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Découvrir l'Histoire en lisant

Vincent EJARQUE au Festival Quais du Polar

24 Mars 2026 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #roman noir, #Roman historique, #histoire des 19 et 20èmes siècles, #Bibliographies - Actualités littéraires

Vincent EJARQUE au Festival Quais du Polar

Début avril les best-sellers polars sont à l’honneur. Avec le festival Quai du Polar ( la 22ème édition ouvre ses portes du 3 au 5 avril ) les lecteurs deviennent des fans et peuvent rencontrer des stars internationales et obtenir des autographes ( dédicaces en littérature ) en contrepartie parfois de longues attentes que je n’ai jamais trouvées lassantes car elles permettent d’échanger entre lecteurs passionnés.

Le programme de Quais du Polar est toujours d’une richesse inouïe. Cette année plus de 130 auteurs venus de 4 continents ont été invités pour parler bien sûr polar mais il sera aussi question d’Histoire ( programmation complète ICI ). Il faut prendre le temps de flâner et de fouiller, c’est un plaisir que les lecteurs adorent, ils auraient tort de s’en priver. A Quais du Polar il y en a forcément un livre à dénicher et un auteur à découvrir.

Attardons nous sur Vincent Ejarque publié par Nouveau Monde Éditions dans la jeune collection « Sang-froid » ( elle doit avoir juste 3 ans si je me souviens bien ). « Sang-froid » propose des romans de qualité dans des genres variés et mêlés ( polar, espionnage, Histoire ), des titres récents ou anciens, parfois inédits, le tout au format poche ( ce qui implique un prix modique ) et avec une belle chartre graphique facilement repérable ( site internet de Nouveau Monde éditions ICI ).

Deux romans de Vincent Ejarque figurent au catalogue « Sang-froid ». Le premier intitulé « Un sang d’encre » a été le lauréat 2024 du Prix du Roman Noir Historique attribué dans le cadre des réputés Rendez-Vous de l’Histoire de Blois. Ce roman noir historique mélange les genres. C’est un polar ( présentement un journaliste enquête ) teinté d’Histoire ( en l’occurrence celle des années 1980 avec les conséquences toujours perceptibles de la Guerre d’Algérie ) avec une forte connotation sociale et politique. L’auteur réussit la délicate alchimie de ces thématiques variées.

Le second a pour titre « Les spectres d’Alger » et vient de paraître ( le 11 mars 2026 ). Il raconte les derniers mois de la Guerre d’Algérie, récit d’un conflit qui s’achève dans le chaos, dans la clandestinité pour ceux qui ont une ultime mission à accomplir ou des comptes à régler et parfois même dans le banditisme pour les sans foi ni loi. Alger est un personnage à part entière de ce roman qui mêle amour et violence.

Des liens relient les deux romans de Vincent Ejarque. Tout d’abord c’est écrit avec dextérité. Style fluide, atmosphères d’époque bien reconstituées et intrigues efficaces rendent la lecture addictive. La continuité historique constitue également un fil solide et apporte de la cohérence à l’ensemble ce qui m’incite à conseiller d’acheter ces deux romans et de lire en premier « Les spectres d’Alger »

Vincent Éjarque – Les spectres d’Alger . Parution le 11 mars 2026, Nouveau Monde Éditions. 488 pages, 10.90 €. ISBN 9782380947915.

Vincent Éjarque – Un sang d’encre . Parution avril 2025, Nouveau Monde Éditions. 416 pages, 10.50 €. ISBN 9782380946789.

Mes chroniques détaillées des romans de Vincent Éjarque : voir ICI  et  .

Vincent EJARQUE au Festival Quais du Polar
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L’essor du renseignement moderne : une histoire mondiale de l’espionnage

19 Mars 2026 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #Livres d'histoire, #Espionnage

L’essor du renseignement moderne : une histoire mondiale de l’espionnage

J’en suis venu à m’intéresser à l’espionnage grâce au roman. John Le Carré y est pour beaucoup mais des auteurs de mauvais genres y ont aussi contribué, Serge Laforest, plus récemment Tom Clancy en passant par Jean Bruce dont le nom est moins connu que celui de son héros OSS 117.

Revenons à la réalité et à l’Histoire de l’espionnage racontée par Sébastien-Yves Laurent, Peter Jackson ( il est écossais ) et Boris Delagenière. Le terme raconté n’est pas usurpé. Les parcours universitaires du trio d’auteurs pourraient impliquer un exposé magistral et austère. Il n’en est rien, sans trop de détails mais avec l’essentiel, sans notes de bas de pages, la rédaction est simple, directe et abordable. Prenons comme exemple le chapitre 5 - « La Grande Guerre et la naissance du renseignement moderne  », il y règne un air d’aventure et d’action avec des expressions qui ne trompent pas, les deux camps, la course vers la mer, recevoir l’ordre et prendre pour cible, s’ajoutent les références à des personnages entrés dans l’imaginaire populaire, Mata Hari et Marthe Richard en tête, et un soucis de simplicité dans le choix d’un vocabulaire propre à la vulgarisation.

Cet ouvrage commence par d’indispensables définitions. J’ai noté qu’à côté du renseignement externe pour appuyer les politiques économiques, extérieures et de défense d’un État, les auteurs n’occultaient pas la surveillance intérieure qui si elle  a pour but de protéger la sécurité et l’intégrité de L’État, peut aussi avoir pour but de réprimer l’opposition à un régime. Cette dernière utilisation des renseignements est constamment et largement présente depuis l’antiquité. Le passé lointain n’est pas survolé, c’est un point fort de cet ouvrage que d’y consacrer trois chapitres entiers où le lecteur croise Moïse, Alexandre et Marco Polo avant de côtoyer les « comités de sûreté » nés de la Révolution française. Les auteurs situent la naissance du renseignement moderne consécutivement à la La Grande Guerre. A la fin, la table des matière reprend le plan détaillé de cet historique, Elle permettra à l’avenir de s’y référer pour retrouver en un clin d’œil  une époque, de trouver la situation dans une grande puissance à un moment donné ou d’approfondir un contexte particulier, contexte colonial par exemple. Trois longs chapitres sont consacrés à la guerre froide, âge d’or de l’espionnage dont s’est largement inspirée la littérature populaire. Les derniers sujets abordés mettent en avant l’importance croissante du renseignement économique et une collecte par des moyens de plus en plus technologiques.

Chaque chapitre ( il y en a 12 au total ) s’achève par une conclusion utile pour synthétiser mais aussi pour introduire la suite. L’ouvrage a tout pour être une référence et pour à l’avenir y revenir et s’y référer. Je termine par un petit conseil pratique : photocopiez ou détachez les 4 pages listant les sigles et abréviations pour les garder à l’œil en permanence et rendre votre lecture plus fluide et agréable.

L’essor du renseignement moderne : une histoire mondiale de l’espionnage ( ouvrage collectif ). Nouveau monde Éditions et Ministère des Armées. Parution octobre 2025. ISBN 9782380946970 .

Présentation éditeur : Recrutements d’espions à l’étranger, campagnes de désinformation sur les réseaux, exécutions extrajudiciaires, agences techniques procédant à des écoutes dans le monde entier : les déclinaisons du renseignement se multiplient. Ce livre explore les origines du renseignement moderne. Il retrace une histoire mondiale allant de l’Antiquité à nos jours, mettant en exergue les pratiques de l’espionnage, puis leur progressive institutionnalisation, mais aussi les hommes et les femmes qui ont mis en œuvre ces activités singulières. En s’appuyant sur des archives anciennes et contemporaines ainsi que sur une abondante documentation, les auteurs donnent à voir ce qu’a été le renseignement dans la très longue durée, dans une écriture qui conduit jusqu’au temps présent.

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Gwenaël BULTEAU - Maudite soit la guerre

12 Mars 2026 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #histoire des 19 et 20èmes siècles, #Polar historique, #roman noir, #Espionnage

Gwenaël  BULTEAU - Maudite soit la guerre

Gwenaël Bulteau continue d’explorer la France au tournant des 19 et 20èmes siècles, il a parlé des relations sociales du monde ouvrier alors que s’affirme l’ère industrielle et dénoncé les conquêtes coloniales sanglantes. Son premier roman insistait sur les traumatismes de la défaite française dans la guerre de 1870 contre la coalition d’États allemands dirigée par la Prusse.

Voir ICI mes chroniques de lecture des trois premiers romans historiques et sociaux de Gwenaël Bulteau.

Ce quatrième roman de Gwenaël Bulteau se passe pendant la Première Guerre mondiale et il imagine les interactions entre communautés françaises, d’un côté le monde des partisans de la guerre qu’ils soient sur le front ou à l’arrière et de l’autre ceux qui refusent le soutien et la participation aux combats. La galerie de personnages qu’il met en scène raconte la coexistence quasi-impossible de ces deux mondes. Maudite soit la guerre qui tue et divise !

Les familles parisiennes Dorgel et Guynemer sont d’apparence identique. Les pères combattent sur le front, les mères tentent de subvenir aux besoins de leurs enfants alors que tout est rationné. Maxence sera bientôt en âge d’être mobilisé, moment qu’il attend avec impatience et fierté pour suivre les traces de son héros de père. Maxence Dorgel et Jeanne Guynemer s’aiment et vivent leur vie, lui n’hésite pas à commettre des larcins entraîné par un ami, Jeanne refuse la place qui lui a été assignée et s’essaie dans le monde du théâtre.

Paris, début 1917. Un meurtre a été commis. Philippe Ménard un parfait inconnu a été tué d’une balle dans la modeste chambre où il vivait en solitaire. L’expérimenté commissaire Soubielle enquête aidé de l’inspecteur Delmas. Il n’y a pas mieux que les recherches de la Brigade criminelle pour faire découvrir au lecteur un pays en guerre et pour rencontrer des êtres qui aiment, détestent, acceptent ou refusent.

Le commissaire Soubielle est un personnage lisse qui accomplit son travail de flic sans prendre parti. Son passé lui appartient, son présent consiste à enquêter sur la mort de Ménard, accessoirement à traquer les espions, les déserteurs et les réfractaires. C’est avec lui et avec les familles de Jeanne et Maxence que le lecteur croise des soldats fiers de combattre, en permission l’entraide qui règne dans les tranchées vient à leur manquer. D’autres soldats désertent. Des jeunes refusent la conscription d’autres sont fiers de partir au front. Les femmes assurent le travail des hommes notamment dans les usines d’armement. Des gens dénoncent les hommes qui ne sont pas au combat, d’autres les aident. Toute personne à l’arrière vit dans la peur d’apprendre qu’un proche ne revienne pas ou soit mutilé. La haine des allemands est omniprésente y compris vis-à-vis des français qui ont de la famille en Alsace-Lorraine annexée depuis 1871. Gwenaël Bulteau mêle avec lucidité ce chaos de souffrances qui entraînent d’autres souffrances et d’autres morts. J’ai été impressionné par son style d’une parfaite fluidité et sa rigueur que ce soit dans la construction psychologie de ses personnages, la justesse historique, le respect des codes du polar avec ses impasses et ses rebondissements et le dynamisme des scènes d’action liées à la traque d’un espion allemand.

Gwenaël BULTEAU – Maudite soit la guerre . Parution le 5 mars 2026, Éditions La manufacture de livres. ISBN 9782385533113.

Présentation éditeur : 1917. La Grande Guerre a transformé Paris. Les Poilus en permission hantent les rues tandis que les femmes sont mobilisées pour faire fonctionner l’économie du pays. Sentiments patriotiques, peur des espions allemands et traque des déserteurs agitent la ville.
Jeanne, jeune actrice, rêve de scène et d’évasion. Elle aime Maxence, apprenti aux Halles, impatient d’être mobilisé pour accomplir son devoir tout en suivant les traces de son père.
Quand un meurtre frappe leur quartier, le commissaire Soubielle commence à enquêter dans le voisinage. Ce qu’il va découvrir dépasse le banal fait divers : entre secrets de familles enfouis et loyautés déchirées, c’est le poids d’une époque où chaque choix peut dissimuler une trahison. 

Gwenaël Bulteau nous plonge dans une fresque familiale et policière au cœur d’un Paris méconnu et à bout de souffle. Avec Maudite soit la guerre, il confirme une fois de plus son talent pour raconter les tourments humains dans les zones d’ombre de l’Histoire, là où le destin des hommes vacille.

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