Harald GILBERS - L'Écho des ruines
L’auteur d’un roman policier historique doit conjuguer deux talents, celui de romancier et celui d’historien. Harald Gilbers est un maître en la matière pour reconstituer la période d’après seconde Guerre mondiale à Berlin, une époque où une administration allemande en lambeau est partagée entre des blocs ennemis dans une ville avec des armées d’occupation de plusieurs nationalités, n’a certainement pas laissé des archives très simples à consulter. De cette période Harald Gilbers a su en retenir bien sûr les évènements structurant la reconstruction de l’Allemagne mais aussi suffisamment de faits divers du quotidien pour offrir au lecteur de la série des enquêtes de Richard Oppenheimer des récits aussi plaisants à lire qu’instructifs et crédibles.
Février 1949. Il existe un Berlin Ouest et un Berlin Est, sans mur séparant la zone soviétique du secteur occupé par la France, la Grande Bretagne et les États-Unis. Une ligne de métro fait encore fi de la frontière mais les contrôles de l’armée soviétique rendent les voyages à l’Est dangereux, comme en empruntant les voies de communication en surface qui sont coupées par les tristement célèbres checkpoints de la Guerre froide.
Février 1949, Berlin Ouest est une enclave assiégée au milieu du bloc communiste et sa population survit grâce à un pont aérien incessant qui dure depuis sept mois. Tout arrive par les airs, les vivres jusqu’au charbon. La vie quotidienne reste faite de privations mais lentement la situation s’améliore. La reconstruction d’une administration allemande avance, en témoigne la réorganisation d’une police indépendante de l’Est avec des services spécialisés et des moyens matériels certes encore insuffisants mais le peu dont elle dispose permet de gagner en efficacité. A ce titre l’expérimenté commissaire Oppenheimer de la Brigade criminelle ( la Kripo ) et ses deux adjoints le prometteur aspirant-inspecteur Kubelik et Wenzel récemment nommé commissaire, bénéficient de locaux au Praesidium et occasionnellement utilisent une voiture ce qui remplace avantageusement la vieille bicyclette d’Oppenheimer.
Berlin manque encore de tout mais tout s’achète et se vend. Le marché noir règne, le trafic d’œuvres d’art est florissant ( l’occupant américain en est un principal profiteur ) et la criminalité est de nouveau au travail. La vie nocturne a repris ( Ed le Mastard a son night-club mais il semble retiré des affaires ) et le trafic de stups est en plein essor : les stocks de Pervitin semblent inépuisables ! Le crime renait notamment sous l’impulsion de jeunes chefs de gangs qui ambitionnent de devenir Roi de la pègre. Jo est de ceux-là, violent et maître chanteur pour assurer une main mise totale sur tous les trafics, il jalonne son sillage de cadavres et réussit à échapper à la Kripo, à la Brigade des mœurs et à la Brigade de répression du banditisme en anticipant leurs actions.
L’écho des ruines raconte la traque délicate et dangereuse de Jo et sa bande de gangsters qui ne reculent devant rien surtout avec les gains promis par l’arrivée du nouveau Deutsche Mark. Filatures, portraits-robots, indics, flics corrompus, trafic de stups, perceurs de coffres blindés, braquages, prostitution et presse à scandale mais aussi industrie cinématographique renaissante. Dans le polar historique, l’Histoire rejoint et enrichit la fiction.
Harald GILBERS – L’écho des ruines . Titre original « Trümmertote » ( 2023 ) . Traduction de Joël Falcoz , Éditions Calmann-Lévy , parution juin 2025. ISBN 9782702190869.
Présentation éditeur : février 1949 : le pont aérien se poursuit, Berlin est divisée et deux polices s’affrontent désormais dans les bureaux comme sur le terrain. Dans ce contexte électrique, le commissaire Oppenheimer, qui a rejoint la police de Berlin-Ouest, est appelé dans une décharge : les corps de plusieurs hommes, froidement exécutés, y ont été ensevelis.
Oppenheimer se lance alors sur la piste d’un gang de jeunes voyous qui tente de faire main basse sur la ville. Leur leader cherche à s’imposer comme le nouveau roi du crime, sur le modèle d’Al Capone. Mais quiconque se met en travers de sa route ou de celle de sa bande est condamné…
Ce polar captivant explore les conséquences dévastatrices de la guerre sur la société allemande et met en lumière la montée de la criminalité et la lutte pour la survie dans un environnement chaotique.
Bibliographie de Harald Gilbers, série commissaire Oppenheimer : voir ICI
Gwenaël BULTEAU
Né en 1973, Gwenaël Bulteau est professeur des écoles ( cf. La Manufacture de livres qui a publié son premier roman en 2021 ).
Les romans de Gwenaël Bulteau, mes chroniques de lecture :
- La République des faibles ( La Manufacture de livres - 2021 ) : voir ICI
- Le Grand Soir ( La Manufacture - 2022 ) : voir ICI
- Malheur aux vaincus ( La Manufacture - 2024 ) : voir ICI
- Maudite soit la guerre ( La Manufacture - 2026 ) : voir ICI
Eric DECOUTY - Le Petit Soviet
De nos jours Joseph Kruger revient dans son village natal une trentaine d’années après l’avoir quitté. Il a rendez-vous avec un banquier dans le cadre du règlement de la succession de ses parents. L’enjeu financier est quasi dérisoire, malgré cela Joseph s’est déplacé, attiré à l’idée de revoir les lieux d'une enfance heureuse. Il se souvient avec bonheur des moments passés aux côtés de son grand père Paul Kruger. Eric Decouty réussit avec brio à restituer les sentiments de nostalgie qui envahissent Joseph, des lieux ravivent des souvenirs mais d’autres ne peuvent être reliés à des faits précis. Joie et un brin de déception provoquent en lui un malaise provoqué par la difficulté à discerner l'oubli et la peur de faits qu'on lui aurait cachés. L’auteur mêle habilement émotion et angoisse.
Jospeh rencontre André Lormont dont il se souvient à peine, c’était le fils du maire du village lorsqu’il était enfant. Lormont semble se rappeler de tout sans pour autant donner des faits précis, il se contente d’insinuations ce qui ne manque pas d’attiser sa curiosité. Souvent dans les conversations revient la mémoire de Paul Kruger décédé en 1987 d’une crise cardiaque. Joseph se rend compte qu’il ne sait quasiment rien de la vie de son grand père. Un message anonyme lui ordonne de quitter la région. Il a la surprise de recevoir en héritage un lingot d’or. Désormais Joseph est assailli par les questions sur ce qui lui a été caché, sur les secrets qui entourent l’histoire de son aïeul.
Joseph Kruger se transforme en enquêteur. Il glane des dates au cimetière, consulte de vieux journaux locaux, fouille dans les archives communales et départementales. L’aide de son épouse resté à Paris lui est précieuse. Il retrouve les noms de fréquentations de ses parents et les rencontre. Il assemble minutieusement les pièces d’un puzzle qui reconstitue un tableau familial bien différent de ce qu’il imaginait.
Le Village, la Ville, la Sous-Préfecture … Eric Decouty ne nomme pas les lieux comme pour montrer leur banalité. Pourtant ces lieux ont connu la violence au moment de la Libération en 1944. Après l’union nécessaire face à l’envahisseur nazi, les français se sont déchirés durant l’épuration sauvage avec ses règlements de compte et exécutions sommaires entre collabos et la Résistants, parfois même entre maquis aux opinions politiques divergentes. Le fantasme de trésors cachés a parfois exacerbé la violence. Peu-à-peu, Jospeh découvre le passé de résistant de son grand père au sein d’un groupe que l’on appelait Le Petit Soviet.
L’épuration sauvage n’a épargné aucun village avec seulement un oubli lent et précaire en guise de Justice. Eric Decouty rappelle ces évènements tragiques et son récit passionne d’un point de vue historique rendu très accessible en empruntant les codes du polar pour bâtir la partie fictionnelle de son récit.
Eric DECOUTY – Le Petit Soviet . Parution avril 2021, Éditions Liana Levi. ISBN 9791034904105. Réédition au format poche en octobre 2024, collection piccolo noir, Éditions Liana Levy. ISBN 9791034910038.
Présentation éditeur ( édition poche ) : Il a fallu l’appel d’un banquier inconnu pour que Joseph Kruger remette les pieds au Village, afin de boucler la succession de ses parents récemment décédés. Dans les rues désertes, Joseph a très vite l’impression tenace que chacun de ses mouvements est épié. Il comprend que sa présence dérange, qu’on aimerait savoir s’il sait… S’il sait quoi ? Joseph se lance malgré lui dans une enquête improvisée, loin de se douter que lui reviendra en legs un encombrant épisode de la Seconde Guerre mondiale. Un morceau d’histoire indicible, que cèle un vieux pacte de silence.
Eric DECOUTY, autres romans :
- La femme de pouvoir ( 2022 ) : voir ICI
- L'affaire Martin Kowal ( 2023 ) : voir ICI
Gendarmerie Mobile et maintien de l'ordre - XIXe - XXIe siècle
J’aime bien comprendre et pour se faire il faut connaître surtout lorsqu’il s’agit de maintien de l’ordre publique ( que je considère nécessaire ) et que ce concept est parfois associé à des « violences policières » indéniables. Cet ouvrage fait de manière approfondie le point non seulement d’un point de vue historique mais également sur les enjeux de respect du droit lors de l’emploi des forces mobiles de la Gendarmerie.
Il est important de faire la distinction entre Gendarmerie Mobile créée en 1921 et les Compagnies Républicaines de Sécurité de la Police Nationale créées en 1944 et placées sous l’autorité du ministre de l’Intérieur. Les unités de Gendarmerie Mobiles dépendent des actuelles sept Zones de défense nationales et ont pour unité de base l’escadron ( 116 de nos jours ). Même si les missions de ces escadrons se sont diversifiées, leur raison d’être est le maintien de l’ordre, une spécialisation voulue en 1921 pour éviter l’emploi de l’armée. Ces escadrons sont projetables notamment outre-mer et peuvent participer à des opérations.
Trois auteurs historiens dirigent dix neuf autres historiens.iennes ( parfois anciens gendarmes ) pour retracer le passé de la Gendarmerie Mobile jusqu’à son état actuel. Parmi eux j’ai reconnu Jean-Marc Berlière spécialiste de l’histoire des polices et qui traite « La reconstitution et recomposition des forces de l’ordre après la libération ». Les exposés sont très complets qu’il s’agisse de l’organisation, de la formation et des équipements notamment ceux s’apparentant à de l’armement. La mise en page est claire, aérée avec un plan détaillée pour se repérer. Des tableaux apportent d’utiles synthèses et une chronologie du maintien de l’ordre remontant à 1790 permet une vue d’ensemble.
Le maintien de l’ordre a tout d’abord été confiée à l’armée ( infanterie et cavalerie ) pour annihiler les mouvements sociaux du début de l’ère industrielle, elle se taille dans ce domaine une réputation de brutalité. La prise en charge d’un maintien de l’ordre de plus en plus républicain s’affirme en même temps que s’affirme la République. Des unités spécialement formées voient le jour au sein de la Gendarmerie. C’est le 22 juillet 1921 qu’une loi finalise le premier organigramme de ce qui est alors appelé Garde Républicaine Mobile. Son organisation se consolide en même temps que son savoir faire ( elle est notamment engagée dans l’occupation de la Ruhr ) mais elle n’échappe pas aux tiraillement entre résistance et collaboration durant le second conflit mondial.
Recréée et réorganisée sous le nom de Garde Républicaine en septembre 1944 avant d’être appelée Gendarmerie Mobile en 1954, elle est un élément majeur du maintien de l’ordre colonial avant d’être engagée au combat ( Indochine ) et dans la répression ( Algérie ) en passant par la formation au profit du Maroc indépendant. L’époque post-coloniale ne limite pas la Gendarmerie Mobile au territoire national, elle a été engagée par exemple au Kosovo ( années 1990 ), en côte d’Ivoire ( années 2000 ) et en Afghanistan ( 2009 – 2013 ).
Le maintien de l’ordre est indissociable de la protestation collective qui a profondément changé, elle s’est aussi diversifiée. Depuis une bonne cinquantaine d’années, face à de nouvelles formes de contestation, les gouvernements qui dessinent la doctrine d’emploi des forces de maintien de l’ordre, n’ont eu comme seule réponse que l’emploi d’une force toujours plus vive tant d’un point de vue psychologique que physique oubliant de « caler le degrés de force qu’ils engagent sur le niveau de violence des manifestants ». A ce titre l’intervention de Patrick Bruneteau ( chercheur spécialisé en sociologie politique ) intitulée « Quand le LBD s’invite au maintien de l’ordre : les failles de l’Etat » est édifiante.
Gendarmerie Mobile et maintien de l’ordre. XIXème – XXIème siècle . Ouvrage collectif sous la direction de É. EBEL, L. LÓPEZ et J.N. LUC. Parution mars 2025, Éditions Sorbonne Université Presse. ISBN 9791023108033 .
Présentation éditeur : Plongez au cœur de l’histoire méconnue de la gendarmerie mobile, premier corps spécialisé du maintien de l’ordre en France. Entre crises majeures, évolutions stratégiques et mutations des formes de contestation, cet ouvrage croise histoire, droit et science politique pour éclairer la construction d’un modèle français entre force, régulation et adaptation.
Depuis longtemps, le maintien de l’ordre se retrouve régulièrement à la Une de l’actualité, en raison notamment du débat récurrent sur sa professionnalisation et sur la « violence policière ». Cet ouvrage revisite l’exercice de cette prérogative de l’État en métropole et en Outre-mer, depuis le xixe siècle, à travers l’intervention d’un acteur-témoin original, la gendarmerie mobile, créée en 1921 et dont l’histoire est mal connue. Pour la première fois, la France se dote d’un corps spécialisé permanent dans le maintien de l’ordre, avant l’organisation des CRS à partir de 1944. Et ce nouveau corps, bien que militaire, contribue, par étapes, à l’avènement du « maintien de l’ordre à la française », soucieux de réguler l’emploi de la force et de réduire surtout ses retombées létales.
Cette histoire inédite est complétée ici par les regards de spécialistes d’autres disciplines (droit, sociologie, science politique) et de responsables du maintien de l’ordre. Ainsi l’ouvrage peut-il associer des introductions panoramiques, garantes de la continuité du récit, des coups de projecteurs sur l’action policière et combattante des gendarmes mobiles pendant des périodes clés (guerre de 1939-1945, Occupation, Libération, guerre d’Indochine, guerre d’Algérie), des études de cas sur des événements emblématiques (6 février 1934, Mai 68, indépendance du Maroc, émeutes de Pointe-à-Pitre en 1967, attaque des nationalistes corses à Aléria) et des analyses du passé proche (OPEX, mutation de la protestation collective, durcissement du maintien de l’ordre, schéma national du maintien de l’ordre).
Maria FAGYAS - La cinquième femme
Depuis fin 2023, la Série Noire réédite ses classiques et il y a de quoi faire après 80 ans d’existence. C’est l’occasion de relire des incontournables ( comme Raymond Chandler avec « Le grand sommeil » voir ICI ). En ce qui me concerne, je fais dans ces classiques de belles trouvailles pour un prix raisonnable, au format semi-poche attrayant avec la couverture illustrée. Dans ce roman de Maria Fagyas, j’ai été attiré par le contexte de l’intrigue, un polar à Budapest en 1956 pendant la répression militaire soviétique.
Maria Fagyas est née à Budapest en 1905. En 1937 elle émigre aux États-Unis avec son mari, scénariste et auteur de théâtre. « The fifth woman » est son premier roman publié en 1963 et traduit en français en 1964 pour la Série Noire. La cinquième femme se nomme Anna Halmy, elle s’était rendue dans la journée du 27 octobre 1956 au commissariat central de Budapest pour signaler à l’inspecteur Lajos Nemetz qu’elle se sentait menacée de mort par son mari Zoltan Halmy. Le soir rentrant chez lui, Nemtz découvre cinq cadavres de femmes devant une boulangerie, le matin même il y en avait quatre, la cinquième femme n’est autre qu’Anna Halmy tuée d’une balle dans le dos.
Fin octobre 1956 l’insurrection populaire hongroise à Budapest connait une trêve précaire après des combats meurtriers. Le récit de ces évènements est un fil conducteur solide mais ce n’est pas un roman historique. C’est bien l’enquête de Nemetz qui occupe toute l’attention du lecteur. Nemetz est un rare flic au travail durant cet automne 1956. Les fonctionnaires ont quitté leur poste craignant d’être victimes de vengeances, certains ont fui vers l’Autriche. Le principal suspect est bien sûr le mari Zoltan Halmy et sa maîtresse. Le docteur Halmy participe activement aux soins apportés aux nombreux blessés des deux camps. Nemetz interroge, confronte, doute, vérifie. L’affaire est plus complexe qu’il n’y parait, il pourrait aussi s’agir d’un règlement de compte dans un contexte de marché noir généralisé et facilité par le circulation d’armes.
Le 4 novembre commence la répression militaire soviétique. La police secrète hongroise reprend du service aidée par des officiers soviétiques investis des pleins pouvoirs. L’enquête de Nemetz prend une tournure plus politique mais c’est un flic opiniâtre qui va faire preuve de beaucoup d’humanisme. La Série Noire. Ce roman de Maria Fagyas mêle habilement polar et psychologie des personnages dans un cadre historique qu’il est judicieux de na pas oublier. Un statu de Classique de la Série Noire bien mérité !
Maria FAGYAS – La cinquième femme . Série Noire , Éditions Gallimard . Première parution en 1964. Titre original « The fifth woman » , traduit de l’anglais ( Etats Unis ) par Jane Fillion . Réédition en juin 2025 avec traduction de Jane Fillion révisée par Marie-Caroline Aubert . ISBN 9782073100511 .
Présentation éditeur ( Édition 2025 ) : Octobre 1956, Budapest. L'inspecteur Nemetz découvre, devant la boulangerie de Perc Kaz, quatre corps de femmes alignés sur le trottoir. Quand il repasse par là plus tard, un cinquième les a rejoints. Que les cadavres s'empilent dans les rues transformées en chantier sanglant par l'insurrection n'a rien d'étonnant, mais celui-là est spécial. Il s'agit de la grande brune venue le trouver la veille pour accuser son mari, jeune médecin zélé, de vouloir la tuer.
Dans la ville déchirée par les combats, sur fond de résistance et de collaboration, de règlements de comptes et de marché noir, s'engage entre l'enquêteur et le médecin un subtil jeu du chat et de la souris, dont l'issue est irrémédiablement liée au conflit.
Patricia RAPPENEAU - Le camelot du roi
Ascelin, orphelin de quinze ans, fuit pour échapper au sac de Béziers en 1209. Il suit son maître Jansen catholique aux racines bourguignonnes. Jansen a deux enfants, Sicard âgé de treize ans et la belle Mahaut âgée de quinze ans. Ce qu’ils ont pu sauver tient dans une modeste charrette. Ils entament une longue marche vers l’ouest, jusqu’à une accueillante vallée au pied du pic d’Orhy en Vasconie. Le pic d’Orhy est situé dans l’actuel Pays basque, à la frontière entre la Navarre espagnole et la France. Au début du 13ème siècle ce territoire est intégré au royaume d’Aquitaine qui est anglais mais dirigé par des Gascons qui ne reconnaissent pas la tutelle anglaise.
C’est avec un réel plaisir que j’ai lu ces aventures historiques imaginées par Patricia Rappeneau. En 2020 elle m’avait ravie avec un polar historique médiéval se déroulant au début du 14ème siècle alors que s’achève la construction de Notre-Dame de Paris ( « Le parvis des assassins » voir ICI ). Ce roman faisait suite au très remarqué "Tout ce qu'ils méritent" ( voir ICI ). J’ai retrouvé avec « Le camelot du roi » la même rigueur historique et l’évocation habile de personnages et faits historiques comme Philippe Auguste qui à l’époque entreprend d’étendre son pouvoir face à son vassal Jean sans Terre, roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine, un conflit qui va affecter jusqu’à la vallée colonisée par Jansen.
Marche vers l’ouest, colonisation d’une vallée en profitant de tout ce que la nature leur offre, la famille de Jansen commence une nouvelle vie qui est vite prospère. Des petits chevaux sauvages ( le pottok ) sont dressés , des vaches sauvages ( les betizu ) et des moutons sauvages ( les manech ) sont domestiqués dans des corrals. Ascelin manie le lasso, ne se sépare jamais de son arc et de son poignard. Le récit médiéval de l’auteure revêt des airs de western.
Comme dans l’ouest américain la colonie de Jansen fait des envieux et se heurte à des brigands, les populations locales sont alliées ou ennemis. Des rivalités familiales font le reste, Ascelin voit la violence gagner sa vie de jeune adulte. Vengeance et justice expéditive ( un lasso passé sur une branche peut servir de potence comme chez les cow-boys ), des tavernes louches en guise de saloon, c’est bien un western médiéval que Patricia Rappeneau réussit avec brio. La fin est maîtrisée, un combat final, la défaite des méchants, le retour à la paix et une belle histoire d’amour qui se termine bien. Comme dans un western …
Patricia RAPPENEAU – Le camelot du roi . Parution mai 2025 . ISBN 978-2-9571511-5-8 . Éditions Patricia Rappeneau : ICI
Présentation auteure : 1209. Béziers est en flammes. Ascelin, jeune orphelin, voit sa vie basculer lors du massacre des Cathares. En fuite avec Jansen, maître fourrelier bourguignon, et ses deux enfants rescapés, il entame une traversée périlleuse vers un territoire inconnu, entre montagnes pyrénéennes et chemins de Compostelle. Entre trahisons, deuils, espoir et renaissance, «Le Camelot du Roi» est le récit d’une communauté fondée dans l’adversité, où les valeurs d’indépendance, de solidarité et de survie s’écrivent au fil des saisons. Mais que devient l’innocence lorsque la guerre façonne les âmes et que les choix déterminent le destin des peuples ? Un roman d’aventure historique, accessible dès 12 ans, traversé par l’esprit du Moyen Âge, la rudesse des paysages pyrénéens et l’ardeur d’une jeunesse en quête de sens.
Bibliographie de Patricia Rappeneau : voir ICI
Olivier BARDE-CABUÇON - Hollywood Cantine
J’avais été enthousiasmé par la première enquête de la détective privée Vicky Mallone, une héroïne tout droit venue du roman noir américain, hard boiled au féminin et à défaut de whisky, amatrice de tequilla et de vodka martini. Cette excellentissime première enquête se passait en 1941, à l’époque Hollywood se préparait à la guerre : voir ICI .
Cette fois-ci Hollywood est en guerre, nous sommes en janvier 1942, un peu plus d’un mois après le traumatisme de Pearl Harbor. Les affaires vont bien pour Vicky Mallone mais on ne peut pas en dire autant pour sa dernière cliente Joyce retrouvée morte dans le coffre d’une voiture. Motel miteux, nuit pluvieuse, bar louche, Olivier Barde-Cabuçon gâte le lecteur avec un début d’intrigue … excellentissime.
Joyce était photographe de plateau des studios hollywoodiens et à l’époque tout le gratin du cinéma se retrouvait à Hollywood Cantine un night-club qui venait d’ouvrir à Los Angeles sous l’impulsion de Bette Davis pour redonner confiance aux soldats traumatisés par une cinglante défaite marquant l’entée en guerre des USA. Tout y était gratuit y compris le service assuré par des stars. Peu avant sa mort Joyce y avait été vue. C’est donc dans ce lieu emblématique que Vicky commence son enquête.
Hollywood est en guerre. Le soupçon s’installe. Los Angeles nid d’espions ? L’industrie d’armement locale est l’objet de tous les fantasmes d’espionnage. Les personnels d’origine allemande employés par les studios font des suspects parfaits. Il n’est pas étonnant que Vicky soit approché par le colonel Arkel de la sécurité qui veille à protéger tout ce qui est militaire. Tout oppose Vicky et Arkel mais leur rivalité peut devenir complicité pour pimenter le récit.
Si ce roman est un hommage au roman noir américain ( l’échange entre Vicky et Humphrey Bogart au sujet de Sam Spade est magnifiquement imaginé ), l’hommage au cinéma en noir et blanc crève l’écran. Une réplique de cinéma en tête des 49 chapitres et une pléiade d’acteur.trice.s mis.ses en scène, de Bette Davis à l’origine d’Hollywood Cantine à Clarke Gable tourmenté en passant par Rita Hayworth swinguant avec des soldats. Et au milieu de toutes ces stars, Vicky Malonne à l’aise jusqu’à envoyer paître Frank Sinatra. Excellentissime !
Que ce roman est passionnant, sur fond musical de Glen Miller et au rythme du Boogie Woogie des Andrews Sisters, des vedettes de cinéma bien dans leur rôle, la ville de Los Angeles en guest star, une documentation historique sans faille et sans concession lorsqu’il s’agit de la consommation de cocaïne, une fiction crédible et une pluie de cocktails dont Vicky ne se prive pas d’abuser : tout est simplement excellentissime !
Olivier BARDE-CABUÇON – Hollywood cantine . Parution le 15 mai 2025 . Éditions Gallimard, Série Noire . ISBN 9782073098269 .
Présentation éditeur : Janvier 1942. L’attaque de Pearl Harbor a traumatisé les Américains et provoqué l’entrée en guerre des États-Unis.
À l’initiative de Bette Davis, Bogart et les plus grandes stars de cinéma se réunissent dans une cantine de Hollywood afin de divertir les soldats en permission et soutenir le moral des troupes. Très vite, le lieu est envahi par les starlettes et célébrités en devenir. Pas étonnant que Vicky Mallone, détective privée atypique dont les vedettes s’échangent les coordonnées, se retrouve au milieu de tout ce beau monde pour enquêter sur le meurtre d’une photographe de plateau. D’autant plus que celle-ci était sa cliente, et qu’elle a été retrouvée morte dans le coffre d’une voiture.
Meurtre, chantage, trafics de drogue et d’influence, secrets d’alcôves ou militaires : la guerre ne se mène pas qu’au front !
Bibliographie d'Olivier BARDE-CABUÇON : voir ICI
Jean-Christophe PORTES - Apocalypse Amerika
Souvenez-vous, la fin de « Oscar Wagner a disparu » ( voir ICI ), c’était en juillet 1943 dans la France occupée, Lizzie Beresford aristocrate anglaise espionne et Mo Ferrandi truand corse résistant ont été séparés. Mo a poussé Lizzie à fuir avant qu’il ne soit lui-même capturé puis emprisonné à Fresnes. Jean-Christophe Portes est un raconteur d’histoires hors pair, il rappelle au lecteur tout cela, juste l’essentiel et il lui confie les fils qu’il lui suffit de suivre pour replonger avec bonheur et curiosité dans l’Histoire de la fin de la seconde Guerre mondiale.
A Londres, en février 1944, Lizzie reprend du service dans l’opération Alsos. Le Reich n’est plus invincible et cherche à mettre au point des Wunderwaffen, des armes miracles pour lui permettre de remporter la guerre. Les britanniques et surtout les américains cherchent à stopper le programme d’une bombe nucléaire nazie et si possible profiter de leurs avancées technologiques. C’est dans ce cadre que Lizzie, sous les ordres du lieutenant-colonel Boris « Pash » Pashkovsky de l’US Army, arrive en août 1944 dans Paris libéré pour mettre la main sur le physicien Frédéric Joliot-Curie. Une véritable course contre la montre commence alors que l’épuration sauvage sévit. Les membres d’Alsos partent la recherche d’un stock d’uranium insaisissable, en passant par la Belgique, jusqu’à Toulouse.
Lizzie raconte ses aventures dans un style très posé, c’est une aristocrate. Mo dans un style direct ponctué de mots de l’argot parlé par les truands raconte sa détention, d’abord à Fresne puis à Compiègne dernière geôle avant les camps de concentration. S’évader est une obsession mais il ne peut échapper à l’internement au camp de Buchenwald en Thuringe où il subit les horreurs des mauvais traitements et les travaux forcés.
L’Histoire est un fil conducteur solide avec Jean-Christophe Portes, l’opération Alsos a réellement existé et il est intéressant de prendre connaissance d’une forme d’organisation de résistance entretenue par les détenus du camp de Buchenwald. Il y a bien sûr une touche de fiction savamment distillée mais le récit historique tient en haleine, les personnages historiques sont bien à leur place et les croiser n’est pas le fruit du hasard mais d’un habile et crédible scénario.
Alsos et Lizzie suivent l’avancée des Alliés en Allemagne avec pour seul objectif de mettre la main sur le nucléaire nazi pour devancer l’ogre soviétique mais aussi pour que les États-Unis profitent seuls de cette technologie nouvelle développée dans les usines secrètes de Thuringe.
Pour Mo un autre compte à rebours a commencé, survivre. Survivre à la faim, au froid, à la violence. La résistance organisée n’est qu’un mince espoir face à la barbarie nazie qui ne peut se permettre de laisser en vie le moindre témoin parmi ceux qui ont servi comme esclave dans les usines secrètes de Thuringe.
Le récit de Lizzie est un récit de guerre qui met l’accent sur les ambitions des États-Unis en vue d’un futur conflit qui ne porte pas encore le nom de Guerre froide. Le récit de Mo est le fruit d’un remarquable travail de la part de Jean-Christophe Portes qui parle avec réalisme des camps de concentration en apportant de multiples détails sur leur sinistre fonctionnement.
Jean-Christophe PORTE – Apocalypse Amerika . Parution le 3 avril 2024, Éditions Hugo Publishing. ISBN 9782755673746 . Réédition au format poche en septembre 2025, Éditions J'ai Lu. ISBN 9782290417430.
Présentation éditeur : 25 août 1944. Lizzie Beresford débarque dans Paris libéré avec pour mission de trouver Joliot-Curie, le découvreur de la fission atomique. Les Alliés redoutent en effet que les savants allemands n’aient profité de l’Occupation pour conjuguer leur savoir avec celui du célèbre physicien français. Et si tel était le cas, Hitler pourrait enfin disposer de sa fameuse arme-miracle, capable d’inverser le cours de la guerre. Pour Lizzie et son commando commence alors une traque sans merci, à la recherche du secret sans doute le mieux gardé du Reich. Mais dans ce terrible compte à rebours, Lizzie n’oublie pas Mo les Yeux-Bleus, l’homme qui un an plus tôt l’a arrachée aux griffes de la Gestapo. Prisonnier des camps, lui non plus n’a pas oublié celle pour qui il a sacrifié sa liberté. Celle qui peut-être pourra le tirer de l’enfer.
Bibliographie de Jean-Christophe Portes : voir ICI
Melvina MESTRE - Bons baisers de Tanger
La réputation de la détective privée Gabrielle Kaplan n’est plus à faire et s’étend bien au-delà de Casablanca. Il n’est donc pas surprenant que les services secrets français l’appellent à l’aide. Septembre 1952, le SDECE approche Gabrielle et lui propose de surveiller le truand corse Jo Renucci, un trafiquant de cigarettes américaines soupçonné de se livrer au trafic d’armes depuis Tanger. Difficile de refuser une proposition du SDECE surtout lorsqu’il offre en échange un passeport français.
Mission à Tanger nid d’espions, il flotte un air de film en noir et blanc dans cette troisième enquête de Gabrielle Kaplan. Avec Melvina Mestre, c’est du sérieux, un peu de géopolitique au début pour préciser le contexte historique et puis tout au long du récit une talentueuse reconstitution de la ville de Tanger au début des années 1950. Tanger, zone internationale et ville franche, est le refuge de tous les truands, trafiquants et anciens collabos et la plaque tournante de tous les trafics.
La série des enquêtes de Gabrielle Kaplan, c’est du polar historique de haut niveau avec la rigueur digne d’une historienne et le talent hors pair d’une raconteuse d’histoires. L’Histoire pour rendre crédible le récit se mêle habilement aux codes du roman d’espionnage. Il y a peu d’action, Gabrielle Kaplan doit faire semblant au milieu de celles et ceux qui font semblant. Elle construit de subtiles manipulations, infiltre le premier cercle de Renucci, imagine un piège complexe, met en place avec son fidèle Brahim des filatures hasardeuses et profite des révélations de son indic Yvonne, chroniqueuse mondaine. Il lui faut compter avec la chance, profiter du hasard, faire confiance à son intuition. Il n’y a pas de fausses pistes dans le monde de l’espionnage, parfois une impasse avec un cadavre au fond.
A Tanger l’espionnage rencontre le grand banditisme. La fiction de Melvina Mestre est intimement liée à la réalité historique, elle tire les fils ténus qui mènent aux grands évènements et fait vivre à Gabrielle Kaplan les débuts d’un gigantesque trafic entre la France et les USA. Tout simplement passionnant !
Melvina MESTRE – Bons baisers de Tanger . Parution le 11 avril 2025, Éditions Points Policier . ISBN 9791041420438 .
Présentation éditeur : Tanger 1952. Gabrielle Kaplan est recrutée par le SDECE pour infiltrer les milieux interlopes de Tanger où se croisent contrebandiers de toutes sortes et anciens collabos. Le port est la nouvelle plaque tournante de sombres trafics. Kaplan a pour cible un truand marseillais qu’elle a l’idée d’approcher en travaillant sous couverture au Venezia, un restaurant tenu d’une main de fer par la redoutable « Manouche ». Dans ce nid d’espions qu’est devenu Tanger, réussira-t-elle à tirer son épingle du jeu ? Car ce qu’elle va découvrir dépasse de loin la simple contrebande de cigarettes
Autres enquêtes de Gabrielle Kaplan : ICI et LA
Gwenaël BULTEAU - Malheur aux vaincus
Après avoir adoré les deux premiers romans de Gwenaël Bulteau, je ne voulais pas rater la sortie de « Malheur aux vaincus » en 2024. Emporté par d’autres lectures, ce titre est finalement resté dans les « à acheter » et « à lire ». Je ne pouvais pas louper sa récente sortie en poche.
La luxueuse villa algéroise de la famille Wendell, des colons richissimes, a été le théâtre du massacre de six personnes, le fils Wendell et son épouse, trois tirailleurs africains et une jeune domestique. Le fils Wendell était militaire c’est dont le lieutenant Julien Koestler qui est chargé de l’enquête même si cette affaire s’annonce plutôt facile à résoudre. Deux bagnards travaillaient à l’entretien de la propriété et ont été vus s’enfuyant au moment des meurtres, la traque de ces coupables évidents a commencé. Koestler veut les capturer vivants car l’examen de la scène de crime laisse de nombreuses interrogations sans réponses.
Il est possible de dater le récit de Gwenaël Bulteau au tout début du 20ème siècle, l’auteur ne donne pas de date précise mais évoque des évènements comme l’affaire Dreyfus ou l’exposition universelle de Paris en 1900. L’expédition Voulet-Chanoine est un fil conducteur tout au long du roman, Les capitaines Voulet et Chanoine ont dirigé la mission Afrique centrale à partir de janvier 1899 et destinée à conquérir le Tchad en partant du Sénégal. Tout au long de son parcours cette expédition coloniale a été un massacre des populations indigènes rencontrées.
L’expédition Voulet-Chanoine dont les conséquences vont rejoindre l’enquête de Koestler, le quotidien à Alger et des personnages habilement choisis permettent à l’auteur de rappeler les méthodes et conséquences de la politique coloniale française et les mentalités au début du 20ème siècle. Des banques toute puissantes et de riches familles dominent l’économie et perpétuent une forme d’esclavage. Une grande pauvreté règne à Alger avec des groupes d’orphelins abandonnés à leur sort. L’Algérie éloignée de la France sert de bagne où les conditions de vie sont innommables. Les soldats indigènes servent la France sans aucune reconnaissance ou contrepartie. La conquête violente de nouvelles terres n’est donc pas suivie des bienfaits promis par les conquérants et déjà se mettent en place les prémices d’une résistance qui ne sera pas passive.
Tous ces sujets historiques et sociaux s’intègrent bien dans un récit où tout s’enchaîne logiquement et rend la lecture fluide, l’enquête tient en haleine jusqu’au bout. Julien Koestler fait la cour à Catherine Hoffmann une jeune commerçante à Alger venue d’Alsace et victime d’antisémitisme. Cette relation permet d’aborder les relations hommes-femmes de l’époque ce qui enrichit encore cet excellent roman noir historique qui complète de la plus belle manière le tableau de la période fin 19ème - début 20ème entamé par Gwenaël Bulteau dans ses deux premiers romans.
Gwenaël BULTEAU – Malheur aux vaincus . Parution mai 2024 , Éditions La manufacture de livres . ISBN 978-2-3855-3073-0 . Réédition au format poche le 22 mai 2025 , Éditions 10 / 18 , ISBN 9782264085610 .
Présentation éditeur : 1900. Sur les hauteurs d’Alger la blanche, la demeure de la famille Wandell vient d’être le théâtre d’un massacre. Six meurtres : maîtres et domestiques ont été assassinés. Tout porte à croire que deux forçats détachés du bagne et travaillant là auraient cherché ainsi un moyen de s’évader. Le lieutenant Julien Koestler, chargé de l’affaire, entreprend de partir à leur recherche à travers la foule grouillante d’Alger. Mais l’enquêteur doit naviguer dans une ville qui, en écho à l’affaire Dreyfus, tremble sous la pression d’un antisémitisme divisant la population des colons français. Sans compter cette série de vols dont sont victimes les employés de plusieurs banques pendant leur service. Et ne faut-il pas aussi essayer d’en savoir plus sur cette effroyable expédition coloniale en Afrique Noire qui impliqua la famille Wandell, quelques mois auparavant ?
Autres romans de Gwenaël Bulteau :
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