditions Récamier Noir . ISBN 9782385771362 .

 Présentation éditeur : Avec Trauma(s), Karine Giebel met un point final à son roman Et chaque fois, mourir un peu.
Après des années sur le front sans arme ni gilet pare-balle, après des années à soigner les autres au péril de sa vie sous l'égide de la croix rouge internationale, après avoir pris de plus en plus de risques jusqu'au risque de trop, une autre guerre attend Grégory.
Lors d'une dernière mission en Afghanistan les rôles s'inversent : les humanitaires deviennent des cibles.
Après tous les combats qu'il a menés, Grégory va devoir sauver sa propre vie et celle de ses collègues…

Tu te souviens de ces victimes qui avaient survécu aux explosions. Leur corps était parfois intact. Pourtant, on ne pouvait pas les sauver. Parce qu’à l’intérieur, elles étaient déchiquetées.

Une bombe est tombée sur ma vie. Longtemps, je me suis posé cette question : ai-je survécu à l’explosion ? Aujourd’hui, j’ai trouvé la réponse …

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Karine GIEBEL - Et chaque fois mourir un peu , livre 1 "Blast"

13 Mars 2025 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #histoire des 19 et 20èmes siècles, #Histoire contemporaine ( 21ème siècle )

Karine GIEBEL - Et chaque fois mourir un peu , livre 1 "Blast"

Depuis sa publication chez Fleuve noir il y a 15 ans, les romans de Karine Giebel ont souvent attiré mon attention d’autant plus que son lectorat souvent enthousiaste allait grandissant. La curiosité m’a fait franchir le pas, je viens de lire les deux tomes de « Et chaque fois, mourir un peu », 1200 pages au total.

Grégory Delaunay et Paul Schmid ont commencé à travailler ensemble en février 1994 dans un hôpital de Sarajevo durant la guerre en Bosnie-Herzégovine. Paul est un jeune chirurgien suisse « Tantôt généraliste, psychiatre ou chirurgien de guerre, tantôt administrateur hors pair ou clown pour les enfants hospitalisés, il est prêt à relever tous les défis, à assumer toutes les responsabilités. Outre ses talents de médecin, Paul est doué d’une extraordinaire empathie, d’un humour ravageur et d’une humilité incroyable ». Grégory est un infirmier français. Après une longue préparation il a effectué sa première mission pour le Comité International de la Croix Rouge ( CICR ) dans un hôpital du Nord Kenya à la frontière avec le Soudan « Et puis il y a eu le choc frontal…La guerre, la vraie, dans toute son horreur». Les missions pour le CICR réunissent Grégory et Paul. Le Rwanda en 1995. La Tchétchénie en 1996 et 1997

Karine Giebel fait défiler le temps à une vitesse folle. Style précis, incisif, des mots soigneusement choisis, une concision d’une rare efficacité, des précisions et des détails lorsqu’il faut. En quelques phrases elle décrit la situation géopolitique et historique des zones de conflit, le désastre humanitaire, la souffrance et l’abnégation des personnels du CICR face aux choix déchirants de la médecine de guerre et humanitaire. Le lecteur imagine aisément le sang, les larmes, la souffrance, la mort. La lecture devient vite éprouvante non seulement à cause d’un vocabulaire « sanglant » mais aussi parce que Karine Giebel révèle raconter la vérité. Elle a effectué de minutieuses recherches historiques dans les archives du Comité international de la Croix Rouge ( CICR ).

Grégory supporte de moins en moins sa vie en France. Il y a pourtant une famille, sa mère Chantal, sa compagne Séverine et sa petite fille Charlène. Son poste à l’hôpital de Digne l’ennuie, les images de la souffrance et de la mort le hantent et l’attirent. Lorsque Paul lui propose une nouvelle mission, il accepte, comme un soulagement.

Bosnie-Herzégovine, 1997 . Colombie, 1999 . Ingouchie, 2000 . Srebrenica, 2001. Casamance, 2002. Libéria, 2003. Enfants soldats, mines, bombes, tortionnaires, épidémies, séismes. Litanie de phrases ( souvent les mêmes ) exprimant la souffrance : » Si tu savais, mon amour … Si tu savais combien j’ai mal. Combien chaque respiration me plonge dans la douleur» . « Aujourd’hui, le couvercle de ma sépulture s’est ouvert » . J’ai souvent été gagné par la lassitude face à cet inventaire de souffrances mais il faut reconnaitre le talent de Karine Giebel pour relancer l’intérêt du lecteur, surprendre et maintenir le suspense en interrompant ses récits lorsque la tension est maximale. Je me suis aussi étonné face à la capacité de Gregory à encaisser, certes non sans vaciller, autant d’horreurs.

Grégory n’est pas épargné par le malheur lorsqu’il revient chez lui dans les Alpes-de-Haute- Provence. Sa vie personnelle est une suite interminable d’épreuves. Dès l’âge de 12 ans il a perdu son père tué dans un accident de voiture. Il n’en finit pas de devoir se reconstruire en permanence. En juin 2000 Grégory refait sa vie avec Zina et son jeune fils Anton réfugiés tchétchènes. Il considère Anton comme son propre fils et mène lorsqu’il est en France un travail éprouvant pour panser les séquelles psychologiques que le jeune garçon a subi durant sa courte vie dans son pays natal.

Cachemir, 2005. Province du Kivu au Congo, 2006 et 2007. Bande de Gaza, 2009.

Au CICR il y a des tests, Grégory doit entamer une psychothérapie. « Enfoiré de merde ! Putain de toubib à la con ! Je suis pas fou, pauvre connard ! » Neuroleptiques et anxiolytiques. Phobies, fuir les gens, cauchemars, angoisse, abattement, exaltation. Mais Gregory a la perspective presque salvatrice ou pour le moins réparatrice de bientôt repartir en mission « Ça ne finira jamais. La pourriture est à l’intérieur de l’humain, comme le ver dans le fruit ».

La situation au Congo est détaillée. Un massacre sanglant, des tortures psychologiques. Vacciner, amputer, réparer les femmes violées. Gregory travaille avec le docteur Denis Mukwege futur Prix Nobel de la paix. Le livre 1 de « Et chaque fois, mourir un peu » s’achève en octobre 2010, Grégory et Paul sont faits prisonniers par les talibans.

J’ai bien aimé l’Histoire et la mise en avant de catastrophes humanitaires et le récit du travail à la fois immense et dérisoire du CICR pour atténuer les blessures des survivants. Avec un style narratif venu tout droit du thriller, Karine Giebel réussit à raconter l’Histoire avec talent. Le personnage de Grégory est central, son portrait est approfondi notamment à travers les effets psychologiques conséquences des horreurs professionnelles et personnelles vécues et qui progressivement et insidieusement le font vaciller comme sous l’effet d’ondes de choc et de souffles ou BLAST comme le sous-titre de ce livre 1.

Karine GIEBEL – Et chaque fois, mourir un peu . Livre 1 – Blast . Parution mars 2024, Éditions Récamier Noir . ISBN 9782385770358 .

Présentation éditeur : Monter au front sans arme ni gilet pare-balles. Soigner les autres au péril de sa vie. Se sentir utile en ce monde.
De Sarajevo à Gaza, en passant par Grozny, la Colombie ou l'Afghanistan, Grégory se rend au chevet des sacrifiés sous l'égide de la Croix-Rouge internationale. Chaque victime sauvée est une victoire sur la folie des hommes. Chaque vie épargnée donne un sens à la sienne. Peu importe les cicatrices et les plaies invisibles que lui laisse chaque conflit.
Poussé par l'adrénaline, par un courage hors du commun et par l'envie de sauver ceux que le monde oublie, Grégory prend de plus en plus de risques.
Jusqu'au risque de trop. Jusqu'au drame...
Ne pas flancher, ne pas s'effondrer. Ne pas perdre la raison.
Choisir.
Sauver cette jeune fille, condamner cet adolescent. Soigner ce quadragénaire, laisser mourir cet enfant.
Choisir.
Endurer les suppliques d'une mère, d'un père.
Certains tombent à genoux devant lui, comme s'il était Dieu.
Choisir.
Tenter de sauver cette femme. Sacrifier sa petite fille qui n'a que peu de chances de survivre à ses blessures.
Choisir.
Et chaque fois, mourir un peu.

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Rémi CARAYOL - Mayotte. Département colonie

10 Mars 2025 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #Livres d'histoire, #histoire des 19 et 20èmes siècles

Rémi CARAYOL - Mayotte. Département colonie

Le plus jeune département français fait parler de lui et j’ai souhaité en savoir un peu plus, comprendre la situation actuelle. Ce livre de Rémi Carayol est très complet d’un point de vue historique et socio-économique mais il aurait mérité un plan plus détaillé pour gagner en clarté et pour retenir les points essentiels. Rémi Carayol est critique sur le statut actuel de Mayotte alors que le reste de l’archipel des Comores est indépendant.

J’ai retenu deux grandes étapes historiques de Mayotte ( l’auteur emploie « Maore » le nom comorien de cette île ). Elle fait partie d’un petit archipel de quatre îles situées entre Madagascar et le Mozambique. D’après les sources reconnues, son peuplement venu d’Afrique puis l’islamisation datent des 8ème et 11ème siècles. La France prend possession de Maore en 1841 puis de l’ensemble de l’archipel en 1904 qui devient en 1946 officiellement un Territoire d’Outre-Mer français. Il est facile de suivre cette longue période, évolution classique du peuplement insulaire de territoires éloignés de l’Ancien Monde puis incorporation dans un empire colonial bâti sans logique autre que la rivalité entre puissance.

L’époque moderne est bien plus complexe et cela se ressent sur le récit de l’auteur qui peine à ressortir une idée directrice autre que la concrétisation d’une toute puissance coloniale au détriment du colonisé dominé. La position des politiques métropolitains a été clivante et changeante : je retiens la vision de Giscard d’Estaing avec les Comores unies et un lobby gaulliste nostalgique d’un vaste empire coloniale français. A la même époque, la France est expulsée de Madagascar, cela va faire grandir l’intérêt stratégique et militaire pour ces îles et tout particulièrement Maore. D’un point de vue politique la confusion règne autant au niveau métropolitain que localement où aucun consensus fédérateur n’émerge. Les actes de l’aventurier-mercenaire Bob Denard ne contribuent pas à la stabilité de l’archipel tout comme son utilisation par la France comme base-étape pour la vente d’armes au régime d’apartheid de l’Afrique du Sud alors sous embargo. Actuellement l’ONU n’a toujours pas reconnu officiellement la partition de l’archipel.

Maore est le 101ème département français depuis 2011, une date très tardive par rapport à d’autres départements d’Outre-Mer. Cela explique un retard économique et social source de grande pauvreté et d’inégalités expliquant les tensions et divisions locales actuelles.

L’état des lieux dressé par Rémi Carayol est très complet mais souffre de passages historiques confus. La situation sociale actuelle est par contre très bien exposée.

Rémi CARAYOL – Mayotte. Département colonie . Parution octobre 2024, La fabrique éditions. ISBN 9782358722858.

Présentation éditeur : Il y a cinquante ans, la population de l’archipel des Comores était invitée à se prononcer sur le statut de son territoire. Si trois des quatre îles votèrent massivement pour l’indépendance, Mayotte (Maore), où un courant sécessionniste animé par l’élite créole exerçait un puissant lobbying, vota contre, tandis qu’à Paris l’armée et le « parti colonial » encore très puissant ne voulaient pas perdre cette position stratégique dans l’océan Indien. La France accorda donc l’indépendance aux Comores mais conserva Mayotte, devenue en 2011 le 101e département français à l’issue d’un processus unique de « colonisation consentie ».

Tout renvoie à la colonie sur cette île : les ghettos de Blancs, la hiérarchisation raciale au travail comme dans la vie quotidienne, la dépendance économique envers la « métropole », les défaillances des infrastructures mises en lumière par les récentes pénuries d’eau… Entre des Mahorais reniant leur passé pour être « français à tout prix », dont la dérive vers l’extrême droite semble sans fin, des « métros » qui se comportent en terrain conquis et cultivent l’entre-soi, et des Comoriens devenus « étrangers » par l’effet d’une politique d’État délibérée, la violence à Mayotte est le résultat d’un double processus de dislocation et de colonisation. Ce livre raconte les principaux épisodes de cette histoire et dresse un portrait sans concession de « Mayotte française » et du présent colonial qui continue de l’animer.

Merci à La fabrique éditions .

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Freddy VINET - Pétrole meurtrier

6 Mars 2025 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #histoire des 19 et 20èmes siècles, #Polar historique

Freddy VINET  -  Pétrole meurtrier

Mai 1933, André Bravard ingénieur des pétroles à l’Office National des Combustibles Liquides est nommé chef d’exploitation à Gabian dans l’Hérault où est extraite de l’huile de pétrole, sa mission est très particulière et délicate, son directeur lui demande d’éclaircir le mystère de la disparition en 1928 de Guillaume Dollfuss un ancien responsable de l’exploitation pétrolière en Languedoc. Dollfuss a disparu sans laisser de trace. A-t-il fuit à l’étranger ? A-t-il été assassiné ?

En 1933 l’extraction de pétrole à Gabian touche à sa fin après avoir été en 1924 le plus gros gisement de France. Les espoirs s’amenuisent, la France ne sera pas un eldorado du pétrole, c’est en Mésopotamie qu’il coule à flot. Mais on a cru au pétrole français dans les années 1920. Le roman de Freddy Vinet est une mine de renseignements sur le gisement de Gabian et sur celui de Pechelbronn en Alsace lui aussi sur le déclin. Les investissements ont été importants, bouleversant la vie locale. Et puis la production s’était rapidement révélée dérisoire face à l’augmentation des besoins. Prospection novatrice, formations spécifiques, tout a été fait pour que la France soit à la pointe de l’exploitation et du traitement de cette matière première stratégique. Mais il manquait la ressource.

L’enquête de Bravard n’est qu’un prétexte pour explorer l’Histoire du pétrole français des années 1920 - 1930. C’est une véritable reconstitution économique, politique et sociale, facile d’accès, agréablement racontée. Freddy Viney ne perd jamais de vue l’enquête de son héros dans ce qui est un polar historique passionnant. Rien ne manque depuis les rivalités politiques nationales, l’industrialisation sauvage, les propriétaires ruraux spoliés, les inégalités salariales, la condition féminine. Les conditions de travail surprennent car l’exploitation se faisait dans des galeries souterraines profondes. Les raisons expliquant l’assassinat de Dollfuss qui était un dirigeant ambitieux, manipulateur et méprisant  ne manquent pas.

Ce roman policier historique de Freddy Vinet est une belle lecture, instructive et agréable dans tous les sens du terme puisque l’impression est intégralement faite sur papier glacé.

Freddy VINET – Pétrole meurtrier . Parution juin 2024 , Éditions Auteurs d’Aujourd’hui . ISBN 978-2-37629-206-7 .

Présentation éditeur : Paris. Mai 1933. André Bravard est ingénieur des pétroles à l'Office National des Combustibles Liquides. Il ronge son frein dans un bureau parisien en rêvant d'un poste en Mésopotamie mais son directeur l'envoie enquêter à Gabian. Là, cinq ans auparavant, en 1928, dans une petite exploitation pétrolière du Languedoc, Guillaume Dollfuss, ancien ingénieur des mines de pétrole de Pechelbronn en Alsace, a disparu mystérieusement.
L'intrigue de cette affaire judiciaire classée se situe dans des décors bien réels, ceux des gisements pétroliers de Gabian dans l'Hérault et de Pechelbronn dans le Bas-Rhin, deux de ces Ovni économico-historiques de l'entre-deux-guerres quand la ressource d'hydrocarbure de cette période industrielle était propice à toutes les convoitises. Que révèlent les investigations de l'enquêteur ? Fuite ? Suicide ? Assassinat ? Les ruses des manipulateurs parviendront-elles à vaincre la sagacité et la pugnacité de l'ingénieur Bravard ? Du Languedoc à l'Alsace et au Moyen-Orient, réussira-t-il à résoudre l'énigme de cette disparition ?

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