Jean Pierre ALAUX ( et Noël BALEN )
Jean Pierre ALAUX est né le 6 septembre 1955 à Cahors. Il vit toujours dans son Quercy natal. C'est un journaliste de radio et de télévision qui est resté fidèle à ses origines géographiques ( il a travaillé à Sud Radio, Radio Présence, Télé Toulouse ) et à ses passions (il a travaillé à La Radio de la Mer). Comme écrivain, ses premières publications ont pour thème la mer, la gastronomie, le Quercy, l'oenologie.
Jean Pierre ALAUX et Noël BALEN écrivent à quatre mains la série policière "Le sang de la vigne" dont le premier tome a été publié en 2004 ( le vingt cinquième est paru en 2017 et a pour cadre le vignoble de Gaillac ). Cette série fait découvrir l'univers du vin et des vignobles que chaque titre évoque habilement. Le héros, Benjamin Cooker, est oenologue, et détective. Lors de ses voyages professionnels dans les vignobles français ( une enquête se passe en Europe de l'Est dans la vignoble de Tokaj et une autre en Castille dans le vignoble de la Rioja ) il est confronté à des meurtres, règlements de compte, vengeances et malversations viticoles. Pas d'enquête haletante, pas de suspense insoutenable, chaque roman se déguste comme un bon vin, lentement, sans précipitation. Les enquêtes de Benjamin Cooker et de son assistant Virgile Lanssien sont mises en valeur dans une adaptation TV diffusée sur France 3 et également baptisée "Le sang de la vigne". Pierre Arditi en est l'acteur principal et joue le rôle de Benjamin ... Lebel. Les scénarios des téléfilms sont librement inspirés des romans.
Site de la série http://lesangdelavigne.com/index.php
Site de Jean Pierre Alaux http://www.jean-pierre-alaux.book.fr/
Jean Pierre ALAUX est aussi l'auteur d'une série policière ayant pour cadre les hauts lieux du patrimoine architectural français. L'action se passe dans les années 1970 et 80, un passé proche qui ne permet pas au sens strict de classer cette série dans le domaine du policier historique. L'auteur emploie le qualificatif de "vintage" pour ces romans. Le héros récurrent de cette série est Séraphin Cantarel dont la fonction est particulièrement inhabituel dans le polar, il a le titre de conservateur en chef du musée des monuments français. Les aventures de Séraphin Cantarel, depuis 2010, sont publiées aux Editions 10 - 18 :
- Toulouse-Lautrec en rit encore
- Avis de tempête sur Cordouan
- Et l'ange de Reims grimaça
- Saint-Michel priez pour eux
- La Pomme d'or de Rocamadour
Philip KERR ( suite )
Une douce flamme : après quatre semaines de traversée depuis Gênes ( voir ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2016/07/philip-kerr-suite.html ), Bernhard Gunther débarque à Buenos Aires en juillet 1950 dans l'hiver froid et humide de l'hémisphère sud. Bernie est devenu le docteur Carlos Hausner.
Le lecteur comprend vite pourquoi l'Argentine a été terre d'asile pour d'anciens nazis en fuite. Ce pays a toujours accueilli de nombreux réfugiés, espagnols, italiens, juifs russes. L'admiration que voue le président Juan Perón et son épouse à l'Allemagne a fait le reste après la seconde Guerre mondiale. Juan Perón parle allemand, c'est un militaire formé par des instructeurs allemands. Le couple présidentiel, Juan et Evita Perón, est très populaire mais son pouvoir repose aussi sur une dictature policière sournoise et efficace. Le directeur de la sécurité et du renseignement, le colonel Montalbàn, a étudié à Berlin vingt années avant.
Et puis Philip Kerr nous offre un second roman ... 1932, à cette époque Bernie était Inspecteur principal au Département 4 de la Police de L'Alexanderplatz à Berlin sous les ordres de Ernst Gennat un enquêteur particulièrement doué. En 1932, Hindenburg est président d'une faible et impuissante République de Weimar prête à être livrée à un nouveau chancelier qui pourrait être Adolf Hitler. Le pays est gangréné par les violences politiques, la traque des communistes, le racisme. Bernie est esseulé, favorable au SPD et au Front de Fer. Il déteste les nazis. Il enquête sur le crime d'une adolescente dont le corps a été atrocement mutilé. Elle était infirme, le contexte serait plutôt d'abandonner l'affaire, il fait l'objet de pressions. L'Allemagne ne devrait-elle pas plutôt se protéger et se purifier des handicapés comme le pense son adjoint Heinrich Grund ? Le temps est compté, l'instabilité politique ne présage rien de bon, la fin de la démocratie allemande est proche. Hitler devient chancelier le 30 janvier 1933, le Reichtag est incendié le 27 février 1933. Bernie est muté aux archives, son enquête n'aboutit pas. Il avait pourtant acquis la certitude que le meurtre était lié à des recherches sur la syphilis impliquant des dignitaires nazis. Il avait un suspect.
1950, Buenos Aires. Le colonel Montalbàn, lors de son séjour à Berlin vingt ans avant, avait connu de réputation l'Inspecteur Gunther. Il n'hésite pas à le solliciter pour élucider le meurtre de deux jeunes filles mutilées comme celle de Berlin en 1932. Le tueur de Berlin a-t-il émigré en Argentine ? Est-il mêlé à ces psychopathes SS devenus des gens ordinaires : Adolf Heichmann, Otto Skorzeng, Joseph Mengele alias docteur Mengele, Hans Kammer ... ?
Le docteur Carlos Hausner redevient le détective Bernie Gunther pour nous dévoiler un visage peu reluisant de l'Argentine à cette époque, depuis la personnalité de Juan Perón et de son épouse, jusqu'à la disparition de jeunes juives en passant par les fortunes des juifs spoliés que certains nazis voudraient bien récupérer pour financer la renaissance de leur idéologie.
Le suspense et les rebondissements de l'enquête de Bernie sont au détour de chaque page tout comme les révélations historiques de deux époques clés, la montée du nazisme et son déclin en Argentine.
Bernie Gunther, en 1932 et en 1950, "Une douce flamme", un excellentissime roman. "Tous les allemands portent en eux l'image d'Adolf Hitler, dis-je. Même ceux qui comme moi, le haïssent, lui et tout ce qu'il représentait. Ce visage, avec ses cheveux ébouriffés et sa moustache en timbre-poste, continue de nous hanter, aujourd'hui encore et à jamais, et, telle une douce flamme impossible à éteindre, brûle dans nos âmes. Les nazis parlaient d'un Reich de mille ans. Mais, parfois je me dis qu'à cause de ce que nous avons fait, le nom de l'Allemagne et les allemands sont couverts d'infamie pour mille ans. Qu'il faudra au reste du monde mille ans pour oublier. Vivrais-je un millier d'années que jamais je n'oublierais certaines choses que j'ai vues. Et certaines de celles que j'ai commises."
Fiona BUCKLEY ( suite )
L'affaire du pourpoint : février 1561. Lord Dudley a été innocenté de la mort de son épouse mais Elisabeth 1ère est restée célibataire ( voir ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2015/11/fiona-buckley.html ). La reine craint les complots catholiques, elle demande à Ursula Blanchard de s'introduire auprès de la famille Mason, de fervents catholiques qu'elle soupçonne de comploter contre sa personne. Ursula est engagée comme préceptrice. La famille Mason et ses proches comptent plusieurs savants ( le règne d'Elisabeth 1ère fut marqué par un grand élargissement intellectuel comme le souligne la note historique de l'auteure à la fin du roman ) mais cache aussi une conjuration qu'Ursula saura déjouer après avoir affronté de mortels dangers. Mais c'est certainement sa relation amoureuse avec Matthew de La Roche qui la marquera le plus douloureusement.
Après la lecture de ce deuxième titre, je peux affirmer que la série historico-policière des aventures d'Ursula Blanchard est très recommandable.
William RYAN ( suite )
Film noir à Odessa : cela aurait pu être des vacances afin de récompenser le Capitaine Korolev du service des enquêtes criminelles de la Milice de Moscou pour ses loyaux services envers l'Etat soviétique ( voir ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2015/09/william-ryan.html ), il a d'ailleurs été décoré de l'Ordre de l'Etoile Rouge mais son voyage en avion vers Odessa à bord d'un Kalinin K 5 est une nouvelle mission à la fois délicate et confidentielle.
Nous sommes en 1937, à Odessa sur le plateau de tournage d'un film, l'assistante de production Maria Alexandrovna Lenskaïa a été trouvé morte. Le Parti et le Commissaire du Peuple à l'Intérieur Iejov plaçaient de grands espoirs dans la jeune Lenskaïa. Son décès pourrait être la conséquence d'un suicide mais la personnalité de la victime exige des vérifications.
Lenskaïa participait au tournage d'un film intitulé "La prairie ensanglantée" dont le réalisateur Nikolaï Savchenko avait besoin de redorer son blason aux yeux du Parti suite à un voyage très critiqué à Hollywood. Le scénario de ce film a été adapté par Isaac Babel et doit servir la propagande de L'Etat et du Parti.
La mort de Lenskaïa a eu lieu dans un contexte suspect. Parmi la troupe de cinéastes, un de ses membres avait fait défection lors d'une tournée en occident. Odessa est situé en Ukraine qui a connu en 1932 et 1933 une effroyable famine. Les petliouristes, contre-révolutionnaires ukrainiens partisans du défunt indépendantiste Petlioura, contribuent à entretenir un climat de guerre civile. Odessa ville portuaire, bâtie sur un labyrinthe de galeries creusées dans le calcaire, située près de la frontière avec la Roumanie, est une plaque tournante de tous les trafics dans lesquels les Voleurs de Moscou ne peuvent qu'être impliqués.
Alexeï Korolev évolue dans un contexte intéressant ( le cinéma , l'Ukraine ). Efficacement secondé par la jeune inspectrice Nadejda Slivka mais jalousé par l'officier local Mouchkine, il doit surmonter ses doutes et ses peurs de décevoir une hiérarchie toute puissante. Son enquête est difficile, interrogatoires et expertises scientifiques ( empreintes, balistique) laissent peu-à-peu la place à l'action.
Cette deuxième enquête de l'inspecteur Korolev est un bon roman policier historique ( les notes de la page 381 - Editions 10 - 18, précisent les sources d'inspiration de William Ryan ), peut-être un cran en dessous du premier tome en raison d'un rythme plus lent.
Caleb CARR
Caleb CARR est né le 2 août 1955 à New York. Son père fréquenta la "Beat Generation" mouvement artistique précurseur du mode de vie libéré et tolérant de la jeunesse des années 1960 et en totale opposition avec la société américaine puritaine de l'époque. Caleb Carr n'a pas suivi cette voie. Il a étudié l'Histoire avant d'enseigner l'histoire militaire dans une université de l'état de New York. Il a publié des biographies ( "Le diable vert" ) et des essais ( "Les leçons de la terreur" ) directement isus de ses travaux d'historien. Le titre "Le tueur de temps" est un roman de politique-fiction. Caleb Carr collabore également à l'écriture de scénarios pour le cinéma ( par exemple "L'Exorciste : au commencement" ).
Le roman policier historique est le genre littéraire qui l'a rendu célèbre grâce à la série mettant en scène à la fin du 19ème siècle aux Etats Unis une équipe improvisée de détectives menée par Laszlo Kreizler un psychiatre ( à l'époque on parlait d'aliéniste, de nos jours le terme profiler conviendrait bien ). Il est également l'auteur d'un roman mettant en scène Sherlock Holmes.
Série Laszlo Kreizler :
- L'aliéniste ( USA 1994 - France 1995 )
- L'ange des ténèbres ( 1997 - 1998 )
Jean-Luc BIZIEN
Qu'est ce que j'aurais aimé être élève de Jean-Luc BIZIEN lorsqu'il était instit !
Jean-Luc Bizien est né le 7 mai 1963 à Phnom Penh au Cambodge. Il a enseigné durant les années 1990 avant de se consacrer exclusivement à l'écriture. Créateur de jeux de rôles, auteur de livres-jeux et de romans de fantasy et de science-fiction pour la jeunesse, scénariste d'albums pour les enfants, Jean-Luc Bizien réussit tout.
Son oeuvre littéraire est influencée par les écrits de Serge Brussolo. Comme ce dernier, Jean-Luc Bizien se tourne vers le roman policier pour adulte et c'est le succès dans le genre policier-historique et avec une trilogie intitulée "La cour des miracles". Jean-Luc Bizien réussit tout.
"La cour des miracles" emmène le lecteur dans le Paris de l'Exposition Universelle ( 1889 ) et dans le cabinet du docteur Simon Bloomberg, aliéniste. Dans le monde des détectives, il y a peu d'aliéniste. Je connaissais ceux mis en scène par Franck Tallis ( Max Liebermann ) et surtout par Caleb Carr ( Laszlo Kreizler ). Il est impératif de ne pas oublier Simon Bloomberg et Jean Luc Bizien, un auteur en qui tous les curieux peuvent avoir confiance. Lisez Jean Luc Bizien.
- Tome 1 : La chambre mortuaire
- Tome 2 : La main de gloire
- Tome 3 : Vienne la nuit, sonne l'heure
Fabrice BOURLAND ( suite )
Suite des enquêtes des détectives de l'étrange, voir ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2016/05/fabrice-bourland-suite.html
Le diable du Crystal Palace : novembre 1936, lorsqu'une belle et jeune demoiselle appelle à l'aide, Andrew Singleton et James Trelawney ne peuvent pas refuser ( surtout Andrew ) d'autant plus que l'énigme est complexe et étrange à souhait. Le fiancé d'Alice Grey a disparu. Comme il n'est pas envisageable de quitter une si belle femme, sa disparition ne peut être liée qu'à son intérêt pour un curieux accident : début novembre un taxi, non loin du parc du Crystal Palace à Londres, aurait tué une espèce de tigre ou de panthère, au pelage roux, armée de crocs formidables.
Est-ce possible ?
A priori non car cet animal, le Machairodus, ou "chat à dents de sabre" s'est éteint entre vingt et trente mille ans avant notre ère.
Mais pourquoi-pas ?
Le début du vingtième siècle fut ponctué d'observations spectaculaires ( par exemple les varans de Komodo ). Les explorations menées dans les forêts équatoriales profondes d'Afrique et d'Amérique du Sud rapportent des observations de toutes sortes d'animaux fantastiques. Favorisé par la découverte de fossiles, l'imaginaire populaire s'empare de ce que la science ne peut expliquer et le cinéma ( avec par exemple le film "King Kong" ) et la littérature contribuent à valider des hypothèses souvent farfelues et à les vulgariser auprès du grand public. A la même époque un cinéaste prétend avoir filmé le monstre du Loch Ness. Dans le domaine littéraire, Conan Doyle n'est pas en reste. La découverte d'empreintes fossilisées près de sa demeure de Crowborough l'inspire pour écrire son roman "Le monde perdu".
Dans ce contexte, Singleton et Trelawney entament un safari inoubliable ( James au volant d'une Midget PA, un bolide pour l'époque ) dans le sud de Londres magnifiquement reconstitué par l'auteur. Ils vont y croiser des créatures prétendument disparues. Filatures, fouilles, courses-poursuites, enlèvements se succèdent pour démasquer un savant fou adepte de la résurgence atavique.
Le cadre du Crystal Palace se prête bien à cette aventure, palais de fonte et de verre édifié pour l'Exposition universelle de 1851 et dont le parc abrite encore aujourd'hui des reproductions de dinosaures. Le lecteur y apprend ce qui s'y est passé le 30 novembre 1936.
Bravo et félicitations à Fabrice Bourland que j'imagine chercheur inlassable et passionné pour offrir au lecteur un régal de roman policier historique construit comme un documentaire.
"Le diable du Crystal Palace" est paru en aux Editions 10-18. Après lecture j'ai trouvé la couverture habilement choisie.
Jérémie GUEZ
Jérémie Guez s'est fait connaître comme scénariste et comme auteur de romans policiers ( il a reçu le prix SNCF du polar en 2013 pour "Balancé dans les cordes").
Je n'ai pas très bien compris pourquoi "Le dernier tigre rouge" a été publié par 10 / 18 dans la collection "Grands détectives". Mais peu importe, ce titre est quand même un excellent récit.
Le dernier tigre rouge est un récit de guerre grâce auquel le lecteur peut rencontrer le général Leclerc, l'oncle Hô, le général Võ Nguiyên Giáp, le lieutenant-colonel Bigeard .
L'indépendance du Viet Nam est prononcé le 2 septembre 1945. Un corps expéditionnaire y est envoyé pour maintenir la Paix ( ou l'ordre ? ). Charles Bareuil du 2ème Régiment Etranger d'Infanterie quitte Marseille en janvier 1946 à bord du SS Cameronia. C'est un légionnaire avec tout ce que cela suppose comme passé cabossé. Il embarque avec des compagnons d'arme de toutes les nationalités, y compris allemande contre qui il a combattu lorsqu'il a débarqué en Normandie. Charles Bareuil est un tireur d'élite.
Un mois après, il est à Saïgon. La légion est de retour en "Indo". Le lecteur peut suivre Bareuil au gré de ses affectations indochinoises. Le récit est rigoureusement daté et les lieux soigneusement localisés. C'est bientôt la guerre, dans tout le Tonkin, avec les embuscades dans la jungle hostile, la guerre d'usure pour le contrôle des routes coloniales, le napalm, la délicate gestion des populations civiles locales. Les combats sont relatés avec toute leur violence. C'est la guerre, moderne pour les occidentaux, d'un autre temps pour le Viêt Minh.
Ce roman est aussi le récit d'une guerre personnelle entre Bareuil, tireur d'élite, et le "dernier tigre rouge", un sniper qui combat aux côtés des Viets. C'est un occidental, Bareuil le sent.
C'est aussi le récit de la défaite de Diên Biên Phu en mai 1954. La guerre est finie pour la France, le calvaire des soldats français prisonniers commence.
Il reste un dernier combat à mener, la confrontation entre deux tireurs d'élite frères ennemis.
Christine PEDOTTI ( suite )
La Bible racontée comme un roman ( tome 2 ) : Yéhuda poursuit ses récits, il raconte à son petit-fils Joseph. La transition avec le tome 1 se fait tout naturellement, comme dans une histoire interrompue la veille au soir et reprise le lendemain. "En ce temps-là, les tribus d'Israël qui avaient fuis la servitude du pays d'Egypte ... étaient enfin arrivées aux portes de la Terre promise". Pour conquérir le pays de Canaan, Josué qui a été le compagnon de Moïse, se comporte en habile chef de guerre. Il envoie des espions sur l'autre rive du Jourdain, cherche à leurrer ses ennemis ( les trompes de Jéricho font partie des ruses qui le conduisent à la victoire ).
Lorsqu'un récit passionne les enfants, ils ne manquent pas de le reconstituer dans leurs jeux. C'est ce que fait Joseph avec ses meilleurs amis. C'est normal, la conquête de la Terre promise s'y prête bien, c'est une période que l'on peut qualifier de picaresque avec des combats, des coalitions et des trahisons. L'Arche d'alliance est même volé !
"Ecoutez l'histoire des juges, au temps où il n'y avait encore jamais eu de roi en Israël", c'est un véritable roman d'aventures que nous offre l'auteure. Samson et Dalila ont toute leur place dans ce qui ressemble à une excellente fiction. Christine Pedotti insiste beaucoup en annexe sur le caractère légendaire de ces récits souvent violents. Deux cartes des principaux lieux cités dans le tome 2 figurent en début d'ouvrage, elles éclairent les récit qui se passent au voisinage de l'actuel état d'Israël non loin de la Mer Morte.
Samuel fut le dernier des juges d'Israël. Après lui s'ouvre la période des rois. David sera le plus grand. Nous sommes au début du premier millénaire avant notre ère. D'abord jeune berger de Bethléem, David sortit vainqueur du duel qui l'opposa au géant philistin Goliath avant de devoir lutter âprement pour conquérir son royaume dont Jérusalem fut la capitale. Après un règne d'une quarantaine d'années ponctuées de luttes pour asseoir et conserver son autorité , Salomon un de ses nombreux fils, lui succède.
Le récit du règne de David occupe une longue place dans le roman de Christine Pedotti. Mais quelle que soit la période, quel que soit le personnage, quel que soit le récit, le lecteur se voit offrir un texte simple et cohérent, jamais lassant. Chaque jour le jeune Joseph et ses amis écoutent une histoire de la Bible. Yéhuda, maître Tobiya dans sa salle d'étude puis le vieux conteur Joab se succèdent pendant quarante jours pour quarante histoires vivantes et instructives.
Le règne de Salomon fut un règne comme jamais il n'y en eut de pareil , sa sagesse est restée légendaire, portée par son Jugement. La construction du Temple le plus magnifique est un autre épisode de son règne tout comme la rencontre avec la reine de Saba dont l'imaginaire moderne, littéraire et cinématographique, s'inspire encore. La descendance de David et Salomon ne réussit pas à conserver l'héritage de leurs illustres ancêtres. Roboam, le fils de Salomon, ne peut pas sauver l'unité des douze tribus d'Israël. Ce qui était le royaume de David puis de Salomon est partagé en deux, la partie Sud garde Jérusalem comme capitale, au Nord Jéroboam règne depuis Sichem. Mais ceci est une autre et très longue histoire ...
Le tome 1 de "La Bible racontée comme un roman" est présenté ici http://mille-et-une-feuilles.over-blog.com/2016/01/christine-pedotti.html .
Christine Pedotti est publiée par les Editions XO, voir ici http://www.xoeditions.com/ .
Frédéric LENORMAND
La baronne meurt à cinq heures : série "Voltaire mène l'enquête", tome 1.
Dans la première moitié du 18ème siècle le mot "mécènat" n'avait pas tout à fait la même signification que de nos jours. François-Marie Arouet de Voltaire n'échappe pas à l'obligation d'avoir un mécène qui lui permette d'écrire à l'abri du besoin.
A la fin de l'été 1731, Voltaire alors âgé de trente sept ans emménage rue des Bons-Enfants à Paris chez la baronne de Fontaine-Martel une dame âgée qui lui a promis un gîte confortable et un couvert copieux ( le philosophe sera souvent déçu ), ce qui lui permet de tenir salon en recevant amateurs de belles lettres et de bons vins.
La cohabitation aurait pu perdurer. Elle cesse brutalement en janvier 1733 à la mort de la baronne. L'autopsie ( à l'époque on disait "ouverture du corps" ) révéla que cette mort naturelle résultait d'un assassinat. Le sournois et rusé lieutenant général de police René Hérault préférant mener une enquête discrète, décide de cacher le meurtre. Une fois le coupable démasqué, il lui sera facile de le faire disparaître ... Cela ne manque pas d'inquiéter Voltaire, d'autant plus que la censure s'intéresse au libre-penseur et que bientôt les cadavres vont se multiplier dans son entourage comme s'il en pleuvait.
Voltaire mène alors l'enquête, secondé par Michel Linant un abbé au bon coup de fourchette et par la marquise Emilie du Châtelet, jeune et pimpante femme de sciences. Il leur faut retrouver le testament de la baronne et bien sûr démasquer l'assassin. L'enquête est particulièrement délicate, comme pour la philosophie, la découverte d'une certitude amène cent nouvelles interrogations.
Le lecteur ne s'ennuie pas une seconde à la suite de Voltaire. Cela permet d'apprendre à le connaître sous un jour moins austère que ses écrits. On apprend beaucoup sur cette époque un peu comme à la lecture d'une gazette de Hollande car ce roman policier est aussi un roman historique très instructif.
Et puis il y a la narration faîte par Frédéric Lenormand. Quel style ! des mots choisis avec soin pour des phrases limpides et un texte enchanteur un brin désuet pour faire d'époque. Et puis il y a l'humour, tendre ou grinçant, subtil, ironique ou moqueur qui n'altère en rien la véracité du récit.
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