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Jean-Christophe PORTES - Emma, la reine de fer

29 Août 2026 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #Roman historique, #histoire des 10 - 11 et 12èmes siècles

Jean-Christophe PORTES  -  Emma, la reine de fer

Parler de l’auteur Jean-Christophe Portes passe inévitablement par l’évocation de son héros Victor Dauterive enquêteur de gendarmerie dans la France révolutionnaire et personnage récurrent de polars historiques sériels dont le succès est au rendez-vous à chaque parution. Le polar historique n’est pas un genre facile pour les écrivains qui doivent allier le travail rigoureux de l’historien et imagination d’un scénario crédible incéré dans des évènements réels au milieu de personnages historiques. Avec neuf titres en dix ans,  un dixième en préparation, il réussit à ne pas seulement penser et vivre Révolution française. Pour se ressourcer, en guise de break, il écrit, des fictions et des documents, parle de la seconde Guerre mondiale. Voir ICI la bibliographie de Jean-Christophe Portes et d’autres chroniques de lecture.

Le dernier roman de Jean-Christophe Portes surprend. S’il reste fidèle au récit historique la période qu’il nous fait visiter sort de l’ordinaire. Qu’a-t-il trouvé à raconter du début des années 1000 ? Et en Angleterre de surcroit ? D’ailleurs à cette époque, il est plus juste de parler de l’île des Angles et des Saxons. Ceci étant, le destin de la belle Emma mérite d’être sorti de l’oubli. Les archives fiables du haut Moyen Âge sont rares, seuls les grands évènements sont répertoriés pour parler des personnages célèbres ( à l’époque ) bons ou mauvais. Pour simplifier, disons que dans l’histoire d’Emma, la reine de fer racontée par Jean-Christophe Portes, tout est authentique mais tout ne s’est peut-être pas passé comme il le raconte …

Emma de Normandie a épousé le roi d’Angleterre Æthelred en l’an 1002 à l’âge de seize ans, cette union scelle un accord de bon voisinage. En fait Emma est la victime d’un arrangement et pour elle commence une période d’isolement dans un pays inconnu, dont elle ne connait pas la langue. Son entourage, époux y compris, au mieux l’ignore, parfois la dédaigne et au pire complote pour qu’elle ne puisse exercer les prérogatives de son rang. La reine mère Alfrida devient ainsi son ennemie personnelle.

Le récit de Jean-Christophe Portes n’est pas une biographie austère. Le romanesque est omniprésent, les dialogues alertes et les situations aventureuses ne manquent pas. Entre deux banquets plantureux, le roi chasse, voyage en permanence depuis son vieux palais de Londres vers d’autres demeures fortifiées et champêtres, pour visiter et renforcer ses possessions, il fait pendre des voleurs et trancher des têtes à la hache. Pendant ce temps Emma, patiemment, habilement construit la place revenant à une reine. Elle échappe à des empoisonnement, ses rares allié(e)-e-s sont assassiné-e-s. Le haut Moyen Âge est fait de cruauté, de piété, de malédictions prophétiques et parfois d’amour. Emma offre au roi Æthelred un héritier mâle, Édouard né fin 1003. Cet héritier s’ajoute à une longue liste de prétendants.

Pour intéresser ( et même passionner ) l’auteur se glisse dans la peau d’un chroniqueur de l’époque. Il interpelle le lecteur, le prend comme témoin « Vous qui suivez ce récit … ». Raconter des histoires est un art que Jean-Christophe Portes maîtrise à la perfection. Il glisse quelques mots de l’époque pour faire vrai mais préfère le plus souvent remplacer les noms imprononçables de certains personnage par leurs surnoms imagés : Le Voleur, Côtes-de-Fer, Sven à la Barbe Fourchue ( qui désigne le roi du Danemark ).

La guerre fait partie du quotidien au début des années 1000. Il y a toujours un voisin belliqueux à combattre. Le roi doit alors lever l’Ost et il n’est pas facile d’enrôler de force les pauvres paysans de la campagne. La trahison surprise d’alliés sur qui l’on comptait est chose commune. Le roman de Jean-Christophe Portes raconte des batailles, des chevauchées et des complots. Le roi Æthelred Le Malavisé est violent, implacable, craint mais pas aimé. Emma est tout le contraire, elle reste ignorée dans la gouvernance mais elle est respectée par nombre d’alliés notamment le clergé. Nous sommes alors à la Noël 1013 et un danger menace le royaume d’Angleterre. Les vikings de Barbe Fourchue, le roi des Danes, ne se contentent plus de raids sporadiques sur les côtes. Ils ont débarqué pour envahir l’Angleterre. Face à eux une armée faible et des divisions. Mais ceci est une autre histoire, à venir et attendue avec impatience.

Emma, la reine de fer – Jean-Christophe PORTES . Parution le 15 avril 2026, City Éditions. ISBN 9782824625775 .

Présentation éditeur : À seulement 16 ans, Emma de Normandie traverse la Manche et s’apprête à devenir reine d’Angleterre lors d’un mariage arrangé. En cette année 1002, le pays est riche mais reste divisé et instable, ravagé depuis des décennies par les raids vikings.

Très vite, la jeune femme découvre qu’elle n’est pas la bienvenue à la cour de son époux Æthelred. Le souverain est un homme sombre et torturé, dominé par une mère cruelle et rongé par la culpabilité, car il a accédé au trône après l’assassinat de son frère.

Pour la jeune Emma, il est bien difficile de survivre dans cette cour aux mille dangers où la corruption règne. Pourtant, la jeune reine parvient à se faire une place dans ce monde d’hommes. Habile stratège, elle se bat pour être respectée et imposer ses choix. Emma ne le sait pas encore, mais la vie lui réserve un extraordinaire destin…

Bibliographie de Jean-Christophe Portes, autres chroniques de lecture : voir ICI 

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Thomas CANTALOUBE - Les Trente Glorieuses

26 Août 2026 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #histoire des 19 et 20èmes siècles, #Histoire contemporaine ( 21ème siècle ), #roman noir

Thomas CANTALOUBE  -  Les Trente Glorieuses

Le titre d’un livre est le premier indice donné au lecteur. Les Trente Glorieuses ça me parle mais la présentation de l’éditeur me laisse penser qu’il ne faut pas s’attendre à un récit centré sur les décennies d’après  seconde Guerre mondiale. Ceci étant c’est un titre qui s’accorde bien avec Thomas Cantaloube et ses trois romans noirs historiques publiés dans la Série Noire ( voir ICI ). L’image de couverture est également importante dans un livre. Elle attire, intrigue, donne une indication. Je me suis longuement interrogé sur les structures métalliques illustrant ces Trente Glorieuses et encore plus sur les deux silhouettes photographiées à l’envers. J’adore commencer la lecture d’un polar lorsque cela ressemble à un saut dans l’inconnu.

Marseille, printemps 2022. Quatre gamins découvrent en jouant deux cadavres dans les caves inutilisées de leur immeuble. De son balcon le vieux Kader a suivi leur fuite précipitée. Craignant une bêtise, il se rend dans les caves et repère à son tour les deux cadavres. Il prévient la police et commence alors une formidable aventure autour de cet immeuble baptisé Les Trente Glorieuses et inspiré de la Cité radieuse de Marseille conçue par Le Corbusier à la fin des années 1950.

Pour mener l’enquête Thomas Cantaloube a constitué un trio improbable de détectives amateurs : Kader retraité grincheux d’origine algérienne mais fier de sa carte d’identité bleu-blanc-rouge, Aline issue des quartiers nord, assistante sociale à la Mairie et Inès, amie d’enfance d’Aline, jeune directrice adjointe d’une importante régie publique du logement. La police n’est pas absente mais elle n’est pas du côté de la vérité. Kader s’en est vite rendu compte lorsqu’on l’a renvoyé à sa condition d’algérien et qu’elle livrait à la presse des faits trafiqués sur l’affaire des cadavres des Trente Glorieuses.

Ce polar de Thomas Cantaloube aller-retourne dans le temps, entre 2022 et les années 1972 et 1973, cette dernière est une année électorale comme 2022. Ce polar est un roman noir politique critique du bilan de Macron. C’est aussi un roman noir historique avec le rappel des luttes politiques des années 1972 et 1973 entre l’UDR gaulliste et Gaston Deferre figure socialiste marseillaise. Les tenants de l’intrigue résident dans un passé pas si lointain où les élus locaux et nationaux lointain révélé au  lecteur qui a un peu d’avance sur les trois enquêteurs mais il doit faire attention aux fausses pistes. Dans le passé les politiques ont assuré la fortune de promoteurs immobiliers qui eux-mêmes ont financé la politique. L’image de couverture trouve son sens, l’envers  de l’immobilier est fait de magouilles, de corruption et de favoritisme au détriment de locataires jusqu’aux plus modestes logés dans des taudis.

Le trio d’enquêteurs est confronté aux réalités du présent et aux conséquences d’actes passés. Le  lecteur a un peu d’avance sur eux grâce à des incursions dans les années 1972 et 1973. C’est un véritable plaisir, la sensation d’être acteur. Mais attention aux fausses pistes et elles ne manquent pas. Kader, Inès et Aline l’apprennent à leur dépens, ils sont inexpérimentés mais bénéficient aussi de la chance des débutants. Leur enquête officieuse commence au bas de l’échelle avant de s’attaquer en haut de hiérarchie à ceux qui détiennent pouvoir et argent, cachés derrière des sociétés écran et protégés par la police. Inès est prudente, Aline est débrouillarde et fonceuse, Kader est plein de ressources inattendues. Leur enquête est ponctuée de scènes d’action, bien ancrée dans le présent avec l’utilisation de l’informatique et finalement leur salut viendra un média 2.0 d’apparence anodine.

Thomas CANTALOUBE – Les Trente Glorieuses. Parution le 16 avril 2026, Série Noire des Éditions Gallimard. ISBN 9782073077981.

Présentation éditeur : C’est le printemps aux Trente Glorieuses, immeuble-cité marseillais. Une bande d’enfants trompe l’ennui en jouant à cache-cache dans les caves et découvre deux cadavres momifiés. Leur présence pourrait bien remonter aux années 1970 et à la mise en service d’un système de chauffage urbain. Mais qui sont ces hommes ? Et comment sont-ils arrivés là ? La police n’a pas l’air pressée d’enquêter. Car ni les flics ni les édiles locaux n’ont vraiment intérêt à voir remonter à la surface de vieilles affaires mal enterrées qui pourraient déstabiliser certaines ambitions actuelles…

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Abir MUKHERJEE – Les princes de Sambalpur

17 Août 2026 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #Polar historique, #histoire des 19 et 20èmes siècles

Abir MUKHERJEE – Les princes de Sambalpur

Il fallait bien qu’Abir parle des Maharajah. L’actualité politique de l’années 1920 dans l’Empire des Indes lui offre une opportunité idéale : en juin lord Chelmsford le vice-roi invite ( dans les termes les plus fermes ) les princes indiens à siéger dans une institution « La Chambre des Princes », destinée à apaiser les exigences d’autonomie grandissantes des indigènes. De façade l’enjeu est de taille mais dans les faits il ne s’agit pas de donner la parole au peuple indien mais de garantir la neutralité de plus de cinq cents principautés indépendantes et représentant les deux cinquièmes de l’Inde britannique. A leur tête, autant de richissimes autocrates plus soucieux du maintien de leur rang que du sort de leurs sujets. On ne voit pas souvent un homme avec un diamant dans la barbe. Mais quand un prince ne trouve plus de place sur ses oreilles, ses doigts et ses vêtements, je suppose que les poils de son menton conviennent tout aussi bien.

Son Altesse Sérénissime le prince héritier Adhir Singh Sai de Sambalpur est en visite à Calcutta, il n’est pas dupe des visées du vice-roi et préfère retrouver Sat Banerjee , ils se sont connus à Harrow pendant leurs études. C’est le début d’une formidable aventure qui commence au plus mal pour le duo formé par le capitaine Sam Wyndham et le sergent Sat Banerjee de la Police impériale  lorsqu’ils sont les témoins impuissants de l’assassinat du prince héritier dans une embuscade en plein Calcutta. Un fanatique religieux fait un coupable idéal aux yeux du vice-roi et du chef de la police mais beaucoup moins pour Sam qui décide de se rendre à Sambalpur avec Sat afin de reprendre l’enquête au sein même de la cour du prince régnant.

Abir Mukherjee a concocté une admirable immersion dans l’état princier de Sambalpur. Sam est un guide curieux, rien ne lui échappe et fait profiter le lecteur de tout ce qu’il voit. On imagine une documentation sans faille de l’auteur qui restitue l’Histoire de manière simple aidé en cela par l’humour de son héros, désinvolte, parfois moqueur et qui ne perd jamais de vue ses investigations. Les suspects ne manquent autour du maharajah, un vrai panier de crabes. Le prince régnant est âgé et malade. Il avait trois fils officiels pouvant prétendre à sa succession. Un est mort, à qui profite le crime ? Il a aussi trois épouses officielles et des centaines de concubines entourées d’énuques comploteurs et bien plus de bâtards. Ses conseillers font autant de suspects, son comptable a disparu ce qui est un comble pour une famille dont la richesse repose sur les diamants convoités par l’Anglo-Indian Diamond Corporation.

Je garde un souvenir inoubliable de ce séjour au Sambalpour alors que la mousson se profile : cérémonie funéraire, chasse au tigre à dos d’éléphants, disciples de Vishnou, minorité Sikh, exécutions sommaires et voitures de luxe. Sam goûte a la friandise suprême, le légendaire candù, opium liquide mis en bouteille et vieilli comme un vin fin ! Le lexique en fin de livre définit les mots hindous qui agrémentent le récit. Suivez le guide et restez attentifs à l’instinct policier de Sam et à la perspicacité de Sat. Les fausses pistes ne manquent pas, le romanesque et l’action guettent au détour de chaque page. La richesse de Sambalpur fait bien des envieux !

Abir MUKHERJEE – Les princes de Sambalpur . Titre original « A necessary evil » ( Royaume Uni – 2017 ), traduit de l’anglais par Fanchita Gonzalez-Batlle pour les Éditions Liana Levy. Parution octobre 2020. ISBN 9791034903245. Réédition au format poche en octobre 2021, Folio Policier n°944. ISBN 9782072923036 .

Présentation éditeur :  Échouer à prévenir l’assassinat d’un prince n’est pas un fait d’armes dont peuvent s’enorgueillir le capitaine Wyndham et le sergent Banerjee, de la police de Calcutta. Piqués au vif par cet échec, l’inspecteur et son adjoint décident de suivre la piste des mystérieuses missives reçues par le prince jusqu’à Sambalpur, petit royaume de l’Orissa, célèbre pour ses mines de diamants. Le vieux maharajah, entouré de ses femmes, et de dizaines de concubines et enfants, paraît très affecté par la mort de son fils aîné, et prêt à accepter leur aide. D’omelettes trop pimentées pour les papilles anglaises au culte de l’étrange dieu Jagannath, en passant par une chasse au tigre à dos d’éléphant, Wyndham et Banerjee seront initiés aux mœurs locales. Mais il leur sera plus compliqué de pénétrer au cœur du zenana, le harem du maharajah, où un certain confinement n’empêche pas toutes sortes de rumeurs de circuler. Au-delà du suspense, une plongée au cœur des petits royaumes de l’Inde traditionnelle des années 1920, et une subtile analyse de l’impossible coexistence entre Britanniques et Indiens.

Série Sam Wyndham, autres chroniques de lecture : voir ICI 

Abir MUKHERJEE – Les princes de Sambalpur
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Chris FOLLON - Munich en ruine

10 Août 2026 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #Polar historique, #histoire des 19 et 20èmes siècles

Chris FOLLON - Munich en ruine

Polar et seconde Guerre mondiale font bon ménage. Philip Kerr a montré un chemin désormais couramment emprunté par de nombreux auteurs. Le polar historique s’apparente à l’alchimie, mêler Histoire, intrigue criminelle et personnages fictifs et réels n’est pas facile et le résultat n’est pas toujours à la hauteur de l’espérance. Philip Kerr avait mis la barre très haute. Romain Slocombe excelle également dans sa reconstitution de l’occupation à Paris. De même je ne résiste pas à l’envi de citer la super série italienne de Carlo Lucarelli et son commissaire De Luca.  Dans un registre plus conventionnel, j’ai beaucoup appris tout en me distrayant en lisant Harald Gilbers ( dans les ruines de Berlin ), Cay Rademacher ( dans les ruines de Hambourg ). Les premiers romans de Frank Goldammer ( dans les ruines de Dresde ) m’ont un peu laissé sur ma faim mais restent prometteurs. C’est donc avec curiosité et impatience que j’entre dans les ruines de Munich avec Chris Follon comme guide.

En mars 1946, Munich est quasi détruite et les munichois souffrent du froid et des privations. Mais unanimement il est préférable d’être en zone d’occupation américaine que plus à l’Est dans la zone occupée par l’ogre soviétique. Chris Follon imagine et met en scène plusieurs personnages qui vont permettre au lecteur de découvrir la capitale de la Bavière, berceau du nazisme, dans une époque charnière : la Paix est revenue en Allemagne désormais démunie matériellement et institutionnellement et où se cachent criminels de guerre et truands.

Hans Folber ( une identité volée ) est un soldat allemand qui voudrait fuir l’Allemagne et même l’Europe. Il est détenu par les américains, devient traducteur-interprète pour le Sergent major Hobson dont le travail au sein d’un service de contre-espionnage, le CIC, consiste à reconstituer le passé d’allemands sous le Reich nazi et si nécessaire les traduire devant la justice. Les autres obtiennent un certificat de dénazification. Birgid, infirmière allemande, est bien décidée à jouir de la vie après les horreurs vécues pendant la guerre. Elle s’est associée avec l’énigmatique Klaus Hauser, elle n’a pas été très regardante mais l’essentiel est qu’elle se fasse du fric dans les trafics les plus lucratifs alors que tout manque à Munich. L’américain Bob Bohman a été viré du CIC, il est juif et avait un comportement violent pour se venger du peuple allemand. Il est redevenu inspecteur de police et fait équipe avec l’inspecteur allemand Vermeer Dietrich dans un embryon de police surtout occupé à démanteler les trafics de médicaments, notamment la morphine utilisée pour remplacer les stupéfiants dans une vie festive nocturne renaissante. Mais ils ont aussi à résoudre des affaires criminelles et ils doivent traquer un tueur en série de jeunes femmes.

Ces personnages vont se croiser et cela permet à l’auteur de mettre en avant des thématiques propres au contexte d’après-guerre en Allemagne. Des stocks immenses de pervitine circulent, des criminels de guerre cherchent à gagner l’Amérique du Sud, des médecins pervers reprennent du service en toute impunité. Je n’ai pas trouvé de révélations dans ce récit où la situation quotidienne reste décrite superficiellement et des lieux trop souvent vaguement situés. Seule la distribution de « Stars and Stripes » le journal des forces armées américaines a attiré mon attention, c'est vraiment peu. C’est donc le polar qui  a animé ma lecture. Il est bien fait, avec des codes respectés et efficaces. Question Histoire, je suis exigeant et les ruines de Munich m’ont laissé sur ma faim.

Chris FOLLON – Munich en ruine . Parution le 4 mars 2026, Éditions du Toucan. ISBN 9782810013302.

Présentation éditeur : Munich, 1946. La ville a été presque entièrement détruite par les bombardements. Tandis que les troupes américaines s’installent durablement, les civils allemands cherchent à survivre. Misère et humiliation, c’est précisément ce que veut fuir la ravissante Birgid, une jeune infirmière à peine revenue du front de l’Est. Elle a vu ce que les soldats allemands ont fait, ce qu’ils ont subi et désormais, elle veut jouir de l’existence, à tout prix. Même s’il faut pour cela franchir des limites parfois dangereuses.
Pour Hans, l’ancien soldat SS, l’occupation américaine signifie en revanche la fin de la liberté. Il attend d’être interrogé par la police militaire et craint par-dessus tout que la lumière soit faite sur son passé. Il lui faut s’évader au plus vite pour échapper à ses juges.
Mais, dans les caves où les habitants se réfugient pour se protéger du froid, un maniaque viole et tue des femmes. L’enquête est confiée au lieutenant Bohman, un officier américain d’origine juive qui a beaucoup de mal à réprimer sa haine des Allemands.
Tous vont se croiser comme des ombres dans les ruines d’une ville inquiétante, piégés dans les filets d’une machination où se mêlent la haine, le sexe et l’argent.

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Abir MUKHERJEE - l'attaque du Calcutta-Darjeeling

25 Juin 2026 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #histoire des 19 et 20èmes siècles, #Polar historique, #roman noir

Abir MUKHERJEE - l'attaque du Calcutta-Darjeeling

J’ai lu et apprécié ses deux premiers polars, sans les chroniquer puis j’ai négligé les titres qui ont suivi. Abir Mukherjee écrit pourtant d’agréables et instructifs polars de série mêlant l’Histoire de l’Inde colonisée et des énigmes criminelles qu’un policier impérial tente de résoudre. J’ai rencontré Abir Mukherjee en mai dernier à Limoges ( Vins Noirs , Festival international de polar et de vin ) et fait la promesse de (re)lire toute la série Wyndham et Bannerjee qui compte actuellement six titres.

Sa bibliographie , voir ICI 

L’attaque du Calcutta-Darjeeling entame brillamment la série. Le capitaine Sam Wyndham à peine arrivé de Grande Bretagne est sur une scène de crime à Calcutta. Nous sommes le 9 avril 1919 dans l’Empire des Indes ou British Raj. Le style méticuleux et alerte d’Abir Mukherjee plante efficacement le décor. La victime a été tué à coups de couteaux, il s’agit d’Alexander MacAuley, administrateur britannique haut placé, un vieux fonctionnaire aux pouvoirs importants mais pas du tout ouvert aux changements. Qui peut bien se cacher derrière l’énigmatique revendication trouvée sur les lieux du crime ? Faut-il voir dans ce meurtre une réaction au Rawland Act adopté quelques jours avant à Delhi et qui donne des pouvoirs quasi illimités à la Police impériale ?  Le moins que l’on puisse dire est que l’auteur a choisi le bon moment historique pour lancer son intrigue.

Parlons un peu des personnages sans doute amenés à devenir récurrents. Sam a occupé avec succès plusieurs postes à la Metropolitan Police de Londres. Il a choisi l’Inde par défaut, blessé durant la Grande Guerre, sa jeune épouse Sarah emportée par l’épidémie de grippe espagnole, il a accepté sans réfléchir l’offre de lord Taggart auprès de qui il avait servi dans le contre-espionnage durant la guerre. Lord Taggart est devenu le chef de la police impériale du Bengale. A Calcutta, le capitaine Wyndham a sous ses ordres un duo que tout oppose, l’inspecteur adjoint Digby, un vieux de la vieille, déjà dix ans dans l’Empire des Indes et fermement convaincu de la supériorité des britanniques, et le jeune sergent Sat Banerjee recruté localement, cultivé, instruit et soumis. Sam devine en lui un flic plein d’avenir et perspicace comme le prouvent ses questions pertinentes sur la présence dans un quartier miteux de ce haut fonctionnaire et son assassinat face à un bordel.

Tout est utile dans ce polar historique, très bien documenté et qui pierre après pierre reconstitue une époque et des lieux vieux d’un siècle à l’autre bout du monde. Histoire et intrigues policières s’imbriquent harmonieusement et s’enrichissent mutuellement. Persuadé que la mort de MacAuley est un attentat politique, les services secrets militaires ( notamment la sinistre Section H ) confisquent le dossier et notre trio de flics est dirigé vers l’attaque par des brigands du train postal qui relie Calcutta et le nord du Bengale. Un modeste surveillant a été tué mais rien n’a été volé. Un mystérieux informateur de Digby va permettre à Sam de recueillir ses premiers lauriers lorsqu’il arrête Benoy Sen, héros populaire pour les indigènes et communiste sanguinaire pour les britanniques. Il fait un coupable idéal pour toutes les affaires criminelles en instance.

Mais c’est sans compter sur la ténacité de Sam qui n’a pas l’esprit tranquille tant qu’une zone d’ombre subsiste. Alors il fouille, avec Sat qui peut se fondre dans la population locale. Il est aussi aidé par Annie Grant la jeune et belle secrétaire Anglo-Indienne de MacAuley. En suivant ces méticuleuses vérifications, le lecteur rencontre de riches commerçants britanniques dans des palais, des fonctionnaires corrompus, une administration dominée par l’argent et l’armée, des minorités réduites à une main d’œuvre bon marché, une pauvreté criante et une justice bafouée. Le constat est le même partout, en ville ou dans les campagnes. Il y a place pour un vent de révolte mais pointe aussi une unité indigène derrière la non-violence à laquelle l’armée de Sa Majesté Georges V répond par les massacres d’Amritsar du 13 avril 1919. La grande Histoire rejoint habilement la petite et Sam de perd pas de vue l’assassinat de MacAuley qui s’avère bien plus sordide que politique tout en restant symptomatique de la domination exercée par les colons.

Abir Mukherjee réussit à la perfection ce roman historique aventureux, agréablement polardesque, avec des fusillades et des courses poursuites et tout plein de jalons qui donnent envi d’en savoir plus, sur une situation sociale explosive mais aussi sur la personnalité de Sam un peu trop addict au whisky et à l’opium.

Abir MUKHERJEE – L’attaque du Calcutta-Darjeeling. Titre original « A rising man » ( Royaume Uni – 2017 ), traduit de l’anglais par Fanchita Gonzalez-Batlle pour les Éditions Liana Levy. Parution octobre 2019. ISBN 9791034901906. Réédition au format poche en octobre 2020, Folio Policier n°918. ISBN 9782072914706.

Présentation éditeur : 1919. La Grande Guerre vient de se terminer en Europe. Après cette parenthèse éprouvante, certains Britanniques espèrent retrouver fortune et grandeur dans les lointains pays de l’Empire, et tout particulièrement en Inde. Ancien de Scotland Yard, le capitaine Wyndham débarque à Calcutta et découvre que la ville possède toutes les qualités requises pour tuer un Britannique: chaleur moite, eau frelatée, insectes pernicieux et surtout, bien plus redoutable, la haine croissante des indigènes envers les colons. Est-ce cette haine qui a conduit à l’assassinat d’un haut fonctionnaire dans une ruelle mal famée, à proximité́ dun bordel? Cest ce que va tenter de découvrir Wyndham, épaulé par un officier indien, le sergent Banerjee. De fumeries dopium en villas coloniales, du bureau du vice-gouverneur aux wagons dun train postal, il lui faudra déployer tout son talent de déduction, et avaler quelques couleuvres, avant de réussir à démêler cet imbroglio infernal.

Abir MUKHERJEE - l'attaque du Calcutta-Darjeeling
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Jean-Christophe PORTES - L'évadée du Temple

4 Juin 2026 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #Polar historique, #histoire des 17 et 18èmes siècles

Jean-Christophe PORTES - L'évadée du Temple

Début mai 1793, le capitaine de la Gendarmerie nationale Victor Dauterive est de retour à Paris après un séjour mouvementé dans l’ouest de la France où une révolte populaire ( la guerre de Vendée ) menace la jeune République ( voir ICI « La Conspiration des Royalistes » ). Dans la capitale la situation est explosive, la France est en guerre et mobilise, le peuple a faim et aucune perspective ne laisse présager des jours meilleurs tellement Montagnards et Girondins sont divisés. Les députés tardent à adopter une constitution.

La situation de Victor est tout autant incertaine, une enquête officieuse a mal tourné et il envisage sérieusement de fuir Paris. Le détective privée amateur ne doit son salut qu’à l’intervention de l’incontournable député Charpier qui le charge d’une mission secrète d’inspection de la prison du Temple où est détenue Marie-Antoinette avec ses enfants dont celui qui pourrait prétendre au trône vacant depuis l’exécution de son père et devenir Louis XVII. Leur évasion pour rejoindre les armées étrangères massées aux frontières de la France sonnerait à coup sûr le glas de la Révolution. Dauterive découvre que l’enceinte du Temple n’est pas une forteresse inviolable, complots royalistes et gardiens apitoyés par la détention de l’ex reine de France pourraient faciliter une évasion et les suspects ne manquent pas.

Tout bascule durant l’été 1793. Le récit de Jean-Christophe Portes raconte l’Histoire tourmentée et parfois surprenante de ces journées décisives. La violence s’installe, les Girondins exécutent des Jacobins, Marat est assassiné, la Commune de Paris et les sans-culottes se radicalisent, Olympe de Gouges est arrêtée, des œuvres d’art sont rassemblées en vue de l’ouverture prochaine d’un musée au Louvre. L’auteur n’oublie pas ses personnages fictifs et avec beaucoup de romanesque il les fait évoluer pour notre plus grand plaisir, Victor envisage de se marier avec Marie-Anne Pothron, il souhaite adopter Joseph, le jeune compagnon débrouillard de ses premières enquêtes et l’envoyer au collège pour étudier. Pour l’heure, Joseph prend des leçons particulières auprès d’un certain Bichat, étudiant en médecine. La grande Histoire n’est jamais loin de la fiction pour nourrir l’imaginaire et le chaos ambiant est propice à l’aventure : disparitions suspectes, filatures dans la foule ou dans des ruelles désertes, poursuites en fiacres.

Sans s’en apercevoir, le lecteur tourne les pages emporté par le plaisir mais finalement seules quelques semaines de l’Histoire de la France révolutionnaire ont passé. L’épilogue imaginé Jean-Christophe Portes se situe à la mi-août 1793, il est parfaitement maîtrisé et ouvert vers une nouvelle enquête de Victor Dauterive.

Jean-Christophe PORTES – L’évadée du Temple. Parution le 17 septembre 2025, City Éditions. ISBN 9782824627502.

Présentation éditeur : Mai 1793. La France bascule inexorablement dans la Terreur et la guerre civile. C’est dans ce contexte explosif que le capitaine Victor Dauterive est chargé d’une mission délicate. Danton lui demande d’enquêter à la prison du Temple où est détenue Marie-Antoinette. En effet, des rumeurs affirment que la reine serait sur le point de s’évader, ce qui signerait la fin de la révolution. 
Alors qu’il enquête, Dauterive est accusé de meurtre : il aurait assassiné Simon Lebœuf, l’un des meneurs sans-culottes les plus populaires de Paris. Entre complots royalistes et manœuvres révolutionnaires, Victor Dauterive doit naviguer dans les eaux troubles des complots et des jeux de pouvoir tout en prouvant son innocence. Sa loyauté est mise à rude épreuve et il risque d’y perdre son travail, son honneur et, surtout, sa vie…

Bibliographie de Jean-Christophe Portes, autres chroniques de lecteur, voir ICI 

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Stéphane CHAUMET - L'autre côté de la nuit

1 Juin 2026 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #Polar historique, #histoire des 19 et 20èmes siècles, #roman noir

Stéphane CHAUMET - L'autre côté de la nuit

Avec ce roman je découvre le parcours singulier de son auteur et ses liens avec l’Amérique latine où il vit. Son travail de traducteur d’œuvres d’auteurs du Mexique jusqu’à l’Argentine et le Chili en passant par la Colombie ne peut qu’attester une connaissance fine de ce continent et explique sans doute un intérêt pour les liens historiques récents qui ont pu se tisser avec l’Europe. Je pense notamment à la fuite de criminels nazis et à leur intégration dans la société locale de pays peu regardant sur leur passé. C’est cette thématique qu’il aborde dans « L’autre côté de la nuit » un récit indéniablement historique mais dont la narration repose sur quelques portraits très fouillés de personnages fictifs, témoins ou acteurs crédibles de mentalités et de traumatismes encrés dans la seconde Guerre mondiale.

Tout commence par l’assassinat en 1965 d’un couple d’allemands, les Grüber, dans une ferme d’allure bavaroise isolée près de La Paz en Bolivie. Gabriel Avendaño est aussitôt sur place, il travaille pour un journal spécialisé dans le fait divers sordide. Ce double crime est fait pour ses lecteurs, les deux cadavres sont atrocement mutilés et une croix gammée a été comme gravée sur le corps de l’homme. Il surprend près de la scène de crime une femme qui se cache. Il ne la dénonce pas. Le lecteur est inévitablement aiguillé sur la piste d’une vengeance envers un ancien tortionnaire nazi. Cette piste est renforcée par un second récit que l’auteur entame très vite, celui retraçant le parcourt criminel de Clara Knecht, collabo et gestapiste de sinistre réputation en Touraine. Très classique et déjà vu me direz-vous ? Et bien non car l’entrée en scène de nouveaux personnages va permettre d’installer et d’approfondir l’ambiance dérangeante et poisseuse, faite de mensonges et de faux semblants dans laquelle des tortionnaires ont pu prospérer en toute impunité.

L’assassinat d’un couple d’allemands en Bolivie n’est pas un fait divers anodin. Hans Laux un flic allemand qui séjournait à Buenos Aires est envoyé à La Paz pour seconder le lieutenant Rivero de la police locale. Rivero est en quelque sorte l’indic de Gabriel, il le met sur les coups sensationnels et morbides qui plaisent à son rédac chef. C’est la seule presse qui survit en Bolivie depuis le coup d’état de 1964 et la dictature militaire qui a suivi. Des bruits de bottes résonnent dans les rues de La Paz. L’affaire du double crime est trop sensible, elle touche le pouvoir et ses affidés allemands de trop près.

Gabriel n’est pas le journaliste que l’on croit. Hans n’est pas à sa place au contact de cette population allemande secrète, riche et influente. Qui se cache derrière les noms d’emprunt comme Altman ? Rivero veut rester flic et en vie, alors il n’a pas d’autre choix que d’obéir aux ordres . Qui étaient vraiment le couple assassiné et à quelle activité se livrait-il dans leur ferme isolée sous couvert de l’accueil de jeunes orphelins ? L’inconnue de la scène de crime est française, elle s’appelle Laure, elle traque Clara Knecht qui a disparu à la fin de la guerre échappant à la justice qui n’a pu la condamner que par contumace. L’auteur dévoile petit-à-petit les portraits de ses personnages, sans jamais perdre de vue une intrigue prenante dans laquelle apparaissent d’horribles personnages historiques .

Stéphane Chaumet en plaçant Histoire en toile de fond, fait se confronter ses personnages fictifs à la fois dissemblables et liés par leurs passés respectifs. C’est une manière habile de réfléchir sur les conséquences de persécutions, les traumatismes familiaux, la vengeance et la posture incurable de la violence.

Stéphane CHAUMET – L’autre côté de la nuit. Parution le 8 avril 2026, Éditions du Rouergue. ISBN 9782812628054.

Présentation éditeur : La Paz, 1965. Gabriel Avendaño doit à un ami d'enfance, le lieutenant Rivero, le privilège de pénétrer sur les scènes de crime en même temps que la police. Une précieuse source d'information pour ce journaliste de La Prensa Libre, un quotidien bolivien.
Un jour sont découverts les corps sauvagement assassinés d'un couple d'Allemands, un pasteur et sa femme qui dirigeaient un orphelinat. Le cadavre de l'homme a été marqué d'une croix gammée. Or, depuis longtemps Gabriel s'intéresse aux Allemands qui se sont installés dans le pays après la Seconde Guerre mondiale. Lorsqu'il surprend une Française sur les lieux, il décide de n'en rien dire et de mener l'enquête de son côté. Parallèlement, un policier allemand, Hans Laux, est mandaté par sa hiérarchie pour faire la lumière sur l'affaire.
Vingt ans après la chute du régime nazi, Stéphane Chaumet fait s'entrecroiser dans les rues de La Paz une poignée de personnages qui tous, pour des raisons fort différentes, sont hantés par la guerre. Mais quels secrets cachaient vraiment Eva et Werner Grüber ? Et quels sont ceux de la mystérieuse Laure ?

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Abir MUKHERJEE

31 Mai 2026 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #Bibliographies - Actualités littéraires, #Polar historique, #histoire des 19 et 20èmes siècles

Abir MUKHERJEE

J’ai lu et apprécié ses deux premiers polars, sans les chroniquer puis j’ai négligé les titres qui ont suivi. Abir Mukherjee écrit pourtant d’agréables et instructifs polars de série mêlant l’Histoire de l’Inde colonisée et des énigmes criminelles qu’un policier impérial tente de résoudre. L’auteur a choisi les années 1920 qui précèdent l’indépendance et la fin de l’Empire britannique des Indes. C’est une période de basculement que je trouve propice au roman, fini la domination sans partage, des voix s’élèvent, des questions se posent et même si l’heure d’un bilan ne se pose pas encore, il est intéressant de s’interroger : Pourquoi ? Comment ? Qui ? Plus intéressant qu’un bilan, l’immersion sur les lieux en compagnie de l’Histoire permet de comprendre grâce à une reconstitution. Celle rédigée par Abir Mukherjee est réussie comme l’attestent les nombreux prix et nominations récompensant les récits historiques. Et qui de mieux pour explorer et guider le lecteur dans une époque et des lieux éloignés qu’un policier pour chercher en ville et à la campagne, dans les milieux aisés comme les plus défavorisés. Et puis la période est propice à l’aventure, aux chevauchées comme dans l’excellent film « Les trois lanciers du Bengale ».

Les parents d’Abir Mukherjee sont originaires de Calcutta en Inde qu’ils ont quitté pour le Royaume Uni. Abir est né en 1974 et a grandi en Écosse. La série Sam Wyndham a commencé à être publiée en 2017, le premier tome « A rising man » est aussi son premier roman, en France elle est publié chez Liana Levi.

J’ai rencontré Abir Mukherjee en mai dernier à Limoges ( Vins Noirs ‘ Festival international de polar et de vin ) et fait la promesse de (re)lire toute la série Wyndham et Bannerjee qui compte actuellement six titres. Abir va effectuer plusieurs visites en France en 2026 ( site Liana Levi ICI ).

Série Sam Wyndham :

  • L’Attaque du Calcutta-Darjeeling  ( Liana Levi 2019 ) voir ICI 
  • Les Princes de Sambalpur ( Liana Levi 2020 ) voir ICI  
  • Avec la permission de Gandhi  ( Liana Levi 2022 )
  • Le Soleil rouge de l’Assam  ( Liana Levi 2023 )
  • Les Ombres de Bombay  ( Liana Levi 2024 )
  • Les Bûchers de Calcutta  ( Liana Levi 2026 )

 

Abir MUKHERJEE
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Thomas CANTALOUBE

22 Mai 2026 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #histoire des 19 et 20èmes siècles, #Bibliographies - Actualités littéraires, #roman noir

Thomas CANTALOUBE

Journaliste, Thomas Cantaloube quitte Mediapart en 2020 pour se consacrer à l'écriture de fictions, de romans et de scénarios.

Son premier roman est publié dans la Série Noire des Éditions Gallimard début 2019, c'est le début d'une trilogie consacrée aux débuts de la 5ème République :

- Requiem pour une République ( Série Noire 2019 ) : voir ICI  

- Frakas ( Série Noire 2021 ) : voir ICI  

- Mai 67 ( Série Noire 2023 ) : voir ICI  

Autre roman publié dans la Série Noire :

- Les Trente Glorieuses ( 2026 ) : voir ICI 

En 2024 il a entamé une série d'espionnage et d'action inspiré de la série télé "Le Bureau des Légendes" et publiée chez Fleuve Éditions" :

- Les Mouettes : Mission Sahel ( 2024 ) voir ICI  

- Les Mouettes : Mission Iran ( 2025 ) voir ICI  

Thomas Cantaloube a inauguré en 2024 la série "La fille du Poulpe" :

- Les Cols des Amériques ( Édition Moby Dick ) : voir ICI  

Participation à des recueils de nouvelles :

- Merci la Résistance ! ( Éditions du Caïman - 2024 ) : voir ICI  

- Pour toujours les camarades ! ( Éditions du Caïman - 2026 ) : voir ICI 

 

Thomas CANTALOUBE
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Thomas CANTALOUBE
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Pour toujours les camarades ! Recueil de nouvelles

15 Mai 2026 , Rédigé par mille et une histoires Publié dans #Textes courts, #histoire des 19 et 20èmes siècles

Pour toujours les camarades !  Recueil de nouvelles

Tous les deux ans les Éditions du Caïman publient un recueil de nouvelles noires. Les thématiques retenues sont historiques et engagées, le millésime 2026 parle du Front populaire de 1936. Patrick Amand qui dirige cette collection n’a pas son pareil pour réunir une palette incroyable d’artistes et pour assembler harmonieusement le travail de ces talents. Pour ouvrir le bal et aussi la liesse populaire qui accueille la victoire de la Gauche aux élections des 26 avril et 3 mai 1936, la préface de Pierre Caillaud-Croizat  contextualise la naissance du Front populaire dans une Europe fascisante bientôt  entraînée dans une guerre totale qui malgré tout n’arrêtera pas l’élan social de 1936 comme le rappelle le nom de Croizat : le préfacier est le petit-fils d’Ambroise Croizat député communiste du Front populaire en 1936 et ministre bâtisseur de la Sécurité Sociale dix ans plus tard. Les luttes et la justice sociale, c’est pour toujours les camarades ( la formule emprunté à Robert Desnos ).

Ce recueil est de la bonne littérature avec 25 auteurs contemporains qui parlent de la grande et de la petite Histoire, de personnages célèbres ( pas seulement politiques ou syndicalistes ) et d’anonymes, d’hommes et de femmes ( qui n’avaient pas le droit de vote à l’époque ) de France mais aussi d’Espagne ( l’Espagne a eu son Frente Popular  début 1936 ) ou d’Algérie. On y parle grève dans le Paris industrieux et de la France rurale et paysanne. Un poème de Jacques Prévert met en scène les ouvriers grévistes de chez Citroën.

Ce recueil est de la belle littérature avec des illustrations nombreuses, dessinateurs contemporains, dessins d’autrefois, photos du passé ( certaines inédites, attention surprise ! ), reproduction d’articles de presse. C’est l’occasion de sourire face à des caricatures et c’est aussi source de réflexion sur le traitement médiatique des évènements de 1936.

Dans cette chronique je ne parlerai que d’un seul auteur ( une autrice en l’occurrence ) pour sa magnifique nouvelle graphique, beaucoup de dessins évocateurs et quelques phrases avec des mots judicieusement choisis pour faire le portrait d’une époque et d’un couple ayant passé sa vie à faire connaître la vérité.

1936 – 2026, ne ratez pas l’anniversaire du Front populaire ,

Et rendez-vous en 2028 pour d’autres nouvelles noires avec le Caïman.

Ce recueil est le 8ème de la série. Pour découvrir les autres titres, voir le site des Éditions du Caïman ICI  

Pour toujours les camarades ! Recueil de nouvelles, Éditions du Caïman. Parution mars 2026. ISBN 9782493739742.

Présentation éditeur : Mai 1936, c’est le choc pour la bourgeoisie : la coalition de gauche composée des communistes, socialistes et radicaux remporte les élections législatives. C’est l’espoir dans la classe ouvrière héritière des grandes luttes sociales, inspirées par la Commune de Paris, qui compte bien pousser le gouvernement modéré de Léon Blum à instaurer des réformes sociales de rupture. La grève en sera le principal outil, soutenu par un mouvement populaire sans précédent.

Dans la lutte et dans la joie, les conquêtes sociales seront arrachées au patronat : semaine de quarante heures et congés payés.

Dans le même temps, l’Espagne se dotant elle aussi d’un gouvernement de Frente Popular sera poussée à la guerre par un coup d’État auquel la classe ouvrière française répondra par un envoi massif de volontaires au sein des Brigades Internationales.

Le sort de l’Europe et du monde se joue ici et là face à la montée des fascismes.

« L’embellie » du Front Populaire durera deux années et reste aujourd’hui un marqueur pour la gauche, dont les conquêtes sociales issues du Conseil national de la Résistance en sont la continuité.

Pour toujours les camarades ! rend hommage aux militants du Front populaire et aux grèves, revient sur la guerre d’Espagne, s’attarde sur des figures féminines telles Louise Weiss, Gerda Taro ou Martha Desrumaux, prend le pouls des patrons, vous plonge dans une usine de soie et une imprimerie, revient sur des acteurs de cette période, de Marceau Pivert à Léon Blum et Maurice Thorez.

Ce recueil, richement illustré d’une centaine de dessins et documents souvent originaux, est un nouveau pavé de la collection Noires Nouvelles !

 

Sommaire :

  • Le cercle ( Gérard Mordillat )
  • La grande casse ( Marion Chemin )
  • Tributs à l’enchantement ( Pierre Dharréville )
  • Les mains noires et le cœur rouge ( Sylvain David )
  • Le grand argentier ( Ludivine Bantigny )
  • Pas de fuite rue de Varenne ( Marcus Malte )
  • L’Espagne au cœur ( Rachel Mazuy )
  • Le coulonneux ( Sylvie Callet )
  • Un été de peur et de lâcheté ( ( Frédéric Paulin )
  • Gerda Taro die Sternschnuppe ( Laurence Biberfeld )
  • Le drapeau ( Ahmed Tiab )
  • Le rabcor de Saint-Ouen ( Didier Daeninckx )
  • Campagne d’une suffragiste ( Mathilde Larrère )
  • Les renoncements ( Eloïse Dreure )
  • La Marseillaise de la Capelette ( Maurice Gouiran )
  • Faut-il savoir terminer une grève ? ( Laurent Mely-Dumortier )
  • Ma blonde, entends-tu… ( Renault Poulain-Argiolas )
  • La soie du pauvre ( Paola Pigani )
  • Henri et le Front populaire ( Morgan Poggioli )
  • Citroën ( Jacques Prévert † )
  • Un écrivain à Paris ( Thomas Cantaloube )
  • D’un jeudi à l’autre ( Alexandre Courban )
  • « Tout est possible » ( Marek Corbel )
  • Dix ans ( Emmanuel Defouloy )
  • La gloire de Nénesse ( Patrick Amand )
  • Fronts de fraternité ( Serge Utgé-Roy )
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